Dès le plus jeune âge, les enfants doivent travailler à la maison pour acquérir les notions vues en classe. Au primaire puis au collège, un accompagnement parental est nécessaire. Mais quelles formes doit-il prendre ? Comment en faire un peu sans l’assister ? Comment le rendre autonome dans son travail ? On vous explique tout.
Il y a les textes et la réalité. Selon la réforme des rythmes scolaires de 2013, les élèves du premier degré n’ont aucun devoir écrit à faire à la maison mais seulement des leçons à apprendre, comme des récitations. Dans les faits, dès le CP, les instituteurs habituent les enfants à écrire, lire et compter même à la maison. Quand arrive la période du collège, la charge de travail augmente considérablement. Alors en tant que parent, comment l’aider sans en faire trop ?
Grâce au dispositif « devoirs faits », mis en place par l’Éducation nationale en 2017, les élèves en difficulté peuvent être encadrés par du personnel (professeurs, assistants d’éducation…) pour réaliser leurs devoirs. Mais « le suivi des apprentissages de l’élève par sa famille demeure indispensable », explique le ministère de l’Éducation nationale sur son site.
Une étude américaine publiée en 2022 dans « The Journal of Research in Childhood Education » montre qu’il n’existe « aucun lien significatif entre l’aide parentale aux devoirs et la réussite scolaire ». En revanche, l’étude insiste sur l’importance de s’investir dans le parcours scolaire de son enfant et de le seconder au moment des devoirs, notamment en vérifiant que les leçons soient bien apprises.
Pour les élèves du premier et second degré, il peut être utile de lire ensemble le contenu des devoirs dans l’agenda ou l’espace numérique de travail, puis de s’assurer que l’énoncé des exercices soit parfaitement compris. Au besoin, réexpliquez mais sans endosser le rôle d’un professeur. Dans “Le Figaro étudiant”, Lucas Schildknecht, ancien enseignant devenu créateur de contenus pédagogiques, estime que « les parents ne doivent pas appliquer leurs méthodes, parce que celles-ci ont généralement changé, et, surtout, il faut que l’enfant ait sa propre réflexion pour que l’apprentissage soit efficace ».
À l’origine de l’étude américaine, Katerina Bodovski, sociologue spécialiste de l’éducation et de l’enfance, conseille de rester disponible si votre enfant rencontre des difficultés, sans fournir automatiquement votre aide. Lorsque votre progéniture a terminé ses devoirs, vérifiez-les pour vous assurer qu’ils soient bien faits.
Le ministère de l’Éducation nationale recommande aux parents d’aménager un environnement calme pour les devoirs afin d’éviter toute distraction et interruption. Pour que votre enfant soit bien disposé, accordez-lui une pause d'environ quinze minutes après l'école pour goûter et se détendre avec une activité comme le dessin ou une discipline sportive.
La durée du temps de travail influence également la concentration de l’élève. Dans « Le Figaro étudiant », Lucas Schildknecht explique qu’elle varie en fonction du niveau scolaire. Quinze minutes suffisent pour un élève de CP, tandis qu’un enfant en CM1 ou CM2 pourra faire ses devoirs pendant 45 minutes. Au collège, une à deux heures par jour sont nécessaires et au lycée, les élèves peuvent parfois travailler jusqu’à trois heures par jour à l’approche du baccalauréat. Le week-end, la quantité de travail des collégiens et lycéens peut facilement entamer la vie quotidienne et nécessite donc une nouvelle organisation familiale.