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Comment aider un enfant victime de grossophobie ?

Rédigé par Coline Grasset | 17 mars 2025 09:49:09
  • - La grossophobie est définie par le Larousse comme une "attitude hostile, moqueuse et/ou méprisante, voire discriminatoire, envers les personnes obèses ou en surpoids."
  • - Lorsqu'elle se répète, elle devient du harcèlement, avec des répercussions potentiellement graves sur l'enfant victime.
  • - En tant que parent, vous pouvez aider votre enfant à lutter contre les faits de grossophobie dont il est victime.

Votre enfant subit des moqueries répétées parce qu'il est en surpoids ? Il est isolé du groupe ou toujours choisi en dernier en cours de sport ? La grossophobie compte parmi les principales formes de harcèlement scolaire, mais elle n'est pas une fatalité et l'enfant victime peut être aidé par ses parents, l'équipe éducative et les professionnels de santé.

La grossophobie en milieu scolaire

Encore en phase de développement cognitif et social, les enfants et les jeunes adolescents ne mesurent pas la portée de leurs actes et de leurs paroles envers ceux qui sont différents. Parce qu'ils sont plus gros que les autres, certains enfants font donc les frais de leurs moqueries et de leurs discriminations quotidiennes dans le cadre scolaire ou extrascolaire. Cette forme de harcèlement est portée par la méconnaissance des raisons de l'obésité et les diktats de l'apparence physique, voire par la méchanceté gratuite et l'effet de groupe. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), 17 % des enfants français de 6 à 17 ans seraient en situation de surpoids (IMC supérieur à 25) et 4 % seraient obèses (IMC supérieur à 30) en 2024. Autrement dit, quatre à cinq enfants par classe sont en surcharge pondérale. L'étude commandée par la Ligue contre l'Obésité en 2020 rapporte que 40 % des enfants et adolescents concernés subissent des discriminations à l'école, tout particulièrement les jeunes filles (54 %). Le harcèlement grossophobe est multiforme : moqueries, surnoms désagréables ("la grosse/le gros", "grosse vache"...), brimades, humiliations, isolement de l'enfant en classe, dans la cour de récréation, en cours de sport et à l'extérieur (fêtes d'anniversaire auxquelles il n'est pas invité par exemple).

Comment savoir si mon enfant est victime de grossophobie à l'école ?

Tous les enfants victimes de harcèlement scolaire ne se confient pas à leurs proches. Certains préfèrent se taire par peur des représailles, parce qu'ils ont honte, ne se sentent pas en confiance ou n'ont pas identifié les brimades qu'ils subissent comme négatives. Un changement de comportement peut toutefois alerter les parents et/ou l'équipe éducative : repli de l'enfant sur lui-même, perte d'intérêt pour ses passions ou son travail scolaire, agressivité, troubles du sommeil, anxiété, dépression, phobie scolaire. L'apparition ou le renforcement des troubles du comportement alimentaire (TCA) est également un bon indicateur. En effet, l'enfant peut entrer dans le cercle vicieux du grignotage émotionnel et "manger ses émotions" comme l'explique Mathilde Pidoux, diététicienne, à France 3. En mangeant davantage pour combattre le stress, il aggrave son surpoids et donc les risques de subir le harcèlement grossophobe.

Comment aider un enfant victime de grossophobie ?

Au-delà de la prise en charge médicale du surpoids ou de l'obésité de l'enfant, vous pouvez l'accompagner en cas de grossophobie avérée ou suspectée à l'école. La procédure est la même que pour n'importe quelle forme de harcèlement scolaire. Vous pouvez donc prendre contact directement avec l'établissement et solliciter un rendez-vous avec la direction afin d'expliquer les difficultés rencontrées par votre enfant. Si les auteurs sont identifiés, ils seront convoqués pour répondre de leurs actes et seront sanctionnés. En cas de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux, vous pouvez contacter le 3018, le numéro national dédié aux jeunes victimes de harcèlement (appel gratuit, anonyme et confidentiel) pour faire retirer au plus vite les contenus numériques qui lèsent l'enfant. Enfin, le harcèlement est un délit et vous êtes en droit de porter plainte contre les auteurs si la situation le justifie (atteintes graves et persistantes).

3 conseils pour aider un enfant à faire face à la grossophobie à l'école :