Chez l'enfant ou l'adolescent, les signes d'une dépression ou d'un trouble anxieux diffèrent légèrement de ceux de l'adulte. À l'adolescence, ces signes sont encore plus difficiles à repérer. Explications.
Chez les jeunes, les troubles dépressifs et anxieux sont les troubles mentaux les plus fréquents. Si les enfants scolarisés en primaire peuvent y être sujet, une augmentation de ces troubles est observée lors du passage de l'enfance à l'adolescence, en particulier chez les filles, explique le psychiatre Nicolas Neveux. Pour les parents, l'enjeu devient alors de les repérer. Car dans les cas les plus graves, les enfants et adolescents peuvent évoquer des idées suicidaires, voire passer à l'acte. "Les enfants peuvent exprimer des idées et intentions suicidaires dès l’âge de 5-6 ans. Tout enfant qui exprime des idées suicidaires nécessite une évaluation attentive", prévient à ce sujet le site ameli.fr.
Malheureusement, détecter un trouble anxieux ou dépressif chez un enfant n'est pas toujours chose facile. Et pour cause, contrairement à un adulte, et faute d’une moindre mentalisation, l'enfant comme l'adolescent ne parvient pas toujours à livrer ses véritables ressentis. "Il a tendance à les exprimer à travers ses comportements ou des somatisations", constate le Dr Nicolas Neveux. Ainsi, "chez l’enfant et l’adolescent, l’irritabilité remplace souvent la tristesse". Irritabilité donc, mais aussi agressivité, crises de colère, sautes d'humeur et autres comportements provocateurs, énumèrent les sites de l'Assurance maladie française et l'équipe du service de psychiatrie de l'hôpital Robert Debré sur le site CléPsy. Il est parfois délicat de faire la différence entre ces symptômes imputables à une dépression et ceux de la très célèbre crise d'adolescence.
Des troubles du sommeil mais aussi de l'appétit peuvent néanmoins alerter les parents, note CléPsy. Tout comme une baisse marquée de l'intérêt de l'enfant ou l'ado pour les choses qu'il aime en temps normal ou du plaisir qu'il éprouve habituellement pour certaines activités. Une tendance à l'isolement est également constatée chez certains jeunes patients, qui en viennent à restreindre leurs activités au profit souvent des écrans. Une baisse soudaine des résultats scolaires est également un élément à surveiller. Le Dr Nicolas Neveux évoque aussi des plaintes de fatigue et des douleurs inexpliquées. Mais de manière générale, tout changement de comportement de l'enfant doit alerter le parent ou le responsable légal.
Et ce, malgré le contexte dans lequel il survient. Déménagement, mort d'un proche, séparation… Ces situations peuvent désarçonner n'importe quel adulte et le rendre moins attentif à l'enfant. Or, sa vigilance vis-à-vis de l'enfant ou l’adolescent doit justement être accrue dans ces moments-là. L'attention et l'alerte d'un adulte externe au foyer, tel qu'un professeur, un parent proche ou un ami de la famille, peut alors être d'une grande utilité. En cas de doute, un parent peut demander l'avis à une tierce personne qui connaît bien l'enfant ou l'adolescent et, surtout, à un professionnel de santé qui saura l'aiguiller.