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Comment encourager la prise de décision de l'enfant ?

Rédigé par Coline Grasset | 3 avr. 2026 07:54:28

Choisir ses vêtements le matin, programmer le menu d'un repas familial, dépenser son argent de poche, s'orienter dans un cursus scolaire… Votre enfant ou adolescent s'exerce progressivement à décider par lui-même, à se tromper et à apprendre de ses erreurs. Pas facile quand on est parent de doser cette nouvelle liberté, essentielle à sa prise d'autonomie, sans tout décider à sa place ! Voici nos conseils pour encourager la prise de décision de votre enfant.

La prise de décision est un risque nécessaire pour l'enfant

La prise de décision est une vraie compétence qui, comme toutes les autres, s'apprend en essayant et en se trompant. Elle est indispensable au développement de l'autonomie, de la confiance en soi et en ses capacités d'enfant, d'adolescent puis d'adulte. C'est pourquoi il est important de l'encourager dès que l'enfant exprime son besoin de faire ses propres choix. La surprotection, consciente ou non, est un frein à ce développement essentiel de l'enfant et peut conduire à un adulte peu sûr de lui plus tard. Directrice du département de psychologie du développement de l'Université de Berne citée par le média suisse RTS, Claudia Roebers affirme même que "les enfants surprotégés se sentiront rapidement dépassés, car ils n'ont pas acquis cette confiance qu'ils peuvent gérer les choses par eux-mêmes."

Toutefois, il ne s'agit pas de laisser libre cours à toutes les fantaisies qui peuvent lui traverser l'esprit, ni de le laisser décider de tout. Vous devez tenir compte de son âge et de ses capacités cognitives, explique Maya Risch, conseillère familiale, au magazine parental suisse Fritz+Fränzi.

L'apprentissage de la prise de décision durant l'enfance

La capacité à anticiper les conséquences reste encore limitée avant 6-7 ans. On s'en tient donc à des choix simples et sans conséquence négative possible : "t-shirt bleu ou vert ?", "pomme ou poire pour le goûter ?". L'enfant ne prend pas de risque, mais il a quand même l'impression de participer et d'exercer son libre arbitre.

À partir de 6-7 ans, en revanche, il faut le laisser prendre des décisions, même si vous savez d'avance qu'elles auront un résultat négatif. Selon la spécialiste, "il est compréhensible que les parents souhaitent préserver leurs enfants le plus longtemps possible d'expériences désagréables, mais il est important de les laisser les faire eux-mêmes." Restez dans la limite du raisonnable et dans un cadre sécurisé, bien sûr, car l'enfant ne sait pas encore se projeter dans l'avenir.

Ainsi, s'il veut dépenser tout son argent de poche du mois en glaces ou en petits jouets, laissez-le expérimenter cette dépense futile et regretter ensuite. Elle lui apprend que les décisions spontanées ne sont pas toujours les meilleures, même si elles apportent une satisfaction immédiate, et qu'elles ont des conséquences à prévoir. Un excellent exercice d'éducation financière !

S'il refuse de faire son devoir maison, discutez des répercussions de manière constructive, conseille Philippe Vivier, psychologue, coach scolaire et professionnel et président de l'Association française du coaching scolaire et étudiant. Demandez-lui ce qu'il pense qu'il va se passer quand il ne rendra pas son devoir pour qu'il mesure les conséquences (mauvaise note, punition, devoir de rattrapage, observation dans le bulletin…). Dans cet exemple ou un autre du même type, invitez-le à peser le pour et le contre de sa décision.

Comment la prise de décision évolue-t-elle à l'adolescence ?

À l'adolescence, on commence à se projeter un peu plus loin et on peut donc commencer à prendre des décisions avec un impact à moyen terme, selon Claudia Roebers, également citée par Fritz+Fränzi. L'adolescent peut ainsi décider d'économiser pour un achat plus onéreux (des vacances, par exemple, ou un smartphone) ou de choisir des options au collège en vue d'une future orientation.

Mais c'est aussi l'âge de l'instantanéité, met en garde la fondation québécoise Jeunes en tête. Les émotions et la pression sociale peuvent encore prendre le pas sur le bon sens. Le risque : des décisions "coup de tête" ou "coup de cœur", sans mesurer les conséquences. En tant que "parent, vous exercez une influence sur les comportements et les prises de décisions de votre ado, c’est pourquoi il est essentiel d’entretenir avec elle/lui une relation de confiance et une bonne communication". Sans toutefois le laisser faire n'importe quoi et prendre des risques inconsidérés, on évite ainsi la surprotection et on favorise son autonomie.

Selon Maya Risch, "c'est aussi le bon moment pour enlever aux enfants la peur de prendre de mauvaises décisions." en rappelant que "peu de décisions sont irrévocables". Les décisions les plus importantes, comme le choix d'un établissement scolaire par exemple, doivent néanmoins vous revenir.

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