le blog

Déserts médicaux : que faire pour son enfant en attendant un rendez-vous ?

Rédigé par Coline Grasset | 17 mai 2026 23:00:00

Six mois, un an, deux ans, voire plus. Les délais d'obtention d'une consultation avec un orthophoniste sont interminables. Elle est pourtant essentielle pour aider l'enfant souffrant de troubles du langage ou de cognition mathématique. En cas de difficultés psychologiques, la consultation d'un professionnel de santé mentale l'est tout autant. Vous avez essayé d'appeler tous les professionnels de votre commune ou département et, malgré ce temps passé au téléphone, vous n'avez pas réussi à décrocher un rendez-vous ? Aidodarons vous donne ses conseils pour aider votre enfant ou adolescent en attendant.

Comment aider mon enfant en attendant la consultation en orthophonie ?

Si vous ou l'équipe éducative avez détecté un trouble du langage de votre enfant, sans qu'aucun professionnel ne soit disponible avant de longs mois, vous pouvez pallier l'attente. Avant tout, il est important de ne pas attendre et d'agir à la maison au quotidien. La régularité permet de ne pas laisser la difficulté s'inscrire dans la durée.

Travailler la confusion des sons à l'oral

La confusion des sons est courante chez les élèves dyslexiques et/ou dysorthographiques. Orthophoniste et créatrice de la chaîne Youtube Orthoastuces, Marie-Clotilde Hemery-Legrain propose de nombreuses petites activités à faire avec les enfants pour les aider à progresser dans leurs apprentissages malgré leurs troubles. Elle recommande de travailler la confusion des sons proches (T/D ou F/V, par exemple) en insistant bien sur leur prononciation. N'hésitez pas à exagérer un peu pour que l'enfant voie bien le positionnement de la langue et des dents. Pensez aussi à prononcer le son plutôt que la lettre : "fff" pour F et non "effe". Vous pouvez utiliser de petits personnages (à imprimer ou à dessiner ensemble) pour repérer plus facilement les sons et rendre l'apprentissage plus ludique.

Travailler la confusion des lettres à l'écrit

Lorsqu'un enfant confond les lettres lors de la lecture, le déchiffrage du texte et sa compréhension sont laborieux. Nathalie Rogier, orthophoniste, conseille dans ce cas d'utiliser les "jeux qui stimulent la discrimination visuelle" : jeu du Lynx, jeu des 7 différences, Doodle, des livres "Cherche et trouve" ou "Où est Charlie"... Ils permettent à l'enfant de "reconnaître une forme identique même si elle est présentée sous des angles variés, de mémoriser une séquence visuelle de lettres, de comprendre l’orientation des lettres." En complément, pensez à le faire lire tous les jours, même seulement quelques mots et quel que soit le support physique (livre, journal, emballage, panneau publicitaire…), comme le conseille Cendrine Lebar, orthophoniste à Tourbes (34), à France Bleu.

Travailler les difficultés de calcul

À l'école primaire, l'enfant apprend les opérations de base (addition, soustraction, multiplication, division) et la comparaison des nombres (plus grand, plus petit). Mais lorsqu'il ne fait pas le lien entre le conceptuel et le réel, entre le nombre et son écriture ou s'il mélange les chiffres, les maths peuvent devenir une épreuve. Vous pouvez l'aider à surmonter progressivement sa dyscalculie à la maison en suivant les conseils d'Élodie So, orthophoniste. Elle recommande de manipuler les chiffres en toute occasion : compter les marches de l'escalier, le nombre de couverts à mettre sur la table, les voitures sur le parking, les poussettes au parc… Profitez aussi d'une activité culinaire pour faire des opérations simples (additionner les quantités, calculer le temps de cuisson restant…) et misez sur les jeux. Les jeux de cartes et de dés favorisent l'apprentissage du calcul. Les petits chevaux et le jeu de l'oie sont aussi de précieux alliés. Les plus grands apprécieront également les jeux classiques avec de l'argent à calculer comme La Bonne Paye ou le Monopoly.

Dans tous les cas, veillez à valoriser chaque petite réussite de l'enfant pour lui donner confiance en lui !

Un partenariat parents/école en attendant le rendez-vous d'orthophonie

Si les troubles du langage et/ou du calcul sont repérés par les parents attentifs, d'autres peuvent être révélés lors des apprentissages à l'école primaire. L'enseignant peut alors vous inciter avec insistance à consulter un orthophoniste, mais il connaît lui aussi les difficultés et les délais prolongés avant de décrocher un premier rendez-vous pour un bilan. À l'école, il existe plusieurs dispositifs d'accompagnement spécifique. Parmi eux, le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) est proposé "aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, sans qu’il y ait nécessairement un trouble diagnostiqué", explique Allo-Ortho, site spécialisé. Il consiste en un accompagnement ciblé et temporaire pour combler les lacunes et travailler des difficultés particulières. Si l'école ou le collège vous le propose, vous êtes en droit de refuser, mais rappelez-vous que l'équipe éducative agit dans le but du bien-être et des apprentissages de votre enfant. Après bilan orthophonique, il pourra éventuellement être orienté vers un autre dispositif plus approfondi comme le plan d'accompagnement personnalisé (PAP), le projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou le projet d'accueil individualisé (PAI).

Comment aider mon enfant en attendant la consultation d'un psychologue ?

Si votre enfant est en détresse psychique et doit encore patienter avant de consulter un professionnel de santé, votre accompagnement bienveillant est essentiel. Au quotidien, l'Assurance maladie recommande de veiller à son bon équilibre alimentaire. Préparez des repas qui lui font plaisir en répondant à tous ses besoins nutritionnels. Assurez-vous également qu'il maintienne une activité physique régulière et un minimum de socialisation avec l'école, les proches et les activités extrascolaires qui lui plaisent pour ne pas renforcer sa solitude. Proposez des sorties attractives en fonction de ses centres d'intérêt : sortie shopping, médiathèque, musée, balade en pleine nature… Côté sommeil, aidez-le à bénéficier d'un repos réparateur avec une durée suffisante et des horaires de coucher et de lever réguliers. Pensez aussi à limiter l'usage des écrans qui pourraient, selon les contenus consultés, accroître son sentiment de mal-être ou le cyberharcèlement dont il est victime. Prenez par ailleurs le temps de l'écouter sans jugement ou exprimez votre disponibilité s'il ne veut pas se confier à vous. Le cas échéant, incitez-le à parler à un adulte proche de confiance : membre de la famille, ami, enseignant, infirmière du collège…

Si vous vous sentez impuissant ou dépassé par le mal-être de votre enfant ou adolescent, vous pouvez bénéficier gratuitement d'une écoute attentive anonyme et de conseils de professionnels. Contactez par exemple l'association Phare Enfants Parents ou Écoute famille Unafam.

3 conseils complémentaires pour mieux accompagner son enfant