Souvent oubliée, la pratique des arts du cirque est une activité apportant de nombreux bénéfices pour le développement de l’enfant. Zoom sur ce sport inattendu.
Si la pratique du cirque peut s’enseigner dans le cadre de l’enseignement de l’EPS, notamment au collège, cette dernière est encore relativement méconnue en tant que pratique sportive à part entière. Pourtant, les arts du cirque constituent une activité multidisciplinaire qui peut être initiée dès l’âge de 3 ans, puis dès l’âge de 6 ans en pratique régulière, offrant plusieurs atouts.
Cette forme d’art millénaire est définie par l’Académie de Bordeaux comme “une activité de représentation à caractère spectaculaire, esthétique, ludique et expressive pratiquée seul ou à plusieurs utilisant les domaines suivants : jonglerie, acrobatie au sol, équilibre et voltige”. Une centaine d'écoles de cirque sont par ailleurs répertoriées dans toute la France sur le site de la FFEC (Fédération française des écoles de cirque). En 2019, la FFEC compte plus de 28 000 licenciés dont l’âge médian se situe à 10 ans. À savoir qu’il faut compter entre 200 € et 500 € l’année pour des cours hebdomadaires, selon l’âge, les écoles et les disciplines.
Force, souplesse… Les arts du cirque nécessitent une grande polyvalence grâce à ses nombreuses disciplines. La jonglerie, le trapèze ou encore l’équilibre sur boule “aident à renforcer les muscles, à améliorer la posture et à augmenter l'endurance physique”, comme le note le cirque lyonnais Imagine. Au-delà de l’aspect sportif, les diverses activités possibles dans le cirque permettent le développement moteur en faisant travailler l’agilité, l’équilibre, la coordination, mais aussi l’orientation spatiale. L’enfant prend ainsi conscience de son corps et de l’espace qui l’entoure.
Les différentes disciplines des arts du cirque offrent aux enfants la possibilité de bouger tout en s’amusant. Étant aussi une pratique artistique, les enfants apprennent à développer leur propre style au sein des différentes disciplines du cirque. Lors de cours ou de stages, les jeunes apprennent à créer leurs propres numéros - en groupe ou en solo - qui visent à provoquer une émotion chez un public. Les enfants cultivent leur expression artistique et leur imaginaire.
Outre les atouts physiques, ce sont les bienfaits psychomoteurs et sociaux qui font des arts du cirque une activité idéale pour les enfants. Plusieurs chercheurs ont par ailleurs démontré ces bénéfices. À Winnipeg, au Canada, les écoles qui ont intégré le cirque dans leur programme ont constaté de réels progrès sur l'habileté motrice, la confiance et la motivation des élèves, constate Marion Cossin, doctorante en cirque au Centre de recherche d’innovation et de transfert en Art du Cirque à l’Université de Montréal.
En France, Jérémy Zytnicki et Agnès Piquard-Kipffer, enseignant-chercheur et maîtresse de conférences à l’Insei (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive), ont constaté que les arts du cirque peuvent aider les enfants à l’école. Par exemple, “l’exercice du jonglage peut consolider la fonction pragmatique du langage”, grâce au principe du “chaining” (la réalisation d’un enchaînement), ont-ils noté dans leur article Arts du cirque et compétences scolaires publié le 12 février 2025 dans la revue Cahiers pédagogiques. Aussi, la pratique en groupe favorise les compétences sociales ainsi que la confiance en soi, comme le rappelle le programme de l’éducation physique et sportive.