Vous avez peut-être déjà envisagé de poser un cadenas sur le réfrigérateur ou de cacher les biscuits au fond d'un placard. En pleine période de croissance, les adolescents semblent avoir toujours faim. Ils peuvent manger beaucoup, souvent, et à toute heure. Entre les repas, les allers-retours vers la cuisine se multiplient, au point d'inquiéter certains parents.
Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.
Face aux grignotages répétitifs de votre enfant, il peut être difficile de trouver la bonne réaction. Avant d'opter pour les grands moyens, voici quelques repères et conseils pour accompagner votre ado vers une alimentation saine.
En fonction de l'âge, les besoins alimentaires varient. Comme l'explique le ministère de la Santé, "pendant toute la période de croissance des adolescents, les besoins en calories, mais aussi en protéines, en vitamines et en minéraux augmentent".
La docteure Laurence Plumey, médecin nutritionniste, abonde dans le magazine ELLE : "les ados ont des besoins énergétiques 30% supérieurs à ceux des adultes". Elle conseille donc aux parents de ne pas les priver par crainte qu'ils prennent du poids.
Pour cette spécialiste, il n'y a aucune raison à ce qu'un adolescent grossisse s'il bouge suffisamment et dort correctement. En cas de prise de poids, mieux vaut toutefois réagir rapidement "car dans 70% des cas, l'obésité ou le surpoids s'installe à l'âge adulte".
La tentation peut être grande de surveiller l'alimentation de votre adolescent. Pour autant, il est préférable de rester dans la bienveillance et la retenue. Le ministère de la Santé conseille aux parents d'éviter de "faire la police" car "une trop grande rigidité, une surveillance constante (…) pourrait le rendre coupable de prendre du plaisir à manger".
Trouver le juste équilibre est essentiel. "On surveille sans jamais tomber dans l'obsession", recommande la docteure Laurence Plumey. Interrogée par Le Progrès, Chloé Uzel-Ponceblanc, nutritionniste-diététicienne, partage le même point de vue. Pour cette spécialiste, "manger sans restriction conditionne aussi l'adulte en devenir". En privant votre ado, il risque de tomber dans les excès le jour où il sera totalement indépendant.
Le grignotage ne répond pas seulement à un besoin physiologique. Manger en dehors des repas peut aussi être un moyen de vaincre son ennui, "d'échapper à un stress ou à une pensée qui le dérange", souligne le ministère de la Santé. Parlez-en avec votre enfant et pour lui éviter des allers et retours dans la cuisine, proposez-lui une activité physique ou culturelle, comme aller ensemble au cinéma ou à la piscine.
Pour Chloé Uzel-Ponceblanc, un ado qui a tout le temps faim peut aussi avoir une "envie de liberté". Se différencier des parents est important à cette période, tout comme le besoin de faire partie d'un groupe. "(…) le regard des copains [peut] induire des changements dans l'alimentation. Et ce n'est pas grave !", conclut-elle. Pour cette spécialiste, il faut laisser les enfants manger à leur faim tant qu'ils adoptent un comportement sain par rapport à leur alimentation.
Chips, pizza, frites, burgers, sodas… L'alimentation de votre ado, portée sur la malbouffe, peut vous poser problème. Pour autant, il convient de rester souple, en acceptant que votre enfant mange de temps en temps au fast-food, par exemple.
Les adolescents ont besoin de certains aliments pour bien grandir. "Il leur faut des féculents et des bonnes graisses, des fruits et légumes qui apportent les vitamines et antioxydants essentiels à leur vitalité, des protéines pour les muscles", explique la docteure Laurence Plumey. Sans oublier les produits laitiers, "trois à quatre fois par jour pour apporter le calcium nécessaire à leur croissance".
Pour aider votre ado à manger plus sainement, évitez de remplir les placards avec des gâteaux ou des sodas. Pour rappel, l'Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas consommer plus de 25 grammes de sucre par jour. À la place, proposez des fruits ou des yaourts en cas de fringales. Chloé Uzel-Ponceblanc recommande les féculents "qui évitent les envies de sucre et de grignotage".
Si malgré toutes ces bonnes pratiques, le comportement alimentaire de votre enfant vous inquiète, poussez-le à consulter votre médecin de famille ou un diététicien.
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