Lorsqu'un enfant subit des violences répétées à l'école et que l'établissement ne reconnaît pas officiellement le harcèlement, les parents peuvent se sentir démunis. Pourtant, des recours existent pour protéger leur enfant et faire valoir ses droits.
"Mon enfant rentre de l'école en larmes, mais l'établissement affirme qu'il n'y a pas de harcèlement." Face à cette dissonance, de nombreux parents se sentent démunis et cherchent des solutions pour protéger leur enfant. Le harcèlement scolaire est une réalité préoccupante en France. Selon une enquête nationale menée en novembre 2023, 5 % des écoliers du CE2 au CM2 et 6 % des collégiens déclarent être victimes de harcèlement à l’école.
Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, notamment le programme Phare, un plan interministériel obligatoire dans les écoles et collèges publics depuis la rentrée 2022 et étendu aux lycées publics à la rentrée 2023. Ce programme vise à doter chaque établissement d’un plan de prévention structuré, à assurer la sécurité et le bien-être des élèves, à former les personnels et les élèves à la détection des situations de harcèlement, et à garantir la prise en charge de 100 % des situations signalées.
Malgré ces initiatives, les procédures internes des établissements peuvent parfois ne pas suffire à identifier toutes les situations de harcèlement, surtout lorsque les faits sont difficiles à prouver. Le harcèlement à l'école primaire et au collège peut prendre des formes subtiles : exclusions répétées d’un groupe, moqueries constantes, messages blessants sur les réseaux sociaux ou intimidations discrètes loin des regards des adultes.
Si votre enfant ne peut pas fournir de preuves tangibles (captures d’écran, témoignages), certains signaux doivent vous alerter comme l’indique une grille réalisé par le ministère de l’Education :
- Peur soudaine d’aller à l’écoleMême si l’établissement ne reconnaît pas formellement la situation, plusieurs actions peuvent être entreprises. En revanche, il est important de ne pas tenter de gérer le problème vous-même en contactant l’auteur des faits, car cela pourrait aggraver la situation. Alors que faire ? D’abord, toujours maintenir le dialogue avec votre enfant. Assurez-lui que vous le croyez et que vous êtes là pour le soutenir. L’encourager à exprimer ses émotions l’aidera à ne pas intérioriser sa détresse. Il est conseillé de proposer un suivi psychologique. Un enfant victime de harcèlement peut perdre confiance en lui. Un psychologue scolaire ou un professionnel extérieur peut l’aider à verbaliser son mal-être et à retrouver une estime de soi positive.
Vous pouvez également documenter les faits : notez toutes les informations que votre enfant vous communique (dates, lieux, circonstances) et encouragez-le à conserver des traces écrites ou numériques en cas de cyberharcèlement. N’hésitez pas à échanger avec d’autres parents d’élèves de l’établissement de votre enfant. Si d’autres élèves sont concernés, contacter leurs parents peut permettre de recouper les témoignages et d’obtenir plus de preuves.
Si l’école ne reconnaît pas la situation, plusieurs organismes peuvent vous aider à faire évoluer la situation. D’abord, adressez-vous au rectorat ou au directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN). Une lettre recommandée avec accusé de réception, détaillant les faits et les démarches déjà entreprises, peut être nécessaire. Joignez-y un certificat médical si votre enfant présente des conséquences physiques ou psychologiques. Vous pouvez aussi faire appel au Défenseur des droits. Cet organisme indépendant peut intervenir en cas de discrimination ou de non-respect des droits de l'enfant. Vous pouvez le saisir en ligne ou en rencontrant un délégué près de chez vous.
Les associations spécialisées de parents d’élèves, comme la FCPE, ou d’autres spécialisées dans la lutte contre le harcèlement scolaire, e-Enfance ou Parle je t’écoute par exemple, peuvent vous accompagner dans vos démarches et vous offrir un soutien précieux. Si aucune solution n'est trouvée et que le bien-être de votre enfant est en jeu, un transfert vers un autre établissement peut être envisagé pour le protéger.