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Mon enfant n'a pas confiance en lui : que faire pour l'aider ?

Rédigé par Coline Grasset | 27 mars 2026 10:13:36

"Je suis nul, j'y arriverai jamais !" Assis devant ses devoirs, votre enfant referme brusquement son cahier, complètement découragé. Pour les parents, ces phrases sont difficiles à entendre. Faut-il s’inquiéter d’un manque de confiance en soi et comment réagir pour ne pas l'aggraver ? En comprenant les mécanismes à l'œuvre derrière ces jugements très durs que l’enfant porte sur lui-même, vous pourrez l'aider à reprendre confiance en lui.

Que signifie vraiment ce "je suis nul" de l'enfant ?

"Je suis nul" ou "je n'y arriverai jamais" sont l'expression extrême de la frustration. Votre enfant utilise ces tournures dramatiques après un échec (une mauvaise note, par exemple) ou lorsqu'il est bloqué par un exercice difficile. Lancées à la volée une fois, elles ne sont pas inquiétantes. Elles méritent votre attention quand elles se répètent, car elles révèlent qu'il doute de ses capacités (sa confiance en soi) ou, plus profondément, de lui-même (son estime de soi).

Une anxiété de performance peut aussi se cacher derrière ces phrases de l'enfant. Le besoin de réussir à tout prix se heurte à l'échec ou à la difficulté et génère un stress intense par peur de décevoir, définit Nathalie Parent, psychologue canadienne. Il est lié à un fort besoin de reconnaissance des adultes proches (parents, enseignants…), notamment si ses échecs sont plus souvent relevés que ses réussites.

Enfin, "certains enfants sont aussi plus sensibles que d’autres à des événements extérieurs, comme les notes à l’école", explique Anne Peymirat, coach parentale, à Ouest-France.

Pourquoi faut-il être à l'écoute de l'enfant qui se dénigre ?

Balayer l'émotion de l'enfant d'un revers de main en disant "mais non, tu n'es pas nul" ou "arrête de te dévaloriser sans cesse" est contre-productif. D'après Claire Lewandowski, la négation du sentiment de l'enfant peut le laisser "seul avec sa détresse", sans qu'elle soit entendue et comprise par son adulte référent. Anne Peymirat ajoute qu'en "plus de se sentir déçu [par sa performance "ratée"], il pensera aussi qu’il n’est pas censé ressentir cela", ce qui ne fera qu'accroître sa tourmente émotionnelle. Au contraire, demandez-lui pourquoi il se sent nul. Il pourra ainsi exprimer ce qu'il ressent et ce qui lui tenait tant à cœur : voir son travail de révision soldé par une réussite au contrôle, faire aussi bien que ses camarades…

Pour l'aider à relativiser l'échec, veillez à être à l'écoute sans jugement. Dites-lui que vous comprenez son ressenti, qu'il est normal d'être déçu et que cela arrive à tous de faire des erreurs, même aux adultes. Vous pouvez même assortir votre propos d'une anecdote racontant l'un de vos échecs afin de lui montrer qu'il n'a pas été une fin en soi et ne vous a pas empêché de vivre.

Demandez-lui également de nommer ce qu'il a réussi et ce qu'il pourrait améliorer la prochaine fois : réviser ou s'entraîner davantage, se concentrer sur telle ou telle difficulté… "Vous renforcez ainsi sa capacité à réfléchir, à agir et à ne pas se définir uniquement par une performance ponctuelle", complète Claire Lewandowski.

Une fois la conversation terminée, vous pouvez empêcher votre enfant de ressasser longuement son échec en passant à autre chose, par exemple une activité dans laquelle il excelle.

Si votre enfant s'enferme dans ces sentences négatives et bute sur chaque difficulté, n'hésitez pas à vous tourner vers un professionnel de santé.

Privilégier la reconnaissance de l'effort à celle de la réussite de l'enfant

Notre société moderne valorise la compétition, la réussite et l'accomplissement de soi. Fins observateurs du monde qui les entoure, les enfants copient les adultes et peuvent donc voir leur confiance en eux fondre comme neige au soleil devant l'échec. "Plutôt que de valoriser uniquement le résultat, il est utile de souligner ses efforts et ses progrès", conseille Claire Lewandowski. Cela montre à l'enfant que la compétence n'est pas innée, mais qu'elle s'acquiert à force d'entraînement, que l'erreur est toujours constructive. S'il a accompli une performance moyenne en sport, soulignez sa persévérance et les efforts déployés pour s'améliorer. S'il a raté un exercice, valorisez ceux qu'il a réussi. Focaliser sur les réussites l'aide à dépasser son sentiment d'échec et à remonter sa confiance en lui.

N'hésitez donc pas à le complimenter, toujours en restant crédible et sans tomber dans l'excès. En effet, répéter à un enfant qu'il est un petit génie des maths, du foot ou de la musique risquerait de générer un effet inverse de pression angoissante, selon La Maison des Maternelles. En outre, l'enfant pourrait se sentir en surconfiance de soi, et plus dure serait la chute en cas d'échec. À l'inverse, évitez bien entendu de dénigrer l'enfant d'un "de toute façon, tu es nul en maths", même sous le coup du découragement excédé, que ce soit en privé ou devant les autres. Ces mots s'implanteraient profondément dans sa mémoire et affecteraient durablement sa confiance en ses capacités.

Enfin, incitez votre enfant à sortir de sa zone de confort de temps en temps en restant à ses côtés, mais sans interagir directement, conseille Anne Pioz, psychothérapeute. Un jeu un peu plus difficile, un sport ou une technique artistique inconnue jusqu'alors sont de bonnes expériences pour découvrir de nouvelles capacités. Vous évitez ainsi la surprotection contre l'échec éventuel.

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