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Mon enfant n'arrête pas de se relever le soir : que faire ?

Rédigé par Émilie Cartier | 27 avr. 2026 06:57:09

Des bruits de pas dans le couloir. Puis, la porte du salon s'entrouvre. La tête de votre enfant apparaît. Il a soif. Un peu plus tôt, c'était une envie pressante. Avant cela, il avait juste besoin de vous dire quelque chose. Vous aimeriez profiter de votre soirée et que votre enfant dorme à poings fermés. Mais à la place, les allers-retours s'enchaînent, comme un rituel bien rôdé.

Derrière ces prétextes qui lui permettent d'attirer votre attention, il y a souvent autre chose : le besoin d'être rassuré, de prolonger le lien ou de retarder la séparation. Certains enfants redoutent les cauchemars, tandis que d'autres n'arrivent pas à se sentir en sécurité dans leur chambre. Comment faire pour échapper au syndrome du rappel ? Voici les conseils d'Aidodarons.

Rester ferme sans s'énerver

Courant chez les tout-petits, le syndrome du rappel peut perdurer au-delà de 6 ans. Si votre enfant ne cesse de multiplier les demandes, c'est normal de manquer de patience. Mieux vaut toutefois éviter les rapports de force qui risquent de provoquer une escalade et de retarder encore davantage l'heure du coucher.

Interrogée par le magazine Parents, la psychologue clinicienne Delphine Théaudin invite les parents à rester calmes. Ne vous énervez pas, mais soyez ferme. Montrez à votre enfant que vous êtes déterminé, par exemple en disant : "Une fois couché, tu restes dans ton lit. Si tu te relèves, tu repars sans discuter".

Une fermeté défendue également par Noémie de Saint-Sernin, coach parentale, auteure et conférencière. Sur son site, elle explique aux parents qu'il ne faut surtout pas se justifier ni argumenter. "Si votre enfant se relève, s'il conteste, dites-lui que c'est comme ça et pas autrement !". Pas envie de dormir ? Tant pis, il doit quand même aller se coucher. Ne négociez surtout pas, pas de "ok encore cinq minutes".

Si votre progéniture vous appelle depuis son lit, Delphine Théaudin vous conseille d'effectuer quelques allers et retours, en limitant les paroles et en adoptant un ton doux, surtout avec les plus jeunes. L'idée est de préparer votre enfant à trouver ses propres ressources pour s'endormir sans votre aide.

Respecter son rythme avant de le mettre au lit

Votre enfant a peut-être des difficultés pour s'endormir. Si tel est le cas, Delphine Théaudin recommande de décaler l'heure du coucher d'une demi-heure. Le problème peut aussi être inverse : "il faut également être vigilant aux signaux de fatigue. On peut parfois commencer le rituel plus tôt pour qu'il rentre plus facilement dans le sommeil". Si votre enfant baille aux corneilles juste après le dîner, prenez un peu d'avance sur l'heure habituelle pour le coucher.

Consultante spécialiste du sommeil de l'enfant, Caroline Decré propose une autre astuce sur son site. Elle consiste à dîner le plus tôt possible "pour éviter de créer un regain d'énergie trop tardif". Si possible, prenez l'habitude de passer à table avant 19 heures. Avant de rejoindre son lit, votre enfant peut s'adonner à des activités calmes (puzzle, lecture…). Les écrans sont à proscrire, car ils excitent et retardent l'endormissement.

Recharger ses batteries affectives avant le coucher

Votre enfant peut ressentir le besoin de passer du temps avec vous. Avant de le mettre au lit, assurez-vous qu'il a eu sa dose affective. Caroline Decré recommande dix minutes de jeu après le dîner. Avec les plus jeunes, la lecture d'une histoire reste un moment privilégié. Au lieu de lui dire "allez, c'est l'heure d'aller au lit !", proposez "quel livre va-t-on lire ce soir ?".

Pour qu'il se couche l'esprit tranquille, laissez-le vous confier ses joies, ses peines et ses questions. Quelques minutes suffisent : l'essentiel est qu'il se sente écouté et apaisé, sans que cela n'allonge le rituel du coucher.

Éloigner les peurs et les cauchemars

Certains enfants sont plus anxieux que d'autres à l'idée d'être plongés dans l'obscurité. Si votre enfant recherche votre compagnie par peur, prenez quelques dispositions. Une veilleuse qui diffuse une lumière douce rassure, tandis que l'on peut laisser la porte entrouverte.

Caroline Decré recommande "des outils concrets pour qu'il puisse chasser ses peurs et angoisses". Imaginez ensemble une bulle protectrice : une enveloppe invisible qui l'entoure et le garde en sécurité toute la nuit. Prenez quelques instants pour la visualiser avec lui, lui donner une couleur voire des pouvoirs, comme celui de repousser les cauchemars.

Autre piste : lui confier un objet rassurant (bracelet, lampe de poche…) en lui attribuant une fonction protectrice. Cet objet devient alors un repère concret, qu'il peut activer ou serrer contre lui lorsqu'il en ressent le besoin. Avec le temps, ces petits rituels aideront votre enfant à surmonter ses peurs et à s'endormir plus vite, sans avoir besoin de se relever pour venir vous voir.

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