Certains adolescents ont déjà une idée bien arrêtée de leur future orientation professionnelle. Ils veulent être pâtissiers, esthéticiennes, médecins, avocats, vétérinaires, enseignants, paysagistes… Leur voie paraît déjà toute tracée. Pour d'autres, c'est le flou, ils ne savent pas encore ce qu'ils veulent faire plus tard, ce qui est tout à fait normal. Alors que tout semble se décider à l'issue de la troisième, la pression les paralyse, les braque et génère des inquiétudes. Pourtant, rien n'est encore figé ni définitif pour ceux qui pensent savoir comme pour ceux qui tâtonnement. En tant que parents, vous avez un rôle clé à jouer pour accompagner l'orientation de votre enfant le plus sereinement possible.
Nul besoin d'attendre la troisième pour parler d'orientation ! Au cours de la scolarité de votre enfant, vous devez régulièrement discuter de ses projets futurs. Vous pouvez le questionner sur ses matières favorites, sur ses envies de cadre professionnel (travailler seul ou en équipe, créer ou exécuter, travailler dehors ou en intérieur…). A-t-il envie de faire des études longues ou courtes ? Quels métiers l'attirent ? Grâce à ses réponses, qui peuvent évoluer au fil du temps, vous resserrerez ensemble le champ des possibles vers une orientation.
C'est ce que préconise Christine Jarrige, conseillère d’orientation-psychologue en Seine-Saint-Denis et membre du collectif des psychologues au Snes, dans les colonnes de La Croix. Selon la spécialiste, "l’orientation et le choix des études doivent être le résultat de tout un travail de réflexion et d’ouverture sur le monde" tout au long du collège. Mais attention à ne pas chercher à orienter votre enfant trop tôt, car cela peut générer un stress inutile. On commence à en parler progressivement jusqu'en 3ᵉ.
Lors des conversations dédiées avec votre enfant, restez d'abord à l'écoute de ses envies avant de les discuter. Certains parcours pourront peut-être vous paraître incongrus en raison de son profil. Si ce dernier excelle à l'école et émet le souhait de faire un métier manuel, par exemple, vous pourriez l'inciter à privilégier un autre parcours en adéquation avec son niveau scolaire ou avec vos propres attentes. Le risque : le décrochage scolaire, à cause d'une orientation non choisie, révèlent les témoignages de jeunes auprès d'Ouest France. Toutes causes confondues, ils sont encore 7,6 % à quitter l'école sans diplôme d'après le ministère de l'Éducation nationale. Cette pression peut donc concerner des adolescents qui réussissent bien scolairement. Lorsqu’un enfant obtient de bons résultats, l’orientation peut devenir source d’angoisse par peur de décevoir, de faire un "mauvais choix" ou de ne pas être à la hauteur des attentes implicites. Dans ces situations, rappeler que la réussite scolaire n’impose pas un parcours unique permet d’apaiser les tensions et de redonner de la liberté dans la réflexion. Que ses choix d'orientation soient conformes à vos propres aspirations ou non, rappelez-vous que ce sont les siens.
Si, au contraire, il est en grande difficulté dans les matières scientifiques et veut être ingénieur, l’accompagnement consiste alors à trouver un équilibre entre respect des envies et réalité des contraintes. En troisième, il n'y a encore rien de définitif. Comme le rappelle Christine Jarrige, l'objectif actuel reste avant tout de "fermer le moins de portes possible et de faire des choix cohérents avec les goûts et les appétences" de l'adolescent. Cité par Femme Actuelle, Fabrice Bak, psychologue cognitiviste, le confirme : "On peut changer entre 14, 17 et 20 ans. L’avenir ne se joue pas en une seule fois, il se construit étape par étape". Donnez à votre enfant la possibilité de se tromper et de bifurquer pour améliorer sa confiance en lui.
À l'école, le parcours Avenir commence dès la 6ᵉ et s'intègre à la scolarité. Votre enfant visite des entreprises, rencontre des professionnels, discute avec le conseiller d'orientation, consulte des brochures de l'ONISEP, du CIDJ… Le stage de 3ᵉ est également un moment important pour l'orientation avec un temps d'observation et de découverte dédié (3 à 5 jours). Le choix du lieu d'accueil est à la charge des familles. C'est le bon moment pour activer votre réseau et inciter votre enfant à démarcher lui-même des professionnels afin de trouver un stage qui lui plaise vraiment.
À la maison, vous pouvez le mettre en relation avec votre entourage (membres de la famille, amis, voisins, collaborateurs…) et leurs métiers pour en discuter. Il pourra alors confirmer ou réviser ses envies d'orientation, découvrir de nouvelles possibilités auxquelles il n'avait pas songé. Pensez aussi au dispositif mini-stage pendant les vacances scolaires pour les élèves de 4ᵉ et de 3ᵉ !
Il est tentant, en tant que parent, de prendre les rênes du parcours d'orientation de votre enfant et de vous occuper de tout et/ou de lui mettre la pression. Cela vous rassure et comble vos inquiétudes de manquer le coche pour son avenir : peur que l'enfant se ferme des portes, crainte de l’échec ou du déclassement, sentiment que l’avenir se joue trop tôt… Pourtant, tout décider et faire à sa place est contreproductif et risque de paralyser votre ado. L'adolescence est une période de questionnements et d'indécisions durant laquelle les choix se font et se défont à la vitesse de l'éclair. Votre enfant doit pouvoir compter sur votre appui sans se sentir écrasé par les attentes des adultes. Plutôt que d'imposer, placez-vous à ses côtés pour "l’accompagner dans une posture d’explorateur, en l’aidant à identifier ce qui lui plaît, ce qui le passionne, et en lui ouvrant des pistes", conseille Fabrice Bak. Cela dit, veillez tout de même à respecter le calendrier d'orientation post-3ᵉ de l'administration. En mai, il doit émettre ses vœux pour le lycée en seconde générale, seconde professionnelle ou CAP. Mais au-delà des démarches et des échéances, l’essentiel reste de maintenir un climat de confiance et de dialogue, pour que l’orientation reste un chemin à construire ensemble, sans précipitation.