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Phobie scolaire : comment aider son enfant ?

Rédigé par Thelma Susbielle | 29 août 2025 12:22:00

La phobie scolaire n’est pas un caprice, mais une véritable souffrance pour certains enfants. Maux de ventre, crises d’angoisse, refus de quitter la maison… les symptômes sont bien réels. Comment réagir en tant que parent ? Quels professionnels peuvent aider ? Et par où commencer ? Voici des clés concrètes pour comprendre et agir sans attendre.

« J’ai mal au ventre, je ne peux pas aller à l’école je crois… » Combien de parents ont entendu ces mots, sans pouvoir apaiser l’angoisse de leur enfant avant le départ à l’école ? L’Inserm estime qu’en France entre 1 % et 8 % des élèves en primaire et collège souffrent de phobie scolaire, également appelée « refus scolaire anxieux » . Mais en quoi cela consiste-t-il ? Ce trouble d’anxiété sérieux se manifeste par des symptômes physiques intenses (maux de ventre, crises de panique, troubles du sommeil), une peur anticipatoire et un évitement systématique de l’école.

Les causes sont souvent multiples : anxiété de séparation, trouble de personnalité, pression scolaire, harcèlement, changements familiaux ou événements traumatiques. La pédopsychiatre et chercheuse Laelia Benoit a réalisé une étude sur ce thème qui a démontré que, dans plus de 20 % des cas, la phobie scolaire survient après un changement brutal : déménagement, décès, séparation, transition vers la sixième

Accompagner avec bienveillance : stratégies efficaces

Face à la phobie scolaire, une réponse coordonnée et graduelle est essentielle. Voici les principaux axes :

1. Comprendre et détecter

En premier lieu, il faut savoir repérer les signaux d’alertes : maux de ventre sans cause médicale, crises à l’idée d’y aller, isolement à la maison le matin, absentéisme inexpliqué. En tant que parent, ne banalisez pas ces comportements, et surtout, ne punissez pas votre enfants : les pleurs et résistances ne sont pas des caprices, mais l’expression d’une souffrance réelle .

2. Écouter et dialoguer

Il est nécessaire d’instaurer un climat sécurisant en prenant le temps d’écouter sans jugement. Laissez l’enfant verbaliser ses peurs. Le recours au dessin ou au jeu peut aider. Vous pouvez aussi impliquer l’école en alertant l’équipe pédagogique, l’infirmier(e) et les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté) si nécessaire

3. Mettre en place un retour progressif

Une réintégration peut être mise en place progressivement. On peut commencer par des sessions courtes, visiter l’école sans y rester, retourner uniquement pour les matières préférées… Il est également envisageable d’aménager le temps scolaire de votre enfant : envisager un mi‑temps, un soutien via cours par correspondance (CNED) ou participation aux RASED .

4. Solliciter une aide professionnelle

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)] est une méthode efficace pour aider l’enfant à reformuler ses pensées négatives et gérer son stress. En plus, votre enfant peut suivre un accompagnement pluridisciplinaire : pédopsychiatre, psychologue, infirmier scolaire, RASED… pouvant inclure hospitalisation de jour ou à domicile pour les cas les plus sévères

5. Développer des ressources internes

Votre enfant peut pratiquer la relaxation et la pleine conscience, des exercices de respiration, de la méditation ou de la sophrologie utiles pour calmer l’anxiété

Des activités ludiques en dehors de l’école de type peinture, musique, sport ou jardinage, peuvent permettre à votre enfant de se détendre et de reconstruire son estime et travailler sa socialisation.

Lutter contre la phobie scolaire, c’est mobiliser famille, école et professionnels . Les parents, tout en accompagnant leur enfant, doivent aussi préserver leur équilibre, parfois en sollicitant eux-mêmes un soutien  Un plan de retour à l’école, concret et progressif, combiné à une approche thérapeutique, permet souvent de rétablir confiance et sérénité. Les effets sont durables à condition de maintenir ce dispositif coordonné sur le long terme.

Trois astuces simples à mettre en place dès aujourd’hui