En classe, votre enfant regarde parfois par la fenêtre, joue avec ses stylos ou gribouille sur sa feuille. Il est tout à fait normal que votre enfant connaisse quelques moments de distraction au cours de la journée. Il s'agit d'une situation courante chez les enfants.
En revanche, lorsque les difficultés d'attention deviennent fréquentes et qu'elles ont un impact sur sa scolarité, il est important de s'interroger : votre enfant présente-t-il un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ? Voici quelques repères pour vous aider à y voir plus clair.
Ce problème peut simplement venir de son âge. Comme le rappelle le psychologue Stephan Valentin dans Le Journal des Femmes, les enfants sont incapables de rester attentifs pendant une longue durée. Un propos corroboré par Nathalie Golouboff et Alexis Boitout, neuropsychologues, respectivement spécialistes des questions d'attention et de concentration, et des processus d'apprentissage. Dans Le Figaro Étudiant, ils s'accordent sur le fait qu'un enfant à partir de 5 ans peut rester concentré 10 à 15 minutes, et 20 à 30 minutes dès 11-13 ans. À titre de comparaison, un adulte peut rester concentré sur une tâche jusqu'à 45 minutes.
La motivation joue également un rôle clé. Stephan Valentin considère que les enfants sont "capables de se concentrer lorsqu'il s'agit d'une activité qui leur plaît", surtout si elle implique du mouvement. Pour ce spécialiste, la position assise n'encourage pas à rester attentif alors qu'il est possible d'apprendre dans d'autres environnements, comme lors d'une sortie en forêt ou au musée. Même constat chez les deux neuropsychologues : la motivation décuple la dopamine (l'hormone du plaisir immédiat) et les capacités d'attention.
L'heure de la journée influence aussi la concentration des enfants. En se basant sur les conclusions des chercheurs en chronobiologie, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) explique dans son rapport publié en 2025 que "c'est à partir de 9h30 jusqu'à midi que les facultés de concentration et de mémorisation (chez les enfants, ndlr) sont à leur maximum".
Dans une vidéo YouTube, Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche Inserm au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, spécialiste de l'attention en classe, explique que l'attention est sélective. Elle protège le cerveau d'une surcharge cognitive en choisissant ce qui est le plus important pour lui.
Pour cet expert, il n'est "pas possible de se concentrer sur deux tâches en même temps". En cas de consignes multiples et simultanées, le cerveau de votre enfant ressent une sensation de surcharge. Pour rester concentré en classe, il doit recevoir une consigne unique et très claire. Le Réseau Canopé conseille d'ailleurs aux enseignants de ne pas multiplier les consignes et de ne confier qu'une seule tâche à la fois aux élèves.
L'attention de votre enfant peut être mise à rude épreuve. Une décoration trop chargée, des bruits dans la cour ou des objets qui tombent au sol peuvent facilement déconcentrer un enfant. Bien que pouvant être passionné par une tâche, il reste quand même "très facilement distrait".
"Les personnes qui ont un TDAH (trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité, ndlr) se dispersent et s'éparpillent vite", révèle Nathalie Golouboff. En France, il concerne 5,9 % des moins de 18 ans selon l'Inserm. D'après la même source, "le trouble débute avant l'âge de 12 ans".
Pour diagnostiquer un TDAH chez un enfant, le comportement doit persister au-delà de six mois à l'école comme en dehors, avec un retentissement sur la vie scolaire, sociale et familiale. Avoir du mal à rester assis sans remuer, s'interrompre sans cesse dans ses activités et être facilement distrait fait partie des premiers signes. Mais plus concrètement, un élève avec un TDAH adopte un comportement typique en classe.
"À l'école, il fait de nombreuses fautes d'étourderie dans ses devoirs. Il ne suit pas les consignes données. Il évite les activités qui demandent un effort et de la concentration", comme la lecture ou le travail scolaire, énumère le site de l'Assurance maladie. L'enfant souffrant de TDAH se laisse souvent distraire par les moindres stimuli extérieurs ou par ses pensées, ce qui conduit généralement ses enseignants à dire de lui qu'"il est dans la lune". Par ailleurs, il oublie souvent de noter ses devoirs, a des difficultés à faire son cartable ou à remplir son agenda scolaire. Ces difficultés peuvent entraîner des résultats scolaires irréguliers, un retard dans les apprentissages et une baisse de l'estime de soi.
Si votre enfant semble manquer d'attention en classe, mieux vaut en parler rapidement avec son professeur. Stephan Valentin conseille d'échanger avec l'enseignant, en présence de l'enfant, et éventuellement du psychologue scolaire : "Cela permet de chercher ensemble l'origine du problème et de décider si une consultation spécialisée est nécessaire".
En cas de suspicion de TDAH, prenez rendez-vous avec le pédiatre de votre enfant ou son médecin généraliste, qui vous orientera vers un neurologue, un pédopsychiatre ou un neuropsychologue. Un entretien clinique, un bilan neuropsychologique et un éventuel examen médical permettront de déterminer s'il s'agit ou non d'un trouble de l'attention.
L'Inserm explique que la prise en charge du TDAH permet d'en atténuer les symptômes : "les traitements médicamenteux sont efficaces. Ils diminuent notamment les risques de sous-performances scolaires". Le plus souvent, il s'agit de molécules psychostimulantes comme la Ritaline®. L’Inserm indique que les traitements médicamenteux sont souvent les plus efficaces sur les symptômes, notamment scolaires, même si des approches psychothérapeutiques peuvent être utiles en complément selon les situations.