Que dois-je faire si mon enfant est harcelé ?

  • Le harcèlement se définit par des brimades répétées, qu'elles soient physiques ou verbales, directes ou indirectes.
  • S'il n'est pas rapidement stoppé, il peut avoir de graves conséquences psychologiques sur l'enfant victime.
  • En tant que parent, vous pouvez agir pour réconforter l'enfant et mettre fin au harcèlement.

Le harcèlement, ça n'arrive pas qu'aux autres. Votre enfant ou adolescent fait peut-être partie des nombreuses victimes de cette forme de violence très insidieuse. Certains le taisent par peur des représailles, mais, heureusement, d'autres se confient aux adultes de confiance : un parent, un enseignant, un personnel de vie scolaire ou de santé. Si votre enfant vous confie qu'il souffre de brimades répétées à l'école, dans le cadre extrascolaire ou sur les réseaux sociaux, voici comment intervenir pour y mettre fin.

Sur sa page dédiée au harcèlement scolaire, l'Éducation Nationale explique toutes les étapes à suivre. Tout d'abord, il est important d'en discuter avec le premier intéressé : votre enfant. Il faut qu'il raconte ce qu'il se passe (des insultes, des moqueries ou des bousculades par exemple), qui sont le ou les auteurs de ces violences et ce qu'il souhaite faire. En tant qu'adulte de confiance, vous devez être à l'écoute, vous montrer rassurant et expliquer ce qui va suivre pour y mettre un terme. Il est déconseillé d'essayer "de gérer vous-même le problème, [ou] de contacter l’auteur des faits : cela pourrait aggraver la situation."

L'équipe de direction de l'établissement scolaire (ou du club d'activité extrascolaire) est votre meilleur interlocuteur. Prenez rendez-vous et exposez les faits en précisant chaque effet délétère que vous avez constaté sur votre enfant (peur d'aller à l'école, isolement, désintérêt pour sa scolarité…) et l'identité des harceleurs. Le directeur ou le principal pourra alors convoquer votre enfant pour en discuter avec lui également, avec ou sans votre présence, et enquêter au sein de l'établissement auprès de ses collègues.

Quelles mesures peuvent-être mises en place ?

Des mesures préventives visant à protéger la victime sont alors mises en place par le renforcement de la vigilance de l'équipe éducative et la mobilisation des autres élèves proches de l'enfant harcelé (infographie du Programme de lutte contre le harcèlement à l'école). Ensuite, les auteurs sont convoqués à leur tour pour répondre de leurs actes. Selon la gravité des faits, des sanctions disciplinaires sont appliquées avec une suspension (cinq jours maximum), voire, en dernier recours, leur renvoi de l'établissement. Par ailleurs, le chef d'établissement doit le signaler sur l'application "Faits établissement".

Si vous constatez que rien n'est fait au niveau de l'école malgré votre signalement, ou que la procédure est trop lente, vous pouvez contacter le numéro national dédié aux victimes de harcèlement : le 3018 (appel gratuit et anonyme, disponible 7j/7 de 9h à 23h). Notez qu'il existe aussi une application 3018. Vous avez également la possibilité de porter plainte auprès des forces de l'ordre contre le ou les auteurs du harcèlement. Le harcèlement est un délit, même entre jeunes enfants !

Quelle est la procédure en cas de cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement numérique, principalement sur les réseaux sociaux. Bien que la majorité numérique ait été fixée à 15 ans par la loi du 7 juillet 2023, de nombreux enfants et adolescents plus jeunes s'y inscrivent et les consultent régulièrement. Entre les fils de contenus (Facebook, Instagram, TikTok…) et les groupes de discussions (WhatsApp, Snapchat…), ces réseaux forment un cadre propice aux brimades entre pairs. Elles se caractérisent par des insultes, des rumeurs, des menaces, des moqueries ou la diffusion de contenus personnels (photos, vidéos…) qui peuvent entacher la réputation de l'enfant. Selon l'UNICEF, vous devez faire "en sorte que [votre enfant] se sente entendu et soutenu". Pour cela, prêtez une oreille attentive et "dites à votre enfant que vous le croyez" sans chercher à minimiser les faits.

La page dédiée au harcèlement de l'Éducation Nationale conseille les parents sur les étapes à suivre afin d'y mettre un terme. Après avoir écouté votre enfant sur ce qu'il subit en ligne, vous pouvez contacter la direction de l'établissement si les auteurs des cyberviolences sont dans l'école de votre enfant. Le processus est alors le même : rencontre de la victime, mise en place d'un dispositif de protection, confrontation des auteurs, sanctions éventuelles. Vous avez également la possibilité de signaler le cyberharcèlement directement sur l'application concernée (des formulaires sont prévus pour ce type de problème), appeler le 3018 ou la plateforme Pharos pour faire supprimer les contenus concernés. Si la gravité des faits l'impose (des menaces par exemple), vous pouvez déposer une plainte au commissariat ou en gendarmerie.

Trois conseils pour prévenir le harcèlement / cyberharcèlement :

Un enfant averti en vaut deux

Conseil Aidodarons 1/3

En abordant à la maison la question du harcèlement sur sa nature multiple et sur ses conséquences, votre enfant sera mieux armé contre cette forme de violence, rappelle l'UNICEF, et davantage apte à repérer ce qui peut s'apparenter à du harcèlement.

Demandez régulièrement

Conseil Aidodarons 2/3

Demandez régulièrement à votre enfant ce qu'il se passe à l'école ou en ligne et ce qu'il ressent afin de détecter un mal-être éventuel et de pouvoir intervenir avant que la situation ne s'envenime.

Soyez bienveillant

Conseil Aidodarons 3/3

Toujours selon l'UNICEF, avoir des parents bienveillants et prévenants envers les autres en présence physique et en ligne constitue un modèle pour l'enfant. Il sera ainsi plus à même de prendre la défense d'une autre victime de harcèlement.

 

Après dix ans en tant qu'assistante administrative puis professeur documentaliste de l'Éducation Nationale, et des formations aux métiers du web, je rédige des articles sur des sujets très variés. Aujourd'hui maman, je suis les tendances actuelles sur la parentalité et le développement de l'enfant pour fournir des informations fiables mais neutres à mes lecteurs.