Quand le budget est très serré, il est normal de se demander comment continuer à partager des moments agréables avec ses enfants sans ajouter de stress financier. Que cette situation soit installée depuis longtemps ou liée à une période plus compliquée, on ressent une forme d’inquiétude, de la frustration et de la culpabilité. Aidodarons vous donne des pistes pour profiter de la vie familiale à moindre coût.
Élever un enfant coûte cher. Selon les données de l'INSEE actualisées pour tenir compte de l'inflation en 2024 par Antoine Math, économiste à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) cité par Ouest-France, un enfant coûterait 8 160 €/an jusqu'à sa majorité. Bien sûr, c'est une moyenne et il est possible de réduire la facture.
La seconde main est déjà une bonne façon d'habiller l'enfant à petit prix. Dans toutes les communes, des vide-greniers sont régulièrement organisés et on y trouve de tout, souvent des articles en bon état, prêts à resservir à un nouvel enfant. Les petites annonces sur les plateformes comme Facebook Marketplace, Vinted ou Le Bon Coin permettent aussi de faire de bonnes affaires.
Il est important de rassurer l'enfant sur votre capacité à répondre à ses besoins essentiels, Vous pouvez néanmoins diminuer le montant des courses de première nécessité en faisant la chasse aux promotions dans différents magasins. Des enseignes spécialisées proposent aussi des achats en gros aux particuliers avec des prix réduits.
Les ménages en grande difficulté financière peuvent également se tourner vers les associations solidaires (Resto du Cœur, Croix-Rouge, Secours populaire…). Leurs antennes locales proposent des paniers alimentaires gratuits ou peu chers aux plus démunis. Par ailleurs, cuisiner maison des plats simples mais équilibrés est souvent moins cher qu'acheter des plats préparés et ultratransformés.
Pensez aussi à mettre en place des gestes écoresponsables à la maison avec vos enfants pour limiter la consommation d'énergie et d'eau (douches courtes, appareils inutilisés éteints…). Autant de petits gestes qui, s'ils sont suivis par toute la famille, peuvent réduire les factures !
Les festivités et les loisirs comme les sorties, les vacances, les activités extrascolaires et les jouets (ou, plus tard, les équipements numériques tels que smartphone, tablette, ordinateur…) sont les premiers à pâtir d'une restriction budgétaire. Pour ces derniers, les vide-greniers et autres ventes d'occasion vous aideront à faire plaisir à votre enfant sans vous ruiner. Pensez aussi aux médiathèques : la plupart possèdent un rayon ludothèque dans lequel on peut emprunter des jeux de société et des jeux vidéo, compris dans l'abonnement annuel classique.
Côté loisirs et festivités, des solutions alternatives ne coûtent rien ou presque et peuvent compenser l'inévitable frustration. Une sortie au parc ou une balade à la campagne en famille peut être aussi agréable qu'une coûteuse séance de cinéma. Ces idées conviennent aussi pour fêter un anniversaire. Un lieu gratuit, les camarades les plus proches, un bon goûter et un cadeau fait main suffisent à rendre cette journée mémorable tant que la bonne humeur est au rendez-vous. Valorisez le plaisir partagé plutôt que le coût.
Si vous ne pouvez pas intégrer les activités extrascolaires (sport, cours de musique…) à votre budget, proposez des alternatives plaisantes qui compensent, conseille Rachael Sharman, chercheuse en psychologie spécialiste du développement de l'enfant à l'Université de la Sunshine Coast (Australie). Par exemple, "s’ils ne peuvent pas pratiquer leur sport habituel cette saison, vous irez au parc local chaque semaine pour taper dans un ballon et faire un pique-nique à la place".
Dans tous les cas, votre refus peut déclencher de la déception et de la frustration. Sans céder, écoutez votre enfant les exprimer et réexpliquez qu'actuellement, vous ne pouvez pas faire autrement. Cela évitera de les transformer en incompréhension de sa part et en culpabilité de votre côté.
Apprendre à composer avec un budget limité et à différer ses dépenses plaisirs fait partie de l'éducation financière. C'est même indispensable pour comprendre que l'argent est le fruit du travail et qu'il se mérite. Si votre enfant vous demande un achat hors de vos moyens ou que vous considérez comme une dépense inutile, vous pouvez par exemple lui dire de le mettre sur sa liste pour son anniversaire ou pour Noël. D'ici là, il pourra toujours changer d'avis. Vous pouvez aussi lui montrer, chiffres à l'appui, qu'avec la somme, il pourrait avoir autre chose de plus utile. Cela lui permet d'explorer les notions de désir et de besoin. Il peut ainsi apprendre que "doser habilement dépenses et épargne permet une plus grande autonomie que la liberté éphémère du tout, tout de suite", explique Marie-Claude François-Laugier, psychologue clinicienne spécialiste du rapport à l'argent et auteure de L’argent dans le couple et la famille, à La Croix.
Les adolescents, eux, peuvent "apprendre à faire avec un peu moins ou autrement, en les responsabilisant", rappelle la psychologue à Ouest-France. Si votre ado, sensible aux effets de mode, vous demande le dernier smartphone ou une coûteuse paire de chaussures, incitez-le à "travailler" pour l'obtenir. Des tâches domestiques exceptionnelles (tondre la pelouse, repeindre le cabanon de jardin…) à la proposition de services de babysitting, petsitting ou petits travaux chez les voisins, il peut rapidement réunir la somme pour se faire plaisir sans empiéter sur le budget familial. Ce sera même gratifiant, souligne la psychologue. Rachael Sharman ajoute que ce rôle actif dans l'effort général leur "donne un sentiment de compétence et cette façon d’envisager les problèmes en équipe répond aux inquiétudes qu’ils peuvent ressentir. En d’autres termes, ils se sentiront moins impuissants." Pensez aussi à leur demander d'émettre des suggestions pour réduire les dépenses et trouver des alternatives. Ils ne s'en sentiront que plus valorisés et pourraient même avoir des idées auxquelles vous n'avez pas songé !