Les chiffres sont sidérants. 24% des familles ont été confrontées au moins une fois à une situation de cyberharcèlement, d’après l’étude de l’association E-Enfance, réalisée en 2023. Le ministère de l’Éducation nationale le définit comme un acte agressif, intentionnel perpétré par un élève ou un groupe d’élèves au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule. Si votre enfant subit du cyberharcèlement, il faut réagir au plus vite. Le point sur les étapes à suivre.
Un enfant victime de cyberharcèlement peut avoir tendance à se renfermer sur lui-même, devenir agressif ou bien se murer dans le silence. Si vous sentez que quelque chose cloche chez votre enfant, encouragez-le à vous parler de ce qui le tracasse. S’il vous avoue être victime d’intimidations et d’insultes sur Internet, prenez d’abord soin de l’écouter et de le rassurer sur le fait qu’il n’est pas responsable de ce qui lui arrive. Expliquez-lui qu’il n’est plus seul et que vous allez faire votre possible pour résoudre le problème.
Dans l’immédiat, dites-lui de ne pas répondre à ses harceleurs au risque d’envenimer la situation. Prenez le contrôle de ses réseaux sociaux pour bloquer le profil des auteurs des faits, sans oublier de conserver des preuves qui serviront lors d’un dépôt de plainte par exemple.
Selon l’article 222-33-2 du Code pénal, le cyberharcèlement est une circonstance aggravante du harcèlement moral, “lorsque les faits ont été commis par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique”. Le cyberharcèlement est un délit passible de sanction. Si la victime a moins de quinze ans, alors l’auteur encourt la peine maximale de trois ans de prison et de 45 000 € d’amende, précise le Service Public. Après avoir collecté les preuves de cyberharcèlement (captures d’écran, enregistrements vidéo ou vocaux, messages injurieux), il est essentiel de porter plainte auprès de la police. Il est possible de signaler des faits de cyberharcèlement via un service en ligne développé par la police et la gendarmerie.
Ensuite, demandez à obtenir rapidement la suppression des contenus illicites. La demande peut être faite auprès de la police, mais aussi des moteurs de recherche à qui vous pouvez exiger un déréférencement sur un site dédié. Si des vidéos, photos ou autres éléments portant atteinte à la réputation de votre enfant circulent sur Internet, vous devez également les signaler auprès des plateformes concernées (Instagram, X, Thread, Facebook…).
Enfin, si le cyberharcèlement provient d’un ou plusieurs élèves du même établissement scolaire que celui de votre enfant, vous devez également prévenir le directeur afin que des mesures soient mises en place.