Que ce soit pour faire comme les copains ou s'amuser à se faire peur tout en restant bien au chaud chez soi, de nombreux enfants et adolescents apprécient les films d'horreur. En raison de leurs scènes violentes ou effrayantes, ils peuvent néanmoins avoir des répercussions sur le développement et la santé mentale des plus jeunes.
Si certains adultes ne regardent jamais de films d'horreur, c'est bien parce qu'avoir peur ne les amuse pas. En effet, ils préféreront peut-être s'évader du quotidien en regardant des films aux histoires joyeuses ou comiques. Visionner des scènes violentes ou angoissantes peut avoir des répercussions, en particulier chez le jeune public, explique le pédopsychiatre américain Ramnarine Boodoo dans le communiqué The (Monster) Medical Minute: Is horror healthy? : « De nombreuses études ont montré qu'une exposition directe et constante, en particulier chez les jeunes, à du matériel graphique diminue l'empathie et augmente l'agressivité. Il faut donc vraiment faire attention à la quantité d'exposition à ce type de stimulus. »
Marie-France Marin, professeure en psychologie à l'Université du Québec à Montréal, préconise auprès de La Presse d'observer son enfant après le visionnage d'un film d'horreur : « Dorment-ils bien ? Sursautent-ils facilement ? Les adolescents auront peut-être plus tendance à minimiser les répercussions des films d'horreur sur eux. » Comme elle le précise, beaucoup de jeunes n'osent pas dire qu'ils ont eu peur ou qu'un opus les a traumatisés. « Mais moi, je les ai en thérapie, après. Et souvent, ils me disent qu'il est vrai qu'ils n'ont pas bien dormi après avoir regardé leur film, ou qu'ils ont eu des flash-back par la suite », confie la spécialiste.
Si les enfants peinent à dormir après avoir regardé un film d'horreur, c'est parce que la peur ressentie devant des images terrifiantes cause du stress et de l'anxiété, déclare la psychologue du sommeil Katherine Hall à Happy Beds : « Quand on emmène ce stress au lit avec soi, le cerveau ne peut pas se relaxer et déconnecter. Ceux qui souffrent d'anxiété et de traumatismes peuvent ressentir que ces peurs sont intensifiées, mais ce n'est que la réaction de combat ou de fuite du corps qui est déclenchée. »