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Quelles sont les responsabilités du parent et du beau-parent dans la famille recomposée ?

Rédigé par Coline Grasset | 20 févr. 2026 00:00:00

Quel que soit l'âge de l'enfant mineur, il est juridiquement placé sous l'autorité conjointe de ses deux parents (sauf dans les cas de retrait de l'autorité parentale par un juge). Mais dans la famille recomposée, il vit avec un de ses parents et un beau-parent à temps plein, en garde alternée ou en visite. La répartition des droits et des devoirs envers l'enfant entre les trois adultes est alors parfois difficile à établir.

Les droits et devoirs du parent dans la famille recomposée

L'article 371-1 du Code civil définit l'autorité parentale comme "l'ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant", exercés jusqu'à sa majorité ou son émancipation. Ils englobent la sécurité de l'enfant avec surveillance et protection, son éducation, sa santé, son entretien général (hébergement, nourriture, loisirs, culture…), la gestion et la responsabilité de ses biens, la protection de sa vie privée et de son image physique et numérique (Service Public. Ainsi, dans la famille recomposée, comme dans n'importe quelle structure familiale, le parent doit assurer son rôle auprès de son ou de ses enfants mineurs. En vous adaptant à l'âge de l'enfant et à ses besoins évolutifs, vous devez donc créer votre nouveau foyer en veillant à son bien-être. Au-delà de ses droits fondamentaux, cela passe par du confort (un espace bien à lui, même restreint), de l'affection, des moments de partage privilégiés, des activités, mais aussi par l'établissement des règles de vie. Au sein de la famille recomposée, elles peuvent être difficiles à définir, chaque conjoint arrivant avec son passé et son mode de vie. Toutefois, Gloria Repond, psychologue interviewée par le média suisse 24heures, insiste sur le fait que les règles doivent être les mêmes pour tous les enfants (en tenant compte de l'âge, bien sûr) si on veut mettre toutes les chances de son côté pour créer une famille recomposée harmonieuse et soudée.

Les droits et devoirs du beau-parent dans la famille recomposée

Idéalement, les deux conjoints accomplissent les droits et devoirs parentaux à part égale sur tous les enfants de la famille recomposée. Ils ont en retour le même respect de la part des enfants. Dans la réalité, ce n'est pas si simple, parce que le beau-parent n'a pas les mêmes droits que le titulaire de l'autorité parentale (parent biologique ou parent adoptif). Il n'en a même aucun, car le droit français ne le reconnaît pas en tant que figure d'autorité, explique Virginie Bertran, avocate spécialiste de la famille à Montpellier, sur son site. Il peut l'exercer uniquement en cas de délégation volontaire par au moins un des deux parents ou en cas de délégation partage. Celle-ci peut faciliter la vie de la famille recomposée en donnant des droits simples au beau-parent, par exemple aller chercher l'enfant à l'école ou l'accompagner chez un professionnel de santé. En revanche, précise la spécialiste, il ne peut pas prendre la responsabilité d'un acte médical important (opération chirurgicale) ou d'une déscolarisation. Au-delà de la question légale, le beau-parent qui veut tisser des liens affectifs avec les enfants de son conjoint doit leur laisser le temps de l'accepter sans s'imposer, en comprenant que le temps psychique de l'enfant est différent de celui des adultes, comme le rappelle Serge Mori, psychologue interviewé par Les Nichées. Il est également important de ne pas chercher à éclipser l'autre parent (l'ex) ni à le dévaloriser aux yeux de ses enfants. La loyauté naturelle des enfants envers leurs deux parents pourrait alors les placer dans une situation inconfortable et créer des tensions délétères pour l'harmonie de la famille recomposée.

Les droits et devoirs du parent hors de la famille recomposée

Dernier élément du "trio parental", l'ex-conjoint, père ou mère de l'enfant, conserve ses droits et devoirs sur sa progéniture. Il doit s'assurer du bien-être de l'enfant dans son propre foyer et dans celui de la famille recomposée dont il ne fait pas partie, que l'entente soit cordiale ou glaciale et limitée à des échanges de documents administratifs. Cependant, chacun étant libre de faire ce qu'il veut chez lui, l'ex-conjoint n'a pas le droit d'intervenir sur le choix du nouveau partenaire ou sur les règles de vie au sein du nouveau foyer, à moins que l'enfant soit maltraité et en danger. Néanmoins, le bien-être de l'enfant doit primer sur les ressentiments des adultes. La communication directe ou indirecte, ou avec un médiateur familial, peut aider chacun à exprimer son ressenti et ses craintes, à se rassurer et à établir une coparentalité séparée saine, tout en laissant la place au beau-parent. Serge Mori rappelle les risques de placer les enfants en porte-à-faux dans un conflit d'adultes : "les enfants de parents séparés sont très sensibles au conflit de loyauté et vont avoir tendance à prendre parti, sans qu’on le leur demande toujours".

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