Qui sont les acteurs clés de la lutte contre le harcèlement ?

Lorsque l’on apprend que son enfant est victime de harcèlement, c’est tout un monde qui s’écroule. Pourtant, de nombreux acteurs sont mobilisés pour lutter contre ce fléau. Que ce soit par l’établissement scolaire, des associations ou des professionnels de santé indépendants, vous pouvez trouver une aide spécialisée pour votre enfant.

Les actions mises en place par les institutions et les pouvoirs publics

Avec 800 000 à un million d’élèves victimes de harcèlement scolaire (Sénat, 2023), le gouvernement prend très au sérieux ce fléau. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Éducation multiplie les campagnes de sensibilisation à ce sujet et établit des lois visant à punir les auteurs des faits, même s’ils sont mineurs. Les sanctions seront toutefois différentes selon l’âge du responsable. De plus, les peines prévues dépendent de la gravité des conséquences du harcèlement sur la personne visée, précise le site du Service Public.

Pour prévenir ou traiter plus efficacement et rapidement les situations les plus complexes, le ministère de l’Éducation veille à ce que tous les personnels éducatifs soient formés à la lutte contre le harcèlement scolaire, conformément à l’article 5 de la loi du 2 mars 2022. Cela vaut aussi pour les professeurs stagiaires.

La place du milieu éducatif dans la lutte contre le harcèlement

Le décret n° 2023-782 du 16 août 2023 permet aux directeurs d'école et aux chefs d'établissement d'apporter une réponse appropriée à certains comportements de la part des élèves, notamment en cas de harcèlement, indique Légifrance. Concrètement, si le maintien d'un élève constitue un risque pour la santé ou la sécurité d'autres élèves, le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) peut demander au maire de procéder à la radiation de l'élève de son école, peut-on lire. Lorsque la radiation est réalisée par le maire, l’élève harceleur doit être inscrit dans une autre école et faire l’objet d’un suivi renforcé par le nouveau directeur de l’établissement, au minimum jusqu’à la fin de l’année scolaire en cours.

Si les actions proposées par l’établissement scolaire ne sont pas à la hauteur des attentes des parents, ces derniers peuvent contacter le rectorat par courrier pour demander le lancement d’une enquête administrative sur les agissements de harcèlement non traités dans l'établissement de l’enfant. La famille peut contacter la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) pour obtenir de l’aide lors de la rédaction de cette lettre. En cas de procédure disciplinaire pour harcèlement, un avocat peut être saisi pour représenter les parents face à l’école ou au rectorat.

Avec l’aide du gouvernement, le programme PHARE, mis en œuvre dans les écoles, collèges et lycées, vise à mettre en place des actions de prévention pour lutter contre le harcèlement scolaire. Comme le précise le site du Service Public, cela passe par un questionnaire anonyme que chacun des collégiens doit remplir. Au cours de l’année, les élèves assistent également à dix heures d’apprentissage consacrées à la prévention du harcèlement.

L’État se charge en parallèle de la formation de minimum cinq personnes “ressources” par établissement, sur la base du volontariat, dont le but est de mettre en œuvre le protocole de prise en charge des situations de harcèlement. Enfin, toujours dans le cadre du dispositif Phare, des élèves peuvent se présenter comme ambassadeurs. Ils sont alors formés pour repérer les situations problématiques, soutenir les étudiants victimes et alerter les adultes.

Les professionnels de santé et les associations

Le gouvernement a mis en place un service d’écoute national gratuit destiné aux victimes de harcèlement ou à leurs parents. En appelant le 3018, accessible 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures, il est possible de poser des questions de façon anonyme et confidentielle sur le harcèlement scolaire. Vous pouvez par ailleurs vous rapprocher des associations pour obtenir un suivi auprès de professeurs, de psychologues, ou encore de professionnels du droit et de l’éducation. Parmi les plus connues, E-Enfance, Les Outsiders, Parle, je t’écoute, Association Marcel ment ou bien Respect Zone. Certaines sont constituées de parents d’élèves bénévoles et d’anciennes victimes de harcèlement, tandis que d’autres sont portées par des professionnels de santé comme des psychologues ou encore des spécialistes en droit.

Si vous ne trouvez pas l’aide recherchée au sein de ces différents services – la plupart gratuits –, vous pouvez consulter un psychologue indépendant, votre médecin de famille, l’infirmière scolaire ou le thérapeute de votre choix. Les plateformes comme Psychologue.net ou Doctolib donnent notamment accès aux domaines d’expertise et au tarif de chaque spécialiste. En moyenne, une consultation coûte entre 60 et 100 euros de l’heure.

3 conseils pour choisir le meilleur accompagnement pour son enfant

Demander l’avis de son enfant

Conseil Aidodarons 1/3

Votre enfant peut avoir une idée précise de la façon dont il souhaite être accompagné. Certains préféreront en effet parler de leur situation de façon anonyme à un service d’écoute, tandis que d’autres seront plus à l’aise de parler avec une personne dans un espace dédié. Impliquez-le dans cette décision.

Chercher une association ou un psychologue à proximité de son domicile

Conseil Aidodarons 2/3

Si votre enfant désire être suivi par un professionnel de santé, de droit ou d’éducation, veillez à vous rapprocher d’une association à proximité de votre domicile. Un site dédié du gouvernement vous permet de trouver l’organisme le plus adapté à vos besoins et à votre localisation. Les plateformes Doctolib et Psychologue.net vous permettent quant à elles de sélectionner le thérapeute de votre choix.

Exiger un suivi spécial au directeur de l’établissement scolaire

Conseil Aidodarons 3/3

Un cas de harcèlement scolaire doit obligatoirement être notifié au directeur de l’établissement. Le personnel est ainsi tenu d’accompagner psychologiquement l’élève victime, mais aussi de faire en sorte que les intimidations à son encontre ne se reproduisent pas. Vous pouvez donc demander un suivi précis auprès de son école.

Journaliste depuis 10 ans, Marjorie a choisi ce métier pour assouvir sa soif de connaissances et sa passion pour l’humain. Maman d’une petite fille, elle prend soin de décrypter et de synthétiser toutes les questions qui sont chères aux parents.