Refus d'aller chez l'autre parent : comment réagir ?

"Je ne veux pas y aller !". Votre enfant refuse catégoriquement de se rendre chez l'autre parent. Ce refus peut survenir ponctuellement, à la suite d'un changement ou d'un événement (dispute, nouveau partenaire, déménagement…), ou s'installer dans la durée. Quelle qu'en soit la fréquence, il mérite d'être entendu.

Tiraillé(e) entre la volonté d'écouter la voix de votre enfant et l'obligation légale de faire respecter un jugement, il n'est pas toujours facile de savoir comment réagir. En l'absence de violences intrafamiliales ou de tout danger pour l'enfant, voici les conseils d'Aidodarons pour apaiser la situation.

Valider ses émotions et chercher la raison

Accueillir l'émotion de votre enfant est essentiel. C'est ce que recommande le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste, sur les ondes de Radio France. Certaines phrases sont à éviter, comme "Tu exagères" ou "Tu n'as pas le choix". Ne minimisez pas son ressenti. Cherchez d’abord à comprendre ce qui motive son refus. Pour cela, privilégiez des questions ouvertes, telles que "Tu peux m'expliquer ce qui te gêne ?" ou "Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'inquiète ?".

Votre enfant peut craindre de vous laisser seul(e) si vous avez tendance à déprimer ou à vous ennuyer pendant son absence. Au-delà de la difficulté de séparation ou l’impression de devoir prendre soin de vous, votre progéniture est peut-être prise dans un conflit de loyauté : il peut avoir l’impression de vous trahir lorsqu’il passe du temps chez l’autre parent. Il a peut-être aussi peur de rater les événements importants, comme l'anniversaire d'un copain. À moins que chez l'autre parent, il trouve le temps long, mange ou dorme insuffisamment, ou n'ait pas le droit d'utiliser son téléphone. L’adolescence marque également un besoin d’autonomie.

Interrogée par Slate, Armelle Vautrot, thérapeute spécialisée en traumatisme et neuroatypie, conseille : "Il ne faut pas leur demander ce qu'ils préféreraient". Si votre jeune enfant se montre peu loquace, favorisez la parole pour comprendre les raisons de son refus à travers le jeu ou le dessin. Invitez-le, par exemple, à dessiner sa journée chez chacun de ses parents ou à rejouer les changements de maison avec des figurines.

Trouver des solutions tous ensemble

Si votre enfant a peur de vous laisser seul(e) ou qu’il a l’impression de vous être déloyal, le docteur Kierzek vous conseille de lui dire : "Je sais que c'est dur de me quitter, mais tu vas t'amuser et on s'appellera". Le maintien du lien à distance peut s'effectuer via de courts appels vidéo, sans forcer le contact si votre enfant n'a pas envie. De votre côté, trouvez des occupations et faites-lui part de vos projets afin qu'il ne s'inquiète pas pour vous.

Avec l'accord de votre fille ou de votre garçon, parlez-en à l'autre parent, afin de trouver ensemble une solution dans son intérêt. Les enfants ont aussi leur mot à dire. "Il faut les rendre acteurs de ce changement, pour qu'ils ne subissent pas la situation", estime Armelle Vautrot. Par exemple, vous pouvez associer votre enfant à l'organisation de sa nouvelle chambre ou à l'élaboration du planning.

Même si la décision de la justice ne va pas dans ce sens, si l'autre parent est d'accord, vous pouvez revoir la temporalité, toujours en préservant l'équilibre de votre enfant. Il peut "dormir chez l'autre parent seulement de temps en temps", conseille la spécialiste. Toujours avec l'accord du père et de la mère, les ados peuvent "fabriquer leur propre alternance". Pour Armelle Vautrot, il est essentiel de sortir du cadre "et adapter la décision des adultes aux enfants".

Nos trois conseils

Consulter un professionnel

Conseil Aidodarons 1/3

En cas de forte anxiété ou de signes de mal-être (cauchemars, douleurs, régression…) avant chaque changement de domicile, il est utile de consulter un pédopsychiatre.

Adopter la bonne attitude

Conseil Aidodarons 2/3

Le refus de votre enfant ne signifie pas qu'il n'aime plus l'autre parent. Aidez-le à maintenir un lien avec chacun de vous, sans le placer dans un conflit de loyauté.

Signaler les négligences

Conseil Aidodarons 3/3

Si votre enfant décrit des négligences répétées (absence de soins, alimentation insuffisante, défaut de surveillance, etc.), contactez la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). Celle-ci concerne les situations préoccupantes. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.

 

Émilie Cartier est rédactrice depuis plus de sept ans. Elle crée des articles pour divers médias comme TF1 ou Maison à part. Spécialiste de la décoration intérieure, elle écrit également sur la parentalité, notamment pour Aidodarons, mais aussi sur la psychologie, le bien-être et les nouvelles tendances.