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Scarifications et idées noires : comment les repérer chez votre enfant

Rédigé par Émilie Cartier | 3 août 2026, 09:50:04

Vous êtes terrifié(e) à l'idée que votre enfant puisse se faire volontairement du mal ? Les scarifications sont souvent l'expression d'un mal-être. Plus courantes au milieu de l’adolescence, elles peuvent apparaître dès l’entrée au collège. Selon un rapport de la Drees publié en 2025, 82.000 personnes âgées de 10 ans et plus ont été hospitalisées au moins une fois en 2024 pour un geste auto-infligé (tentative de suicide ou automutilation). 64 % de ses personnes étaient de sexe féminin.

Pratiquées en cachette, les scarifications peuvent être difficiles à repérer pour les parents.Toutefois, certains signes physiques ou émotionnels peuvent vous mettre sur la piste. Les idées noires, qu'elles s'accompagnent ou non d'automutilations, doivent également être prises au sérieux. Voici comment identifier ces signaux afin de mieux comprendre ce que traverse votre enfant et lui proposer une aide adaptée.

Ne pas minimiser ses idées noires

Si votre enfant évoque souvent la mort, dit que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue, qu'il se sent inutile ou qu'il n'a plus d'avenir, ne considérez jamais ces propos comme une simple crise d'adolescence. Les idées noires doivent toujours être prises au sérieux, qu'elles soient ou non associées à des scarifications.

N'hésitez pas à lui demander avec bienveillance comment il se sent et s'il a déjà pensé à se faire du mal. Si votre enfant communique peu, observez son comportement. Un arrêt soudain des activités qui le rendaient heureux, comme faire du sport ou passer du temps avec ses amis, doit vous alerter. Dans les colonnes de Femme Actuelle, la docteure Marie-Rose Moro, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent, explique qu'il s'agit d'une urgence vitale. Votre enfant doit être impérativement suivi par un psychologue ou un psychiatre. En cas d'idées suicidaires, allez directement aux urgences les plus proches.

Entendre son appel à l'aide et y répondre

Pratiquées par l'individu lui-même avec des objets coupants, les scarifications n'ont pas d'intention suicidaire. Toutefois, ces incisions cutanées superficielles doivent être prises au sérieux.

Catherine Rioult et Vanessa Germain, toutes deux psychologues et auteures d'ouvrages sur le sujet, les considèrent comme un moyen d'exprimer ses émotions et d'appeler à l'aide en cas de détresse (harcèlement scolaire, violence intrafamiliale, conflit avec un proche…). Sur le site de la Fondation Jeunes en tête, Vanessa Germain explique aussi que cela peut être une manière de se punir, notamment lorsque l'on éprouve un sentiment de culpabilité ou de honte (difficultés scolaires, conflit avec un proche…), ou de reprendre le contrôle sur une situation. Lorsqu'un adolescent a le sentiment que tout lui échappe, il peut avoir l'impression que se faire du mal lui permet de retrouver, même brièvement, un sentiment de maîtrise.

Si votre enfant s'isole dans sa chambre ou dans la salle de bains, se montre d'humeurs changeantes, se dévalorise ou est très anxieux, dialoguez avec lui. Vanessa Germain préconise une "communication constructive, empathique et douce pour favoriser la confiance et les confidences et pouvoir ainsi lui offrir des soins". Aidez-le à identifier les raisons pour lesquelles il se mutile. Laissez-le venir à son propre rythme, en lui rappelant que vous êtes là, que vous l'aimez et que vous vous inquiétez pour lui.

Les signes physiques qui ne trompent pas

Soyez vigilant si votre ado se met à porter des vêtements amples et couvrants, y compris en plein été. Pour cacher ses scarifications, il peut aussi renoncer à certaines activités comme la piscine, qui l'obligent à dévoiler son corps. Des traces de sang sur ses draps ou ses vêtements doivent vous alerter.

S'il prétexte souvent des accidents, rendez-vous dans sa chambre. L'idée n'est pas de fouiller son intimité mais de découvrir des objets tranchants avec lesquels il pourrait se mutiler. La présence d'une lame de rasoir, d'un cutter ou d'un éclat de verre dans sa chambre, avec ou sans traces de sang, n'a rien d'anodin. Vanessa Germain conseille aux parents de ne pas éloigner ces objets "car il ou elle en trouvera d'autres ou pourra se diriger vers des solutions plus dangereuses encore".

Mais alors, que faire pour l'empêcher de se blesser ? Lorsque votre enfant montre des signes d'agressivité, détournez son attention en lui proposant des activités ludiques (écouter de la musique, danser, faire du sport, regarder une série…) ou trouvez un moyen de faire baisser la pression. Donner des coups de poing dans un coussin ou taper dans un punching-ball peut lui permettre de reporter ailleurs sa colère. Sur le site Bayard Jeunesse, Catherine Rioult, conseille également d'écrire dans un carnet. Cela "peut apporter un grand soulagement, car c'est une manière de prendre du recul". Dans tous les cas, prenez rendez-vous sans attendre avec un professionnel de la santé mentale.

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