Vous avez réservé une location pour cet été, afin de profiter des vacances tous ensemble. Vous étiez enthousiaste à l'idée de partager cette bonne nouvelle en famille, mais l'attitude de votre ado vous a peut-être refroidi. Cette année, il ne semble pas du tout emballé à l'idée de partager une semaine complète avec ses parents et sa petite sœur. Il refuse même de partir, préférant rester avec ses amis.
Ce désaveu est-il normal à l'adolescence ? Et comment le motiver pour que votre séjour se déroule dans de bonnes conditions ? Découvrez nos astuces pour que votre enfant retrouve l'envie de partir avec vous.
Passer quelques jours loin de la maison permet de nourrir le lien familial. Dans une vidéo YouTube, Noémie de Saint-Sernin, coach parentale, conférencière et auteure de plusieurs ouvrages, conseille aux parents de ne surtout pas exclure ces moments privilégiés.
Pour autant, il est normal que votre ado rechigne à passer du bon temps en votre compagnie. D'abord, il y a la peur de s'ennuyer, tout à fait légitime, en raison du "décalage entre ses désirs, ses centres d'intérêt et les vôtres", explique la spécialiste. Vous avez peut-être prévu de randonner ou de visiter les châteaux de la Loire, pendant que votre enfant rêve de sensations fortes.
Certains jeunes préfèrent aussi rester à la maison pour voir leurs amis et ne pas manquer les fêtes organisées pendant leur absence. Pour Geneviève Beaulieu-Pelletier, il ne faut pas se formaliser. Dans La Presse, elle estime "tout à fait normal que les amis prennent de plus en plus de place. Cela aide au développement de leur identité".
Les récalcitrants peuvent également craindre un emploi du temps millimétré, avec un programme imposé. Selon Noémie de Saint-Sernin, se retrouver "dans la même gestion du quotidien que le restant de l'année" n'a rien de stimulant, surtout si les grasses matinées sont exclues. De manière générale, l'adolescence marque un tournant. "La relation va évoluer, oui, il se peut que ce soit le dernier été, ou l'avant-dernier", souligne Geneviève Beaulieu-Pelletier. Elle invite d'ailleurs les parents à faire leur deuil afin de ne pas priver le jeune de son autonomie.
Bien communiquer avec votre progéniture est essentiel. Au lieu de lui dire “On part là !”, essayez “On part cet été. Tu as envie de quoi : du sport ? du calme ? de voir du monde ?”. L’inclure permet de le motiver.
Dans Ouest-France, Evelyne Aguilera-Aymard, docteure en pharmacie et co-auteure de J'accompagne mon enfant. Mon ado, plébiscite les vacances qui plaisent à tous. Elles doivent "se baser sur un accord, des décisions prises ensemble".
Anne-Claire de Pracomtal, psychologue et fondatrice de IAMSTRONG, conseille sur son site dédié aux adolescents d'échanger sur la destination. Encouragez votre enfant à se renseigner sur le lieu où il souhaite poser ses valises, et à argumenter. Si vous avez l'habitude de partir toujours au même endroit, offrez-lui le choix des activités "qui vont stimuler sa curiosité".
"Dans le mouvement, ils ne s'ennuient pas", rappelle Evelyne Aguilera-Aymard. Nuit en bivouac, parapente, location de canoës, parc d'aventures façon Koh Lanta… autant d'activités qui peuvent leur plaire. Une fois sur place, vous pouvez aller plus loin en proposant à votre enfant d'organiser le programme du lendemain. "Les ados ont soif de confiance et de reconnaissance", estime la spécialiste.
Souplesse et flexibilité sont les maîtres-mots de vacances réussies avec des jeunes. Plus vous imposez les vacances, moins votre ado aura envie d’y être. Anne-Claire de Pracomtal recommande de lâcher prise. Si votre enfant n'a pas envie de visiter la grotte prévue au programme, tant pis.
Ne pas être constamment sur son dos est essentiel pour qu'il apprécie son séjour. Cela vous permet de planifier des escapades en couple, pendant que votre ado vaque à ses occupations en toute sécurité, seul ou avec un ami invité.
Vous pouvez aussi lui permettre de dormir davantage, en allégeant l'agenda et en autorisant, par exemple, une grasse matinée pendant les vacances. Ne lui supprimez pas les écrans mais posez simplement un cadre (ex. : pas de téléphone pendant les repas et les visites).