Éducation à la sexualité : quelle place à la maison et à l'école ?
Parler de sexualité en famille reste difficile, surtout lorsque l'on a soi-même grandi dans une culture du silence. La sexualité demeure un sujet sensible, tant pour les parents que pour les jeunes. Selon une enquête menée en avril 2023 par Terpan Prévention auprès de 966 adolescents âgés de 13 à 20 ans, 44% d'entre eux n'ont jamais abordé ce thème avec leurs parents ou un membre de leur famille.
Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.
Ceux qui en ont discuté avec leur entourage se sont souvent limités à des aspects pratiques, comme la contraception, en négligeant des notions essentielles comme le consentement. Pourtant, l'éducation à la sexualité est indispensable et doit être construite conjointement à la maison et à l'école. Quelle place lui donner au sein des familles et dans les établissements scolaires ?
Un sujet comme un autre à la maison
À défaut de trouver des réponses à leurs questions à l'école ou à la maison, la plupart des adolescents se tournent vers le numérique. 56 % des répondants utilisent essentiellement internet et les réseaux sociaux pour s'informer en matière de sexualité, révèle l'enquête Terpan Prévention. Pour éviter que votre enfant ne prenne la pornographie pour référence, il est préférable d'encourager le dialogue à la maison.
Dans le média Les adultes de demain, Quitterie Chadefaux, spécialiste de l'école à la vie affective et sexuelle, appelle les parents à normaliser le sujet de la sexualité afin que l'enfant se sente à l'aise pour poser toutes ses questions. Ne forcez pas la discussion en étant intrusif ou en évoquant votre propre sexualité. Gardez la porte ouverte à la discussion. Dans ELLE, Sophie Marinopoulos, psychanalyste et co-auteure du rapport "Et si on parlait de sexe à nos ados ?", précise : "La discussion sur ce sujet doit arriver au cours d'un dialogue assez banal". Pour ne pas provoquer un rejet chez votre enfant, n'évoquez pas le sujet de manière récurrente.
Dans l'émission "La Maison des Maternelles", la formatrice en santé sexuelle Charline Vermont, auteure de Corps, amour, sexualité et auteure du compte Instagram Orgasme et moi, prône une éducation sexuelle positive et invite les parents à en faire un sujet comme les autres au sein de la famille. Profitez de moments informels (en marchant, en voiture…) et utilisez des faits divers comme prétextes pour aborder des questions essentielles, telles que le respect du corps.
Éducation à la sexualité : le rôle de l'école
En complément des parents, l'école a aussi un rôle à jouer. Pour Quitterie Chadefaux, les établissements scolaires doivent participer activement sans en porter toute la responsabilité. Pour elle, l'école peut compenser les lacunes de la famille en offrant à l'enfant une information objective et structurée. Comme l'explique Yaëlle Amsellem-Mainguy, sociologue et chargée d'études et de recherche à l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (Injep), sur France Culture, l'école ne "vient pas concurrencer ce qui peut être dit à la maison". Elle offre un vocabulaire scientifique et adapté. Par exemple, les parties génitales seront nommées "pénis" ou "vulve", tandis qu'à la maison, chaque famille utilisera ses propres termes comme "zizi" ou "foufoune".
Selon l'enquête de Terpan Prévention, 81% des jeunes ont reçu des cours d'éducation sexuelle à l'école, mais seulement 41% estiment en tirer une meilleure compréhension du sujet. Mis en place depuis la rentrée scolaire 2025, le programme EVARS vise à offrir une information plus complète aux élèves de la maternelle au lycée, tout en contribuant à la prévention des violences.
Yaëlle Amsellem-Mainguy explique que les trois séances annuelles prévues au programme n'ont pas vocation à "transmettre des valeurs mais des connaissances scientifiques, pour répondre aux questionnements des élèves" du type "Qu'est-ce qui est interdit ?", "Qu'est-ce qui est permis ?", "Quels sont les différents moyens de contraceptions ?". L'idée est d'aborder différents sujets en fonction de l'âge des élèves, comme la puberté, le consentement ou les stéréotypes de genre. Il n'est pas question de parler de positions sexuelles.
Nos trois conseils
Accueillir les questions
Conseil Aidodarons 1/3
Quitterie Chadefaux et Charline Vermont vous conseillent de remercier votre enfant pour sa question. C'est une façon efficace d'instaurer un climat de confiance et d'encourager le dialogue.
Accepter de ne pas tout savoir
Conseil Aidodarons 2/3
Il est important de reconnaître vos propres limites. Si vous ne savez pas comment répondre à la question de votre enfant, cherchez ensemble l'information.
Se former
Conseil Aidodarons 3/3
Des comptes comme celui de Tessy Vanderhaeghe, éducatrice en sexualité certifiée, proposent des contenus adaptés pour apprendre à parler de sexualité.
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