Mon enfant pleure avant l'école : comment décoder ses larmes ?

C'est devenu une habitude. Chaque matin, au moment de partir pour l'école, votre enfant pleure. Mais que se cache-t-il réellement derrière ces larmes ? Avant de chercher une solution, il est essentiel de comprendre ce qui déclenche cette situation. Voici les conseils d'Aidodarons pour identifier ce qui se joue vraiment et trouver une réponse adaptée.

Ne pas avoir peur de ses pleurs !

Face aux pleurs répétés de votre enfant, vous pouvez vous sentir démuni(e) et avoir le réflexe de minimiser, de détourner son attention ou de vouloir le rassurer à tout prix. Sur son compte Instagram, Martine Darnat-Wambèke, psychologue clinicienne spécialisée dans la parentalité, prend le contre-pied : "Arrêtons d'avoir peur des pleurs". À la place, faites preuve d'empathie et validez les émotions de votre progéniture, en lui disant, par exemple "Je te comprends, ça fait beaucoup, c'est énormément d'émotions".

Chroniqueuse dans l'émission La Maison des Maternelles, Marie Perarnau abonde : "Peu importe la raison, il faut essayer d'être au maximum dans l'empathie et de comprendre la situation", notamment si les pleurs s'accompagnent de symptômes physiques, comme des maux de ventre ou des vomissements. Votre enfant peut pleurer le matin à l'idée d'aller à l'école pour de multiples raisons : anxiété de séparation, ennui, difficultés scolaires, peur de l'échec, mésentente avec un camarade ou un professeur, harcèlement scolaire

Être attentif au moment précis

Votre enfant peut vous exprimer ce qui l'inquiète lorsque vous lui demandez pourquoi il pleure, ou au contraire, refuser la communication. Dans ce dernier cas de figure, il est important de mener l'enquête. Soyez attentif au moment précis où les pleurs surviennent. Comme l'explique l'Académie américaine de pédiatrie, un enfant qui souffre d'anxiété de séparation présente des absences fréquentes le lundi, après les vacances ou les longs week-ends.

Si votre enfant pleure le matin puis consulte fréquemment l'infirmerie ou part de l'école juste avant la cantine ou le cours de sport, il peut éviter une situation (par exemple, du harcèlement pendant la pause déjeuner ou dans les vestiaires). Des larmes avant un contrôle peuvent être révélatrices d'une peur de l'échec.

Observez également ce qui change les jours où ça va mieux afin de faire émerger des hypothèses. Les pleurs peuvent disparaître certains matins lorsque votre enfant n'a pas d'activité redoutée dans la journée, par exemple.

Communiquer avec l'école

L'anxiété de la rentrée, notamment en CP ou en 6e, peut entraîner quelques larmes le matin. Le plus souvent, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Mais si la situation persiste au-delà d'une semaine après la rentrée, mieux vaut communiquer avec l'établissement scolaire. C'est ce que conseille Marie Perarnau. Elle invite les parents à prendre rendez-vous avec le maître ou la maîtresse, ou le conseiller principal d'éducation si l'enfant est au collège.

Caroline Jambon, ancienne enseignante et auteure de plusieurs ouvrages sur la parentalité, explique sur son site Apprendre à éduquer, qu'il est judicieux de parler des émotions de votre enfant lors du rendez-vous. Par exemple, dites : "Ma fille a mal au ventre à l'idée de venir à l'école". Évitez les récriminations. Le professeur ou le CPE peut vous aiguiller, peut-être a-t-il observé certaines attitudes, comme un repli lors des récréations.

En fonction de l'origine des pleurs, la situation peut se résoudre rapidement ou non. Par exemple, des petites astuces comme la ritualisation du départ, en effectuant toujours les mêmes gestes, peuvent calmer l'anxiété des plus jeunes. Si l'enseignant mentionne d'autres comportements comme un évitement des situations sociales, il est préférable de prendre rendez-vous avec un psychologue. Caroline Jambon explique sur son site Apprendre à éduquer, que le rejet de l'école peut être le "symptôme de troubles d'un autre ordre : troubles anxieux, stress post-traumatique, trouble neurodéveloppemental non encore diagnostiqué (TSA, TDA…)".

Nos trois conseils

Vérifier les besoins de base

Conseil Aidodarons 1/3

Un manque de sommeil, un petit-déjeuner insuffisant ou une matinée trop précipitée peuvent amplifier les émotions. Avant de chercher une cause complexe, vérifiez que votre enfant dort suffisamment, mange correctement et dispose de suffisamment de temps pour se préparer sans stress.

Promettre de chouettes retrouvailles

Conseil Aidodarons 2/3

Marine Darnat-Wambèke conseille aux parents d'offrir une perspective aux enfants. Dire à votre enfant "Je sais qu'on se retrouve ce soir à telle heure (…), on pourra manger une glace, goûter dans le jardin ou faire un repas crêpe" peut le motiver à aller à l'école.

Valoriser le passage à l'action

Conseil Aidodarons 3/3

Lorsque votre enfant parvient à aller à l'école malgré ses larmes, valorisez ses efforts. Inutile de lui offrir une récompense : soulignez plutôt sa capacité à affronter ce qui lui faisait peur.

 

Émilie Cartier est rédactrice depuis plus de sept ans. Elle crée des articles pour divers médias comme TF1 ou Maison à part. Spécialiste de la décoration intérieure, elle écrit également sur la parentalité, notamment pour Aidodarons, mais aussi sur la psychologie, le bien-être et les nouvelles tendances.