"Tu n'es pas ma mère/mon père !". Cette phrase, vous l'avez peut-être déjà entendue à la maison, après une dispute avec l'ado de votre conjoint(e).
Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.
Bien que les familles recomposées représentaient 10% des foyers en 2023 selon l'Insee, il reste difficile de trouver sa place en tant que beau-parent. C'est encore plus vrai lorsque l'enfant de votre partenaire traverse l'adolescence. Voici nos conseils pour prendre votre place au sein de votre famille recomposée.
"À l'adolescence, il y a une sorte de défiance de l'autorité (…)", prévient Mickaël Guetta, pédopsychiatre et thérapeute familial, dans l'émission "La Maison des maternelles". Cela se traduit notamment par une "forme d'agressivité".
Pour y faire face, ce spécialiste recommande aux adultes de "proposer un modèle d'éducation cohérent". L'idée est de rester soudés et de ne pas se disputer devant les enfants, notamment à propos des règles à la maison. Parlez-en ensemble pour adopter une ligne claire. Pour se mettre d'accord, n'hésitez pas à faire des compromis. Par exemple, vous pouvez accepter que votre beau-fils ou votre belle-fille utilise son téléphone après 20 heures, même si cela va à l'encontre de vos principes éducatifs, afin de ne pas perturber ses habitudes.
L'autre parent doit vous soutenir. Dans son ouvrage Belle-mère, beau-père, trouver sa place, la psychologue clinicienne Ivy Daure souligne : "Le parent est un ambassadeur de l'autre conjoint". Cela implique qu'il vous soutienne lorsque son fils ou sa fille conteste votre décision ou tente de vous mettre en rivalité avec lui.
Concrètement, discutez avec votre conjoint(e) de la place que vous souhaitez prendre auprès de son ado. Demandez-lui son avis sur les comportements à adopter et la position à tenir. Faire preuve de clarté dès le départ et savoir ce que son partenaire attend de vous permet d'éviter des situations conflictuelles.
Interrogée par 20 Minutes, Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne et auteure de Et la famille recomposée ? Pas facile, mais possible ! rejoint ce point de vue. Pour elle, le dialogue reste la clé : "Il faut bien en parler en amont entre adultes (de la place du beau-parent, ndlr). Ensuite, on peut mettre les choses à plat : il n'y a aucune obligation d'amour, mais une obligation de respect, puisqu'on vit sous le même toit".
Comme l'explique Marianne Bauchart-Chaseray, médiatrice familiale et directrice d'un service de médiateurs, dans le magazine spécialisé Les Nichées, les adolescents ont tendance à rejeter la nouvelle configuration familiale car "cela vient perturber cette relation parfois très fusionnelle (avec le parent, ndlr)". Le beau-parent est alors perçu comme un "'obstacle' dans l'intimité de l'ado avec son parent".
Partant de ce constat, les spécialistes recommandent de faire profil bas. Pour Ivy Daure, vouloir imposer son autorité risque de nuire à la relation. La responsabilité éducative incombe aux parents biologiques, et non aux beaux-parents. Au lieu de vous imposer par le contrôle, mieux vaut devenir une figure de référence en bâtissant une relation de confiance. Votre rôle est de partager de bons moments avec votre beau-fils ou belle-fille, tout en restant un repère bienveillant et stable.
Selon cette spécialiste, il est important de ne pas empiéter sur le rôle des parents biologiques, mais d'être une ressource en cas de besoin. Par exemple, ne prenez pas la place de la mère ou du père en répondant à toutes ses questions autour de la puberté. Dites-lui simplement que vous restez disponible pour échanger s'il/elle en a envie.
À lire aussi
Tout le dossier Puberté : 20 articles →