Pourquoi mon ado a-t-il des sautes d'humeur et comment réagir ?
L'entrée dans l'adolescence apporte son lot de bouleversements physiques et psychologiques. Parmi eux, les sautes d'humeur. Le jeune adolescent peut passer du rire aux larmes ou à la colère en une fraction de seconde.
Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.
Si elles font partie du développement normal, elles peuvent être difficiles à suivre et à gérer pour les parents. Voici nos conseils pour faire face à ces humeurs changeantes et accompagner au mieux votre ado dans ce passage de l'enfance à l'âge adulte.
Gérer les tensions du quotidien sans s'épuiser
Entre l'envie d'être présent pour votre ado et la fatigue du quotidien, les sautes d'humeur peuvent rapidement mettre vos nerfs à rude épreuve. Gardez en tête qu'à l'adolescence, le cerveau émotionnel est en pleine construction, voire en pilotage automatique, afin de ne pas prendre ses réactions explosives et inattendues comme une attaque personnelle. Pour limiter l'escalade et maintenir une bonne ambiance quotidienne à la maison, vous devez adopter quelques réflexes. Tâchez d'abord de rester calme quand le ton monte, conseille Anne-Claire Kleindienst, psychologue et psychothérapeute, à Psychologie, et n'hésitez pas à prendre du recul avec un "on en reparle dans 10 minutes". Avant d'accompagner les émotions de votre adolescent, assurez-vous de recharger vos propres batteries en vous accordant une pause de quelques minutes, car un parent épuisé sature plus vite. Parce que chaque point de friction peut devenir un sujet d'affrontement, choisissez vos batailles, les sujets sur lesquels vous ne voulez pas transiger, comme la politesse, le respect des horaires, l'hygiène… Et acceptez de lâcher un peu de lest sur le reste pour ne pas vous épuiser dans un conflit permanent. Enfin, veillez à maintenir des routines sécurisantes et un cadre stable. Vous limiterez ainsi les causes de conflits et les déclencheurs de sautes d'humeur classiques, tels que le repas en famille et le coucher sans écran.
Que faire en pleine crise émotionnelle ?
Quand l'orage éclate, l'objectif n'est pas de gagner la confrontation, mais d'éviter que la situation ne dérape. Face à un ado qui claque une porte, répond sèchement ou s'emporte, votre calme reste votre meilleur atout. Il aide son cerveau à redescendre en pression. Nommer ce que vous observez sans minimiser ni juger son ressenti peut déjà apaiser : "je vois que tu es très en colère". Vous ouvrez ainsi la porte à la discussion et à la recherche d'une remédiation. "Montrez que vous vous intéressez à ce qu'il dit ou ressent, cela limitera l'escalade émotionnelle", conseille le Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre-réanimateur et auteur de Votre Ado : le décrypter, le motiver, l'aider à s'accomplir, cité par Le Journal des Femmes. Dans tous les cas, évitez les phrases qui blessent ou humilient ("tu dramatises pour rien", "tu me fais honte"), car, au contraire, elles coupent la communication et allongent la crise. Faites aussi l'impasse sur les formules creuses sans développement comme "moi aussi, j'ai été ado". Le spécialiste explique qu'elles pourraient "le déposséder de ce qu'il vit" et aller à l'encontre de sa recherche d'individualité.
Lorsque le combat paraît perdu d'avance, il ne faut pas hésiter à proposer un temps de pause, souvent plus efficace qu'un débat brûlant : "on fait une pause et on en reparle plus tard, d'accord ?". Si la discussion doit être reportée, fixez un moment précis pour rassurer votre ado. Pour lui, l'évitement total est aussi déstabilisant que la confrontation, car n'oubliez pas qu'il est "partagé entre le désir d'une plus grande autonomie, et la crainte de ne plus être protégé par ses parents", rappelle l'Assurance Maladie.
Comment aider son ado à mieux gérer ses émotions (hors crise) ?
Profitez des phases sereines pour aider votre adolescent à mieux comprendre et exprimer ce qu'il ressent. Même s'il paraît le rejeter, votre soutien lui est indispensable. Si vous sentez qu'il est rétif à la discussion à cœur ouvert, ne forcez pas les choses, mais proposez-lui d'autres façons de communiquer son état émotionnel. L'affichage d'une "météo intérieure" (soleil, nuage, orage), une échelle de 1 à 5 ou quelques émojis à choisir en rentrant du collège sont des outils simples à mettre en œuvre. Arnault Pfersdorff recommande aussi de l'aider à identifier ce qui l'apaise vraiment : écouter de la musique, prendre une douche chaude, sortir marcher, faire du sport, écrire dans un carnet, dessiner, jouer avec l'animal de la famille… Identifier ses soupapes de sécurité quand tout va bien permet de s'y appuyer quand ça déborde. Pensez également à valoriser les progrès, même minuscules, que vous observez. Un "j'ai vu que tu as réussi à te calmer plus vite que d'habitude" nourrit sa confiance et renforce vos liens. Vous pouvez aussi les "récompenser", avec une activité à faire ensemble plutôt qu'un cadeau matériel. Ce sera une bonne occasion de "l'inciter à baisser la garde", à se confier et de "vous rapprocher de lui en douceur", conseille Elisabeth Spertino, psychothérapeute, dans les colonnes de Femina.
3 conseils complémentaires pour supporter les sautes d'humeur de l'adolescent
- Vous confier pour inciter la confidence : en évitant les tournures creuses, dévoilez une difficulté de votre adolescence afin qu'il puisse s'identifier et voir en vous l'ado que vous avez été avant l'adulte parent.
- Instaurer un "sas de décompression" après l'école : évitez de poser trop de questions dès qu'il rentre. Laissez 20 à 30 minutes de transition (goûter, musique, douche, solitude choisie…) avant de parler de la journée.
- Se faire aider : si le climat devient trop tendu à la maison, appuyez-vous sur un professionnel de santé comme votre médecin traitant, un pédopsychologue ou un thérapeute familial.
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