Comment inciter mon enfant à faire du sport en dehors de l'école ?

Votre enfant ne veut pas suivre d'activité sportive en dehors de l'école ou souhaite abandonner celle(s) qu'il vient de commencer ? Ce rejet du sport peut être déstabilisant pour vous, parents, qui avez investi du temps et de l'argent dans ces activités. Faut-il pour autant le forcer à poursuivre ? Ou trouver des alternatives ? Aidodarons fait le point.

Pourquoi mon enfant ne veut-il pas faire de sport ?

Avant d'essayer de trouver une solution, il faut comprendre l'origine du blocage. Si votre enfant ou adolescent rechigne à se rendre à son cours de sport, le manque d'engouement pour l'activité peut cacher un mal-être profond, explique Naître et Grandir. En effet, certains enfants peuvent se sentir mal à l'aise avec l'esprit de compétition et ressentir "de l’angoisse devant la performance qu’on attend" d'eux. Ils peuvent aussi se penser incompétents et se dévaloriser, avec une baisse de confiance et d'estime de soi à la clé. Autre possibilité, le niveau peut être inadapté à ses capacités physiques : on lui en demande trop ou pas assez. Son emploi du temps est-il trop chargé ? Avec l'envie de bien faire, certains parents n'hésitent pas à transformer la semaine de leur enfant en emploi du temps de ministre en multipliant les activités sans lui laisser le temps de souffler. Et s'il ne veut pas faire l'activité avant même d'avoir essayé, c'est peut-être parce qu'elle ne lui plaît pas simplement, qu'il a envie de faire autre chose ou même de ne rien faire. Avez-vous projeté sur lui vos propres envies sportives, accomplies ou non, sans lui demander son avis ? Dans tous les cas, mieux vaut ne pas insister ni forcer l'enfant, selon Mélanie Bilodeau, psychoéducatrice et chroniqueuse radio. Vous risqueriez d'aggraver son rejet du sport et d'autres activités extrascolaires.

Comment trouver la bonne activité sportive pour mon enfant ?

Ce n'est pas parce que votre enfant n'a pas encore trouvé LA bonne activité extrascolaire qu'il faut renoncer. Commencez par l'interroger sur ses envies. Aimerait-il essayer une activité en particulier ? Sinon, tenez compte de son tempérament et de ses centres d'intérêt pour lui proposer plusieurs solutions de sport collectif (football, basketball, handball…), en binôme (sports de raquette, escalade…) ou individuel (natation, athlétisme, tir à l'arc, VTT…). Dans une interview accordée à Madame Figaro, Claire Leconte, professeure émérite de psychologie de l'éducation, recommande toutefois "d'éviter d'orienter l'enfant vers ce qu'il connaît déjà". Le but est de découvrir et, plus tard éventuellement, d'en faire une passion et d'aller en compétition. Misez avant tout sur les activités ludiques pour que le plaisir prenne le dessus sur la contrainte de l'effort et du temps à y consacrer. Pensez également à vous renseigner sur les activités pratiquées par les camarades de votre enfant. Leur présence peut le motiver dans ses choix. Et pourquoi ne pas vous inscrire ensemble ? Même si vous ne suivez pas le même cours, partager une activité sportive en famille renforce la complicité. Les inscriptions se font généralement en début d'année scolaire, mais il n'est pas impossible de faire un essai et d'intégrer une activité en cours d'année dans les établissements et les associations qui offrent cette souplesse. Privilégiez ceux qui proposent plusieurs séances d'essai plutôt qu'une seule.

Les activités sportives hors école sont-elles indispensables ?

Les activités sportives durant l'enfance et l'adolescence sont largement recommandées par les autorités sanitaires. Elles réduisent les risques liés à la sédentarité comme le surpoids ou l'obésité ainsi que la surexposition aux écrans. Elles ont aussi l'avantage d'aiguiser la motricité, la curiosité, l'ouverture aux autres, l'entraide… Mais elles sont déjà bien assurées par l'école. Au primaire et au collège, l'enfant suit trois heures hebdomadaires d'éducation physique et sportive (quatre heures en 6ᵉ). Durant ces cours d'EPS, année après année, un large panel d'activités lui est proposé en sport collectif ou individuel. Selon vos envies et celles de l'enfant, il est possible d'ajouter des activités sportives extrascolaires. Elles sont recommandées, mais non indispensables, rappelle Claire Leconte citée par Le Point. En jouant dehors, en vous accompagnant en balade ou simplement en dansant dans le salon, votre enfant se dépense. Selon la spécialiste, deux activités extrascolaires par semaine sont largement suffisantes, toutes disciplines confondues. Trop d'activités surchargent l'emploi du temps de l'enfant (et le vôtre) et l'empêchent d'avoir des "temps d'ennui" indispensables au développement de l'imagination et de la créativité.

3 conseils complémentaires pour accompagner un enfant qui refuse le sport

Observer ce qui se joue autour de l’échec

Conseil Aidodarons 1/3

Certains enfants refusent le sport par peur de mal faire, de décevoir ou d’être comparés aux autres. Être attentif à ce rapport à l’erreur aide à comprendre pourquoi une activité sportive peut devenir source de stress plutôt que de plaisir.

Distinguer "sport" et "mouvement"

Conseil Aidodarons 2/3

Si votre enfant rejette le sport organisé, rappelez-vous que bouger ne passe pas uniquement par un club ou une discipline encadrée. Jeux libres, trajets à pied, danse, vélo, construction de cabanes, bricolage ou jardinage contribuent aussi à son équilibre physique.

Laisser la porte ouverte sans relancer sans cesse

Conseil Aidodarons 3/3

Dire une fois clairement "si un jour tu as envie d’essayer, on en reparlera" peut être plus efficace que de relancer régulièrement. Savoir que la possibilité existe, sans pression, permet parfois à l’envie d’émerger plus tard, au bon moment.

 

Après dix ans en tant qu'assistante administrative puis professeur documentaliste de l'Éducation Nationale, et des formations aux métiers du web, je rédige des articles sur des sujets très variés. Aujourd'hui maman, je suis les tendances actuelles sur la parentalité et le développement de l'enfant pour fournir des informations fiables mais neutres à mes lecteurs.