Comment rassurer un enfant qui a peur de tout ?

Votre enfant est terrorisé par l'obscurité, l'orage, les araignées ou les chiens ? Quand un enfant a peur de tout, le quotidien peut vite devenir compliqué : il faut le rassurer, expliquer, consoler, parfois plusieurs fois par jour… et éviter les répliques impatientes comme "mais non, il n'y a rien !" Pour l’accompagner, mieux vaut comprendre ce que sa peur raconte et lui donner des appuis concrets pour la dépasser.

Comprendre la peur de l'enfant : pourquoi c'est important ?

Même si vous la trouvez ridicule, il est important de "prendre la peur de votre enfant en considération", car elle est bien réelle, aussi irrationnelle soit-elle. La Maison des Maternelles recommande d'abord de la reconnaître ("je vois que ça t’inquiète, et c’est normal") et de lui demander "qu'est-ce qui te fait le plus peur exactement ?". S'il s'agit d'un animal, interrogez-le sur ce qui l'effraie : sa forme, sa couleur, sa façon de se déplacer, la menace potentielle (piqûre, morsure)... S'il a peur du noir et vous appelle tous les soirs en panique une fois la lumière éteinte, l'inquiétude se fixe surtout sur ce qui pourrait se tapir dans l'obscurité, comme un monstre imaginaire. Elle peut aussi refléter "une peur d'être tout seul la nuit dans sa chambre", explique l'Institut de la Parentalité. Cette crainte de la séparation est également présente chez celui qui refuse une activité sans ses parents, même si elle est agréable (un match de foot avec les copains, par exemple). Avec l'orage, ce sera le bruit fort du roulement de tonnerre et/ou le flash des éclairs qui peuvent survenir à tout moment sans régularité prévisible. Peut-être a-t-il aussi peur que la foudre tombe sur la maison et déclenche un incendie. Grâce à ces questions qui l'autorisent à exprimer sa peur, il l'identifie, peut nommer son émotion, se sent écouté et sera plus facile à rassurer.

Rassurer un enfant qui a peur : un jeu d'équilibriste

Dans un premier temps, votre enfant a besoin d'être rassuré par votre présence bienveillante. Un câlin ou une discussion complice et distrayante peuvent l'aider à apaiser l'émotion. Vous pourrez ensuite le rassurer en lui disant que vous allez réfléchir ensemble au meilleur moyen de vaincre la peur en question. S'il a peur de l'orage par exemple, expliquez-lui qu'il va s'éloigner et que le paratonnerre installé à tel endroit protège votre maison de la foudre. En attendant, dites que vous restez avec lui pour le rassurer ou proposez une activité agréable pendant ce temps (jeu, dessin animé…). S'il est terrorisé par les araignées, rappelez-lui que les espèces de l'Hexagone ne sont pas dangereuses et que ces petites bêtes sont très utiles pour éliminer les moustiques, les mouches et autres insectes désagréables. Il peut même, pourquoi pas, l'imaginer avec des patins à roulettes, comme le fait le personnage de Ron Weasley dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban. S'il panique à l'idée de vous perdre, expliquez que vous avez encore de très longues années à partager et qu'il n'a pas à s'inquiéter de votre disparition imminente. Choisissez des mots simples et adaptés à son âge.

Cependant, il ne s'agit pas d'annuler ses peurs en jouant les parents chasse-neige et en éliminant tout obstacle, met en garde l'Institut de la Parentalité. En effet, votre enfant a besoin de surmonter ses peurs pour se construire. C'est en vous sachant à ses côtés pour les affronter qu'il trouvera le courage de le faire. Selon Dimitri Haikin, psychologue belge, "l'élaboration de stratégies qu'il aura découvertes à partir de ses propres ressources créera les meilleurs remparts possibles !" Pour l'aider, rappelez-lui qu'il a déjà dépassé telle ou telle peur. Enfin, n'hésitez pas à raconter vos propres peurs d'enfant et comment vous les avez dépassées s'il ne sait pas comment procéder.

Les erreurs à éviter face à un enfant qui a peur

De notre point de vue d'adulte, la peur est rationalisée. La plupart du temps du moins, car certaines peurs non corrigées dans l'enfance ou suite à un traumatisme peuvent rester à l'âge adulte et virer à la phobie, rappelle Emmanuelle Piquet, psychopraticienne, au micro de France Bleu. Il ne faut donc pas oublier que, nous aussi, nous avons eu peur du noir ou de la mort de nos parents quand nous avions son âge. Toutes ces peurs sont universelles et remontent aux débuts de l'humanité, quand les dangers qu'elles représentent pouvaient vraiment être mortels. Déclenchées par l'instinct de survie, elles échappent à tout contrôle rationnel. Inutile donc de chercher à minimiser cette émotion forte d'un "mais ce n'est rien", "tu exagères" ou "la petite bête n'a jamais mangé la grosse".

Évitez également de vous moquer, de prendre de haut ou de comparer, surtout avec quelqu'un de plus âgé et qui n'a pas cette peur, rappelle Dimitri Haikin. Humiliation et baisse d'estime de soi garanties ! De plus, votre enfant risquerait de ne plus se confier et subirait durablement sa peur dans son coin.

Il est aussi important de ne pas obliger votre enfant à vaincre sa peur en le mettant en contact direct avec l'objet de sa terreur. Oubliez l'idée de le forcer à caresser le chien qui l'effraie tant ou de lui poser une araignée sur l'épaule, même factice. Même si l'intention de le désensibiliser est bonne, cette méthode contraignante peut être perçue comme une vraie violence et ne résoudra pas le problème. Pire, l'enfant ressentira de la panique et n'aura pas la satisfaction d'avoir agi par lui-même. Au contraire, permettez-lui d'avancer progressivement vers sa peur, à son rythme. Il peut, par exemple, la dessiner de moins en moins menaçante puis s'approcher de plus en plus près de l'objet ou de l'animal (d'abord en photo, puis en vidéo et, enfin, en vrai).
Un enfant qui a peur n'a pas besoin qu'on supprime la peur, mais qu'on l'aide à la traverser.

Après dix ans en tant qu'assistante administrative puis professeur documentaliste de l'Éducation Nationale, et des formations aux métiers du web, je rédige des articles sur des sujets très variés. Aujourd'hui maman, je suis les tendances actuelles sur la parentalité et le développement de l'enfant pour fournir des informations fiables mais neutres à mes lecteurs.