Enfant râleur : comment réagir s'il n'est jamais content ?
Votre enfant excelle peut-être dans l'art de râler. Jamais vraiment satisfait, il le fait savoir d'une voix geignarde et se plaint à la moindre occasion. Que ce soit une sortie qui ne lui plaît pas, un refus d'achat ou une déception en vacances, cette insatisfaction permanente peut peser sur le quotidien familial.
Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière face aux émotions négatives. Certains sont plus sensibles que d’autres à la frustration ou aux changements. Le tempérament joue aussi un rôle essentiel. Toujours est-il qu’en tant que parent, on peut vite se sentir dépassés par cette négativité. Comprendre pourquoi un enfant ou un adolescent râle, au-delà de son caractère et de sa capacité à s’adapter, permet de mieux gérer la situation et d’apaiser les tensions.
Râler pour attirer l'attention
Un enfant plaintif peut manquer d'attention de la part de ses parents. Noémie de Saint-Sernin, coach parentale, conférencière et auteure de nombreux livres sur la parentalité, l'explique dans une vidéo YouTube : "(…) comme il n'arrive pas à attirer votre attention sur quelque chose de positif, il va se mettre à râler". Un avis partagé par Martine Savaria, coach parentale au Québec. Interrogée par Ouest-France, elle considère qu'un enfant est négatif "(…) parce qu'il a besoin de davantage de connexions avec son parent".
Souvent inconscient, ce phénomène peut être enrayé en accordant du temps de qualité à votre enfant. Noémie de Saint-Sernin vous invite à réserver un quart d'heure, vingt minutes ou une heure, en fonction de vos disponibilités, à votre enfant en rentrant du travail. Éloignez-vous de votre téléphone et partagez un jeu, une recette ou un moment de dessin avec lui.
Expliquez-lui qu'après avoir passé du temps avec lui, vous devrez ensuite préparer le repas. Une fois que vous aurez rempli son réservoir d'attentions et d'amour, "il va s'occuper tout seul". Si vous avez plusieurs enfants, accordez du temps à chacun, individuellement, en gardant bien en tête que "la qualité est plus importante que la quantité".
Se plaindre, une manière de s'affirmer
Publiée en 2025 sur la base de données scientifique PubMed, une étude danoise menés sur des préadolescents montre que le déséquilibre entre les zones cérébrales très sensibles aux émotions et un cortex préfrontal immature (responsable de la maîtrise des émotions, ndlr) entraîne une instabilité émotionnelle accrue et une capacité moindre à réguler les réactions émotionnelles. Ce type d’instabilité se traduit notamment par le fait de râler, d’être frustré ou de sur-réagir émotionnellement face à de petits obstacles.
Mais au-delà de cette immaturité physiologique, qui peut être accentuée par la fatigue, râler reste aussi un moyen de s’affirmer et de se distinguer de ses parents. Dans Notre Temps, Emmanuel Ballet de Coquereaumont, psychopraticien et auteur de Vos enfants ne sont plus vos enfants, estime que "pour l'adulte en émergence, ne pas être content c'est souvent une manière de défendre son territoire personnel". En exprimant son insatisfaction, votre ado a l'impression de prendre le pouvoir.
Au lieu de vouloir le faire taire, aidez-le à exprimer ses besoins et discutez ensemble des demandes adaptées à son âge. Avec l'enfant plus jeune, il est aussi essentiel d'avoir de l'empathie en lui demandant ce qu'il se passe et pourquoi il râle. Comme le rappelle Noémie de Saint-Sernin, "il a le droit d'être chafouin (…), à nous aussi ça nous arrive (…)". Plus vous cherchez à le comprendre, plus son comportement négatif s'atténuera.
Reconnaître ses émotions, la clé ?
Dans Psychology Today, Meri Wallace, thérapeute familiale, auteure de plusieurs ouvrages sur la parentalité, conseille aux parents de ne pas chercher à faire plaisir à tout prix. Céder encourage l'insatisfaction. En revanche, mieux vaut être dans l'acceptation car "il est normal et naturel pour un enfant de se plaindre". Ne ridiculisez pas votre enfant car "il pensera qu'exprimer ses émotions est inacceptable".
La spécialiste recommande aux parents de prendre en compte les sentiments de leurs enfants et de reconnaître leurs émotions. Dites, par exemple, "Je vois que tu es contrarié. Tu tenais vraiment à…". Cela permet d'amorcer une conversation calme. N'hésitez pas non plus à donner des explications logiques pour justifier votre refus. Ainsi, votre enfant pourra accepter plus facilement le renoncement. Utilisez des phrases comme "Je ne peux pas t'acheter une nouvelle raquette de tennis aujourd'hui. Je viens de t'acheter une veste de l'équipe". De son côté, Martine Savaria encourage les parents à argumenter leur point de vue : "Je comprends que tu ressentes ça, mais moi je vois les choses autrement".
La joie et la gratitude, deux remèdes contre la négativité
Face à la négativité de votre enfant, il est important de comprendre ce qui lui procure de la joie. Dans une vidéo publiée sur Facebook, Chloé Forêt, coach parentale sur Cool Parents Make Happy Kids, explique : "plus ses journées vont être remplies de choses qui l'épanouissent, plus cela participera à son bonheur". Soucieux de bien faire, les parents peuvent parfois chercher des activités qui sortent de l'ordinaire, alors que les enfants préfèrent rester à la maison, pour faire un gâteau au chocolat, par exemple.
La coach parentale conseille également aux parents de cultiver la gratitude. Apprenez à votre enfant à voir le verre à moitié plein. Montrez votre reconnaissance au quotidien, grâce à des phrases comme "on a tellement de chance de manger ce bon gâteau au chocolat ce soir" ou "je suis tellement heureuse de t'avoir dans ma vie". Encouragez votre enfant à penser positif, avec des questions ouvertes comme "qu'est-ce que tu as aimé aujourd'hui ?", "pourquoi demain ce sera une belle journée pour toi ?".
Nos trois conseils
Combattre la fatigue
Conseil Aidodarons 1/3
Un enfant fatigué râle plus facilement. Pour limiter les plaintes, assurez-vous qu’il dort assez et se couche à une heure adaptée à son âge.
Montrer l'exemple
Conseil Aidodarons 2/3
En vous voyant gérer calmement vos propres émotions négatives, votre enfant apprend par imitation. Cultiver la gratitude au quotidien l'aide aussi à adopter cette attitude.
Le féliciter
Conseil Aidodarons 3/3
Félicitez votre enfant lorsqu'il accepte une activité ou une consigne sans se plaindre : ces encouragements renforcent ses comportements positifs.