17h30. À peine rentré(e), une nouvelle journée démarre après celle du travail. La fatigue est déjà là, mais la soirée ne fait que commencer. Le plus jeune a besoin de vous pour ses devoirs, tandis que le plus grand vous a attendu pour l'aider à réviser son contrôle de demain. Il faut aussi éplucher les légumes achetés chez le primeur plus tôt dans la journée afin d'enfourner le gratin. Sans oublier le bain et l'étape cruciale du coucher. Toutes ces tâches exigent attention, patience et énergie.
Que faire quand on se sent épuisé(e) avant même d'avoir retiré son manteau ? Comment survivre au marathon de 18 à 20 heures sans finir la soirée à bout de nerfs ? Voici des solutions simples pour faciliter le retour à la maison et alléger ce tunnel du soir. À vos marques, prêts partez !
Lorsque l'on doit tout faire seul(e), cela prend forcément plus de temps. Publiée en 2025 sur l'archive en ligne gratuite PubMed Central (PMC), une synthèse de chercheurs hongrois sur les travaux scientifiques existants intègre le manque de soutien social parmi les facteurs de stress qui conduisent à l'épuisement parental. La même source indique : "il est crucial que la charge mentale ou physique puisse être partagée entre deux personnes (…)".
Dans ce contexte, rester soudé dans le couple parental est nécessaire. Sur le blog Parlons maman de la journaliste Marion Joseph, Alessandra Cordey, psychologue, psychothérapeute et auteure de Être parents, parlons-en !, conseillent aux adultes de "réussir à se parler pour ne plus être l'un contre l'autre", même si vous avez l'impression de faire plus. Aidez-vous avec un tableau des tâches "pour poser tout à plat et chercher des solutions ensemble".
Si le rush du soir est difficile, identifiez la source du problème, en vous demandant si votre rythme est adapté. Par exemple, si vous avez du mal à instaurer une heure de coucher car les devoirs prennent trop de temps, organisez-vous autrement. Vous pouvez aider le plus jeune à réviser ses tables de multiplication pendant que l'autre parent donne un coup de main au plus grand avec sa rédaction. Vos enfants peuvent aussi prendre de l'avance à l'école grâce au dispositif Devoirs faits, mis en place par l'Éducation nationale. Proposé aux collégiens, ce temps dédié permet de réaliser ses devoirs avec l'aide d'un professeur ou d'un assistant d'éducation. Certaines écoles proposent aussi ce genre de services aux enfants, renseignez-vous auprès de l'établissement.
Si l'autre parent est absent ou rentre tardivement du travail, faites-vous aider par une autre personne de votre entourage, qu’il s’agisse d’un grand-parent ou d’un ami proche. Pendant votre absence, cette personne de confiance peut récupérer votre enfant à l'école et superviser les devoirs ou le bain avant votre retour.
Une routine du soir bien établie, présentée sous forme de tableau pour faciliter la visualisation, permet à chacun de savoir ce qu'il doit faire et responsabilise les enfants. Elle évite les conflits, les discussions interminables et les pertes de temps. En ayant des repères fixes (devoirs, dîner, moment calme, coucher) avec des horaires réalistes, le marathon du soir devient beaucoup plus calme.
"Le but, c'est que l'enfant intègre la routine, qu'il sache comment les choses se passeront", explique la psychoéducatrice Sarah Barbeau, sur le site Naître et Grandir. Limitez le nombre d'étapes et veillez à ce que les tâches restent "claires et concrètes" (se mettre en pyjama, se brosser les dents…). Grâce à cette routine, vous serez moins stressé(e). Comme le rappelle Alessandra Cordey, plus on s'énerve, plus les enfants réagissent, et mettent du temps à aller au lit.
D'ailleurs, votre enfant peut prendre plaisir à participer activement à cette routine si vous le sollicitez. Il peut vous aider à mettre la table pendant que le plat mijote sur le feu. Laissez-lui aussi des tâches à accomplir seul. Un adolescent est capable de préparer son sac d'école en toute autonomie, par exemple. Pour vous décharger, n'hésitez pas à impliquer les plus grands dans les routines des plus jeunes. Votre ado peut lire une histoire à son petit frère ou à sa petite sœur avant le coucher. En plus de valoriser votre aîné, cette idée permet de créer un lien entre membres d'une même fratrie.
Vous avez tendance à vouloir que tout soit parfait : à 19 heures, toute la famille est réunie autour du souper, et à 20 heures 30, les enfants vont au lit. Mais attention, ce désir de perfection a un prix ! La synthèse scientifique hongroise explique que le perfectionnisme parental fait partie des facteurs de stress.
Accepter que tout ne soit pas parfait peut être plus facile à dire qu'à faire. Concrètement, comment s'y prendre ? D'abord, en ne culpabilisant pas de modifier la routine du soir, "en sautant une étape ou en changeant l'ordre", estime Nathalie Parent, psychologue, sur Naître et Grandir. Si un soir, les devoirs s'éternisent, optez pour un plan B pour simplifier la préparation du repas. Au lieu de mitonner le bon petit plat que vous aviez prévu au menu, sortez une boîte de conserve, un plat surgelé, le gratin préparé dimanche dernier pendant votre batchcooking, ou une recette très facile, prête en un minimum de temps, comme une omelette.
L'étude hongroise pointe également du doigt la surcharge de tâches ménagères. Lorsque vous rentrez du travail, priorisez les actions à mener. Si les devoirs doivent être faits et que la préparation du repas ne transige pas, en revanche, on peut facilement reporter à un autre jour le rangement que vous aviez prévu.