
La parentalité positive au quotidien quand le rythme s’accélère
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Sur les réseaux sociaux et dans la presse, des témoignages de parents abondent. Les préceptes de la parentalité positive, prônant la liberté de l'enfant, ne fonctionneraient pas : leur chérubin est devenu un véritable tyran, impossible à gérer et à faire vivre en société. Mais c'est avoir pris ce modèle éducatif au pied de la lettre, sans appliquer son versant d'apprentissage des limites, pourtant indispensable au bien-être et au développement des enfants. La parentalité positive se doit de s'exercer au quotidien sans leur laisser plus de liberté qu'ils n'en ont besoin pour s'épanouir.
Parentalité positive : un concept éducatif récent
La parentalité positive, également connue sous le nom d'éducation positive ou d'éducation bienveillante, a connu un développement croissant sur les réseaux sociaux. Au point d'envahir le web de posts, tutos et livres numériques vantant un modèle éducatif à contre-courant de l'autorité parentale traditionnelle. Le concept est récent, explique Béatrice Kammerer, journaliste, dans son article publié par le magazine Sciences Humaines. Il s'appuie sur une déclaration du Conseil de l'Europe en 2006 et se définit comme un comportement parental "fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant, qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non violent et lui fournit reconnaissance et assistance, en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement".
Les 5 piliers de la parentalité positive
Ce modèle de parentalité repose sur cinq piliers fondamentaux :
- - une éducation émotionnelle et affective qui répond aux besoins affectifs de l'enfant
- - un cadre et des règles de vie qui garantissent sa sécurité physique et morale, sa bonne santé, son respect de soi et des autres, que ce soit à l’école ou à la maison
- - une écoute empathique qui reconnaît l’enfant comme individu à part entière
- - une autonomisation progressive qui lui permet d’être maître de ses décisions, le responsabilise et renforce son sentiment d’accomplissement
- - une éducation non violente qui exclut la violence physique ou psychologique en privilégiant la bienveillance.
La nécessité de poser des limites à l'enfant
Ce n'est pas parce que la fixation de limites par les parents ne figure pas explicitement dans les recommandations du Conseil européen ni dans les piliers du modèle qu'il faut en faire abstraction. Si l'on ne retient que son pendant "positif" comme le vantent moult blogs et ouvrages sur le sujet, on prend le risque de priver l'enfant d'un apprentissage essentiel à sa future vie d'adulte : celui de la frustration. Parmi les professionnels qui se sont élevés contre cette dérive éducative, Caroline Goldman, pédopsychologue et autrice de File dans ta chambre !, révèle dans son podcast dédié le nœud du problème. Selon elle, les enfants "agités" qu'elle a reçus en consultation étaient "choyés jusqu'à la démesure" et vivaient dans "un manque préoccupant de limites éducatives". Elle estime que "les émotions négatives comme la colère, la frustration ou la peur ont leur rôle à jouer. Il n'y a rien de malveillant dans le conflit. [...] Il ne s'agit pas de soumettre l'enfant à l'adulte, mais de l'initier à la loi, c'est une nécessité."
Comment être un parent bienveillant au quotidien ?
Comme l'estime Caroline Goldman, on peut tout à fait être un parent bienveillant et viser une éducation positive en établissant des règles de vie et en posant des limites à l'enfant. Les deux aspects ne sont en rien contradictoires. Mieux, ils se complètent. Dans son dossier dédié, le site Naître et Grandir conseille aux parents de privilégier les consignes positives aux tournures négatives. Plutôt que de vous égosiller en hurlant "ne cours pas dans les escaliers", préférez "descends les escaliers doucement" ou "finis ton assiette" à la place de "tu ne sortiras pas de table tant que tu n'auras pas fini". Il recommande également d'encourager les bons comportements et la responsabilisation de l'enfant, de privilégier la réparation à la punition en cas d'erreur. Si votre enfant fait de la peine à son frère ou à sa sœur, par exemple, demandez-lui de reconnaître sa faute et de s'excuser avec sincérité. Lorsqu'il outrepasse les règles de vie de la maison et ne respecte pas votre autorité de parent, Caroline Goldman propose la technique du "time-out". L'enfant est écarté quelques instants de l'espace commun, le temps que la tension retombe pour éviter une escalade de violence verbale (ou physique). Selon Jean Plissonneau, psychanalyste interrogé par Le Monde, cette méthode controversée fonctionne et "permet d’expliquer à l’enfant qu’il est soumis à certaines règles, comme nous le sommes tous", sans maltraitance ni laxisme.
3 conseils complémentaires sur la parentalité positive
Ne pas choisir un modèle éducatif unique
Conseil Aidodarons 1/3
N'oubliez pas qu'il existe une multitude de méthodes éducatives et qu'aucune ne peut s'appliquer à 100 %. Piochez dans chacune ce qui convient à votre famille et à votre mode de vie.
Ne pas s'épuiser
Conseil Aidodarons 2/3
Appliquer chaque précepte de l'éducation positive telle que vantée sur les réseaux sociaux peut conduire au burn-out parental et à l'échec éducatif. Accordez-vous un peu de souplesse et posez les limites dont votre enfant a besoin.
Se faire accompagner
Conseil Aidodarons 3/3
En cas de difficultés sur le comportement ou le développement de votre enfant, faites appel à un professionnel sans attendre : médecin, pédopsychologue, thérapeute familial…