Mon ado est paresseux : comment le faire bouger ?

Quel parent n'a jamais été excédé par son ado transformé en coussin de canapé ? Si on le laisse faire, il y élit domicile du matin au soir. Le scrolling sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo, le grignotage et la sieste deviennent ses activités favorites. Mais ce n'est pas sans risque pour sa santé physique et mentale.

Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.

Comment faire alors pour sortir votre ado du canapé, le faire bouger, participer à la vie de la maison et avoir des relations sociales "in real life" ? Aidodarons vous donne ses conseils et vous éclaire sur les causes et conséquences de ce comportement aussi courant qu'agaçant pour les parents.

Faire bouger un ado qui a la flemme : mission possible !

À le voir vautré dans les coussins au point d'épouser la forme du canapé creusé sous son poids, on se dit que c'est peine perdue. Rien ne le fera bouger, il semble avoir le dynamisme d'une amibe cuite. Et pourtant, vous pouvez y parvenir. Commencez par montrer l'exemple. Si votre ado vous voit passer tout votre temps libre dans le canapé, smartphone, télécommande ou livre à la main, vous le confortez dans son attitude. Au contraire, éveillez son intérêt en faisant des activités et en l'invitant à participer. Entre deux refus de principe, il finira par mordre à l'hameçon. Proposez-lui par exemple une sortie avec ses amis ou une activité de plein air insolite comme l'accrobranche, une partie de paintball, un escape game grandeur nature… Ou plutôt que d'insister sur le mouvement, proposez une sortie qui crée un prétexte à être debout : vide-grenier, musée, balade en ville, petite virée en vélo électrique, événement local… Ce n'est pas du sport, mais c'est déjà sortir du canapé. Si vous n'avez pas le temps, demandez "juste 5 minutes" pour vous aider, marcher un pâté de maisons ou bouger un peu. Ce temps court réduit la résistance et, une fois debout, les ados prolongent souvent naturellement l'activité sans s'en rendre compte. La météo n'est pas de la partie ? Ce peut être un jeu de société en famille, un mini-challenge (monter les escaliers trois fois, tenir en équilibre, reproduire une danse TikTok…), la préparation du repas pour tous… Et pourquoi pas l'impliquer directement dans le choix de l'activité en lui demandant de faire des propositions ? L'important est de lui proposer de faire ce qu'il aime, si possible en famille, explique Stéphanie Zanchetta, coach pour ados, dans les colonnes d'Ouest-France. Encouragez-le aussi à rejoindre un sport collectif, un club ou simplement à marcher avec un ami. Le lien social agit comme un moteur puissant, plus fort que les discours parentaux. Et plutôt que d'interdire le canapé, fixez un horaire clair : "Tu te poses jusqu'à 18h, puis on fait une pause mouvement." Vous évitez ainsi le bras de fer et en profitez pour structurer la fin de journée.

Pensez également à vous intéresser à ce qu'il fait : les réseaux sociaux qu'il consulte, les influenceur(ses) qu'il suit, les livres qu'il lit… Tout est bon pour "continuer à faire des choses ensemble pour garder un lien", selon Rachida Raynaud, psychologue spécialiste des enfants et des ados, interviewée par Femme Actuelle. Et s'il traîne toujours des pieds pour sortir et bouger un peu, faites-lui réaliser le "test de niveau d'activité physique et de sédentarité des ados". En quelques questions simples, il détermine si l'adolescent fait assez d'activité physique par semaine avant de donner des conseils de remédiation.

Un ado vautré dans le canapé est-il paresseux ?

Si votre ado vous répond "j'ai la flemme" à chaque proposition ou demande de participer à la vie de la maison, ce n'est pas forcément de la paresse. Ce n'est pas parce qu'il semble passer son temps dans le canapé qu'il ne fait rien, rappelle Rachida Raynaud. S'il regarde dans le vague, il est peut-être en train de se projeter dans son avenir, de réciter mentalement une leçon, de réfléchir à la meilleure façon d'aborder le garçon/la fille de ses rêves… Ou il est simplement en train de se débattre avec le séisme émotionnel caractéristique de l'adolescence. S'il scrolle sur les réseaux sociaux et envoie dix messages à la minute, il est en lien avec ses amis et/ou en recherche de repères identificatoires. À vous d'entrer en communication avec lui, de vous intéresser à ce qu'il fait, à ce qu'il consulte, tout simplement de maintenir le lien. Montrez-vous ouvert et ne portez pas de jugement, même si ce qui le passionne ne vous intéresse pas le moins du monde. Cherchez un sujet d'intérêt commun, même banal, partagez puis proposez une sortie. Par exemple, si votre ado regarde des émissions de cuisine, proposez-lui un cours ensemble. S'il suit un booktuber, invitez-le à vous accompagner à la librairie ou à la médiathèque. Plus simplement, vous pouvez écouter sa playlist en marchant ensemble ou faire un petit film en extérieur. N'oubliez pas avant chaque session canapé de lui demander un micro-mouvement tel que sortir le chien, descendre une poubelle ou ranger deux objets.

Faut-il s'inquiéter d'un ado toujours fatigué ?

Si votre ado refuse vos propositions en disant "je suis fatigué(e)", il y a de fortes chances que ce soit vrai. Même si cette attitude mollassonne vous horripile, vous devez composer avec et ne pas attendre que votre ado ait la même énergie qu'à ses sept ans. En effet, plusieurs facteurs indépendants de sa volonté et naturels expliquent cet état de fatigue chronique. L'adolescence apporte son lot de bouleversements physiologiques qui dépensent beaucoup d'énergie, explique Rachida Raynaud au Journal des Femmes. Il grandit vite, ses hormones fusent en tous sens, son rythme veille/sommeil se modifie en raison d'un coucher plus tardif et d'un lever plus matinal pour aller au collège. De plus, l'omniprésence des écrans influe sur la qualité du sommeil. Vous pouvez néanmoins réduire son temps d'écran grâce à l'instauration de règles de vie à la maison (pas le soir, pas dans la chambre…), voire d'un contrôle parental. Pour les ados aventureux, la prise de substances telles que la caféine (boissons énergisantes, café, thé…), le tabac, le cannabis ou l'alcool peut renforcer la fatigue et la mollesse générale. N'oublions pas le bouleversement émotionnel de l'adolescence avec une tempête d'émotions diverses difficiles à contrôler. Il y a là également de quoi être fatigué et passer du temps sur le canapé !

Dans Femme Actuelle, Rachida Raynaud explique qu'il ne faut pas oublier qu'en tant qu'adulte, on a aussi la flemme parfois. L'indulgence s'impose donc, à condition de ne pas laisser l'adolescent s'engluer dans le canapé. La solution de l'experte : "l'aider à s'organiser, car l'adolescence est une période de désorganisation où tout peut paraître une montagne à faire donc l'ado peut se sentir débordé.e et préférer ne rien faire". Pensez à adapter l'environnement pour limiter les pièges à inertie et réduire l'appel du canapé : lumière plus vive, couverture rangée, télécommande hors de portée.

Mais derrière cette fatigue pour ainsi dire normale de l'adolescence, peut aussi se cacher un mal-être plus ou moins profond. Elle peut être le symptôme d'une dépression (8 % des jeunes Français de 12 à 18 ans seraient concernés selon l'Assurance Maladie), d'un harcèlement scolaire ou cyberharcèlement, par exemple. Si la fatigue se combine à un désintérêt total pour les activités et les échanges humains réels, la consultation d'un psychologue peut aider l'ado à se confier en terrain neutre et à recevoir un appui.

3 conseils complémentaires pour inciter un adolescent à bouger davantage

  1. Rendre les déplacements du quotidien plus actifs : plutôt que de viser "faire du sport", cherchez d'abord à ajouter un peu de mouvement à ce que votre ado fait déjà : aller acheter du pain, accompagner un copain à pied, sortir le chien, faire une course rapide en ville…
  2. Créer un environnement à la maison qui favorise le mouvement : sans imposer, rendez la maison un peu plus propice à l'activité. Laissez un ballon dans le jardin, une corde à sauter dans l'entrée, un tapis de sol dans le salon… En voyant du matériel accessible, votre ado peut se lancer spontanément, même quelques minutes.
  3. Valoriser les activités hybrides (ni sport ni canapé) : s'il refuse de faire du sport, mais adore bricoler, filmer des vidéos dehors, jardiner, cuisiner debout ou promener un animal, encouragez-le. Ces activités intermédiaires font bouger sans en avoir l'air.

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Après dix ans en tant qu'assistante administrative puis professeur documentaliste de l'Éducation Nationale, et des formations aux métiers du web, je rédige des articles sur des sujets très variés. Aujourd'hui maman, je suis les tendances actuelles sur la parentalité et le développement de l'enfant pour fournir des informations fiables mais neutres à mes lecteurs.