Mon enfant mange tout le temps : est-ce inquiétant ?
Gâteaux, chips, sandwichs, barres chocolatées… Votre enfant semble avoir toujours faim. Même s'il est en pleine croissance, vous vous demandez peut-être s'il ne mange pas davantage que nécessaire. À peine le repas terminé, le voilà déjà en quête d'un encas. Il grignote régulièrement entre les repas, et pas seulement à l'heure du goûter.
Avant de poser un cadenas sur le réfrigérateur ou les placards de la cuisine, mieux vaut se demander si cela est inquiétant ou non. Voici comment réagir lorsque votre enfant semble avoir constamment la fringale.
Identifier les causes et les risques
Même si rien ne sert de dramatiser, manger sans cesse n'a rien d'anodin. Il est judicieux de comprendre la raison qui pousse votre enfant à grignoter. Peut-être que les repas ne sont pas assez copieux. "Dans certaines familles, les dîners sont trop légers", souligne la docteure Dominique-Adèle Cassuto, médecin-nutritionniste et endocrinologue, dans le magazine ELLE.
La spécialiste pointe aussi du doigt le "désœuvrement qui pousse les enfants à manger sans faim devant la télé (…)". Si, en rentrant de l'école, votre enfant grignote sur le canapé devant son dessin animé ou sa série préférée, mieux vaut peut-être engager une baby-sitter afin de le surveiller, l'inviter à faire du sport, aller chez ses copains, ou rester à l'étude.
Un enfant mal dans sa peau peut également chercher du réconfort dans la nourriture. Dans ce cas, prendre rendez-vous chez un psychologue est essentiel. Se suralimenter peut entraîner un surpoids, ce qui expose à plusieurs risques, répertoriés par le Manuel MSD : diabète, hypertension artérielle, surpoids à l'âge adulte, moqueries ou intimidations.
Surveiller sa consommation d'aliments sans le stigmatiser
Comme l'explique le Manuel MSD, il est important de connaître la quantité et les types d'aliments consommés. On s'inquiètera moins si un enfant mange sans cesse des fruits plutôt que des sucreries. Avant de consulter votre médecin généraliste, n'hésitez pas à noter ces éléments. Ainsi, il pourra déterminer si l'alimentation de votre enfant est problématique, et si éventuellement, il souffre d'un trouble des conduites alimentaires, comme la boulimie.
Sur les ondes de Radio France, Anne-Gaëlle Courouble, psychologue clinicienne des troubles du comportement alimentaire, vous invite à surveiller la courbe d'évolution du poids de votre enfant. Présente dans le carnet de santé, elle représente un premier indicateur. Par exemple, si votre enfant a toujours été au centre de la courbe de poids, il doit rester dans la moyenne en grandissant.
Surveiller, oui, mais toujours avec bienveillance. Pour la psychologue, il est essentiel de ne pas stigmatiser l'enfant avec des petites phrases culpabilisantes comme "tu manges trop" ou "tu devrais faire attention".
Ni régime ni interdiction, juste faire attention !
Mettre votre enfant au régime ou lui interdire certains produits comme la pâte à tartiner est contre-productif. En étant restreint, l'enfant va chercher l'aliment ailleurs, ou se rattraper plus tard, une fois adulte. Plutôt que d'interdire, la docteure Cassuto vous invite à limiter les achats. Plutôt qu'un gros pot de pâte à tartiner, privilégiez les petites quantités. "Et quand il est fini, on ne se précipite pas pour en acheter un autre", ajoute-t-elle.
Évitez de remplir les placards et le réfrigérateur. "L'offre et la disponibilité des aliments est un réel facteur de suralimentation", estime la docteure. En revanche, n'hésitez pas à mettre à disposition des fruits. Si votre enfant préfère les solutions faciles, proposez-lui d'éplucher sa pomme ou sa pêche. À défaut de lui faire manger des fruits frais, optez pour des compotes à boire sans sucre ajouté, selon les recommandations de l'Assurance maladie. Et donnez l'exemple en croquant dans un fruit lorsque vous avez une petite faim.
Nos trois conseils
À table !
Conseil Aidodarons 1/3
Fixez des limites claires à votre enfant : pas d'aliments dans la chambre ni sur le canapé. Afin de contenir les grignotages, expliquez-lui qu'on mange seulement à table.
Des aliments sains
Conseil Aidodarons 2/3
Pour la collation, privilégiez de petites quantités d'aliments sains (fruits, fromages, lait…) et évitez les biscuits, les bonbons ou encore les chips.
Soigner les repas
Conseil Aidodarons 3/3
Pour limiter les fringales entre les repas, préparez un plat agréable et veillez à ce que l'ambiance soit conviviale. Incluez-le dans l'élaboration des repas et le choix des aliments.