Mon enfant ne supporte pas l’échec : comment l’aider avec la frustration ?
Votre enfant s'emporte lorsqu'il ne réussit pas un exercice, perd au jeu, rate un dessin ou manque le but au sport ? La colère, la déception et la frustration ne sont jamais loin quand l'échec prend une telle ampleur émotionnelle. Il apprend progressivement à les accueillir et à les contrôler. Pour cela, il a besoin de votre aide. Aidodarons vous donne des conseils de professionnels pour mieux accompagner votre enfant dans l'apprentissage de la frustration et l'acceptation de l'échec.
Pourquoi l'enfant fait-il des crises en cas d'échec ?
Lorsqu'il est confronté à l'échec à l'école, au sport ou dans la vie quotidienne, l'enfant réagit comme il peut, c'est-à-dire avec ses émotions. Elles sont tempétueuses et spectaculaires (cris, larmes, enfant qui se roule par terre, jet d'objets…) tant qu'il n'apprend pas à les gérer. Cela prend du temps et demande de l'entraînement. Comme l'explique Taylor Snowden, neuroscientifique canadienne, la régulation émotionnelle n'est réellement effective qu'après 30 ans. C'est donc un long apprentissage à accompagner au quotidien.
La frustration qui survient lorsqu'on n'obtient pas le résultat escompté (un beau dessin, une poésie bien récitée, une victoire sportive…) se traduit par de la colère, selon Cynthia Pallandre, psychologue clinicienne à Lyon. Aussi tempétueuse soit-elle, cette réaction n'est pas dirigée vers l'objet ou le tiers, mais vers soi. L'enfant est en colère contre lui-même parce qu'il a "échoué". Pourtant, l'échec fait partie de l'apprentissage.
Comment gérer la crise d'un enfant face à l'échec ?
Un enfant qui crie et pleure, jette les objets utilisés et/ou se roule par terre lorsqu'il n'a pas réussi est déroutant pour les adultes qui, eux, ont appris à maîtriser leurs émotions. Cynthia Pallandre explique qu'en cas de crise, il vaut mieux "accueillir et nommer les émotions" que les rejeter et s'emporter à son tour. Selon elle, "le simple fait de mettre des mots sur ses émotions peut déjà favoriser l’apaisement". Demandez-lui ce qu'il ressent : colère ? déception ? En identifiant son émotion, votre enfant apprend à reconnaître ses réactions et à éviter qu'elles ne dégénèrent en crise.
Rappelez à l'enfant que l'échec n'est pas grave, qu'on peut perdre au jeu ou rater un contrôle sans remettre sa valeur en question. Insistez sur le fait que l'erreur permet d'apprendre et que tout le monde en fait, même les adultes. Ainsi, vous le rassurez et l'aidez à garder confiance en lui. Vous pouvez aussi, par exemple, lui raconter un de vos échecs (un but décisif manqué au foot, un gâteau raté, un contrôle de maths soldé par une mauvaise note…) et votre réaction de déception et de colère que vous avez réussi à maîtriser.
Si la conversation n'apaise pas votre enfant ou s'envenime, n'hésitez pas à imposer un moment de calme solitaire, le temps que chacun reprenne ses esprits. Dans sa chambre ou dans un coin qu'il aime (cabane dans le jardin, coin du salon…), votre enfant pourra s'apaiser et vous pourrez rediscuter à froid. Ce sas de décompression peut même devenir un refuge pour prévenir la crise, précise Marine Darnat-Wambèke, psychologue, dans sa vidéo. Vous pouvez aussi lui proposer une activité plus facile en alternative pour détourner son attention et favoriser le retour au calme.
Comment accompagner l'apprentissage de la frustration au quotidien ?
Nous l'avons dit, la frustration ne se maîtrise pas du jour au lendemain, c'est un apprentissage qui commence dès 2 ans environ et s'achève vers la trentaine. Avant 6 ans, l'enfant a besoin de limites bienveillantes mais fermes pour explorer l'autonomie sans déborder en crise à chaque occasion. Après 6 ans, il "commence à raisonner et à comprendre les règles sociales. La frustration peut se manifester par de l’irritabilité ou du repli, mais il est capable de commencer à attendre et de négocier", selon Cynthia Pallandre. Même si l'échec n'est pas valorisé dans la société, il est nécessaire pour progresser.
Valoriser la réussite plutôt que se focaliser sur l'échec aide l'enfant à accepter la frustration et à prendre confiance en lui. Vous pouvez par exemple lui dire "d'accord, tu n'as pas réussi à faire l'exercice demandé, mais tu as réussi tous les autres" ou "c'est vrai, tu n'as pas marqué ce but, mais ta passe précédente était réussie et tu as aidé ton camarade à faire gagner l'équipe".
3 conseils complémentaires pour aider son enfant à gérer sa frustration
Aider l'enfant à distinguer effort et résultat
Conseil Aidodarons 1/3
Valorisez le chemin parcouru plutôt que la performance finale afin qu’il construise une confiance moins dépendante de la réussite immédiate.
Proposer des défis progressifs plutôt que trop faciles ou trop difficiles
Conseil Aidodarons 2/3
Des objectifs ajustés à ses capacités nourrissent la confiance et familiarisent votre enfant avec l’effort sans provoquer de découragement trop important.
Montrer l’exemple face à vos propres échecs
Conseil Aidodarons 3/3
Quand vous ratez quelque chose devant votre enfant, verbalisez calmement votre réaction pour lui apprendre qu’on peut accepter l’erreur sans se dévaloriser.