Mon enfant veut voir un film qui fait peur : nos conseils
Les enfants sont souvent attirés par les films d'horreur ou à suspense, fascinés par l'interdit et l'excitation du frisson. Mais est-ce une bonne idée de les laisser regarder un film qui fait peur ? À quel âge cela devient-il acceptable ? Et quel rôle la peur joue-t-elle dans le développement de l'enfant ?
La peur est une émotion universelle qui joue un rôle essentiel dans le développement de l'enfant. Lorsqu'elle est abordée de manière appropriée, elle peut contribuer à son développement. Les contes traditionnels, par exemple, utilisent souvent des éléments effrayants pour transmettre des leçons de vie. Cependant, il est crucial que l'enfant puisse comprendre et contextualiser ces peurs. Une exposition prématurée ou non accompagnée à des contenus effrayants peut entraîner des angoisses inutiles.
Le psychologue Bruno Bettelheim, dans son ouvrage Psychanalyse des contes de fées, souligne que ces récits permettent aux enfants de comprendre et de gérer leurs peurs profondes. Il affirme que « les contes de fées aident l'enfant à faire face à ses angoisses inconscientes et à grandir en confiance ».
Néanmoins, toutes les peurs ne sont pas bénéfiques. Une exposition trop précoce à des films d'horreur peut engendrer des angoisses durables. Les recherches sur les effets des images violentes, synthétisées dans une note du chercheur Didier Courbet (Aix-Marseille Université), indiquent que les images violentes ou effrayantes peuvent provoquer des troubles du sommeil et une anxiété persistante chez les jeunes enfants.
À quel âge un enfant peut-il regarder un film qui fait peur ?
Il n'existe pas de réponse universelle, mais certains repères peuvent aider les parents à faire un choix adapté. Il est essentiel de considérer la maturité émotionnelle de l'enfant avant de l'exposer à des films effrayants. Les classifications par âge fournissent des indications précieuses, mais chaque enfant réagit différemment. Certains peuvent être prêts à affronter des scènes effrayantes dès 12 ans, tandis que d'autres pourraient être perturbés par de telles images à un âge plus avancé.
En France, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en place une signalétique jeunesse pour aider les parents à évaluer l'adéquation des programmes audiovisuels selon l'âge de leurs enfants. Cette signalétique se décline en cinq catégories :
- Tous publics : programmes adaptés à tous les âges.
- Déconseillé aux moins de 10 ans (-10) : programmes comportant certaines scènes susceptibles de heurter les mineurs de 10 ans.
- Déconseillé aux moins de 12 ans (-12) : programmes pouvant troubler les mineurs de 12 ans, notamment en raison de violence physique ou psychologique répétée.
- Déconseillé aux moins de 16 ans (-16) : programmes à caractère érotique ou de grande violence, susceptibles de nuire à l'épanouissement des mineurs de 16 ans.
- Déconseillé aux moins de 18 ans (-18) : programmes pornographiques ou de très grande violence, réservés à un public adulte averti.
Par ailleurs, le site de classification des films pour enfants, Filmspourenfants.net, peut vous aiguiller dans le choix des contenus à regarder avec votre enfant selon son âge :
- Avant 7 ans : éviter les contenus effrayants, car la frontière entre réalité et fiction est encore floue.
- Entre 7 et 10 ans : privilégier des films avec une dose modérée de suspense (par exemple Coraline ou Monstres & Cie).
- À partir de 10-12 ans : les enfants peuvent gérer des films plus intenses comme Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, à condition d'en discuter avec eux après la séance.
Regarder un film qui fait peur peut être une expérience enrichissante à condition de respecter le rythme et la sensibilité de chaque enfant. La clé est d'accompagner, d'expliquer et de rassurer !
Nos trois conseils
Choisir un film adapté
Conseil Aidodarons 1/3
Consultez les recommandations d'âge et privilégiez des films effrayants mais adaptés aux enfants (L'Étrange Noël de Monsieur Jack, Les Goonies…).
Regarder le film ensemble
Conseil Aidodarons 2/3
Être présent permet de rassurer l'enfant et de répondre à ses interrogations en cas de malaise.
En parler après la séance
Conseil Aidodarons 3/3
Discuter de ce qui lui a fait peur l'aide à mettre des mots sur ses émotions et à relativiser.