TikTok : comment aider votre ado à vérifier une information ?
Pour faire le buzz et gagner un maximum d'abonnés, certains comptes sur TikTok sont prêts à tout, y compris à diffuser de fausses informations (ou intox). Ces fake news peuvent influencer le bien-être et l'opinion des adolescents. Sans parler des vidéos générées par l'IA. Elles abondent sur ce réseau social très populaire chez les ados.
Selon un sondage mené en 2026 par l'Institut Toluna Harris Interactive, 28 % des 11-18 ans recherchent de l'information sur les réseaux sociaux, dont 70 % sur TikTok. Les jeunes, habitués à consommer des vidéos courtes sur cette plateforme, semblent y évoluer avec aisance. Pourtant, ils n'en restent pas moins vulnérables. En tant que parents, vous avez un rôle à jouer. Voici comment leur apprendre à repérer les fausses informations et les comptes dignes de confiance.
Chercher la vérité grâce au travail des sources
Certaines personnes ont envie de croire malgré eux à des vidéos trompeuses lorsqu’elles jouent sur leurs émotions ou correspondent à leurs idées. Pourtant, pratiquer le "fact checking" est essentiel pour développer son esprit critique. Plutôt que de remettre en doute la vidéo qu’il vous montre, invitez votre adolescent à mener l’enquête avec vous. L’objectif consiste à vérifier les faits, un peu à la manière des journalistes. Sans pousser les investigations à l'extrême, encouragez votre ado à se montrer curieux. Sous la forme d'un jeu, conseillez-lui d'authentifier une info trouvée sur TikTok avant de lui apporter du crédit et de la partager à ses amis.
Il existe deux solutions. La première consiste à chercher la source originelle, c'est-à-dire qui en a parlé en premier. La deuxième, plébiscitée par l'AFP dans l'une de ses vidéos YouTube, est de "voir si l'actu partagée a été aussi diffusée ailleurs et pas que sur TikTok". Si votre ado ne trouve aucune trace de l'information, mieux vaut qu'il s'en méfie ! Si d'autres médias la mentionnent, invitez-le à les évaluer. S'agit-il de sources institutionnelles (Insee, Santé Publique France, Drees…), de médias sérieux (Le Monde, Radio France, BBC News…) ou peu crédibles (comptes d'influenceurs, blogs sans comité éditorial…). Si une information n'est reprise par aucune source fiable, il y a de bonnes raisons de douter de sa véracité.
Apprenez aussi à votre enfant qu'une déclaration basée sur une expérience personnelle "n'est pas vraiment digne de confiance", selon les termes de Heather Munthe-Kaas, chercheuse à l’Institut de santé publique de Norvège, dans le National Geographic. Même si votre enfant admire une célébrité, il est important de ne pas prendre toutes ses affirmations pour argent comptant. Par exemple, si elle déclare avoir guéri de sa grippe en mangeant des oranges, cela ne constitue pas une preuve. En matière de santé, les informations doivent toujours être étayées par des preuves scientifiques.
Enquêter à la manière d'un détective
Bien qu'il soit de plus en plus difficile de déceler les fausses vidéos générées par l'IA, la vigilance reste de mise. Aidez votre enfant à repérer les fake news en s'interrogeant : est-ce que cela est plausible ou non ? Par exemple, de fausses publicités générées par l'IA ont utilisé le visage et la voix de l'influenceur MrBeast pour promouvoir de faux cadeaux. Le réflexe "est-ce plausible ?" fonctionne bien. Est-ce qu'un créateur qui offre réellement des milliers d'euros annoncerait-il cela dans une publicité étrange, sans publication sur ses comptes officiels ?
Le plus important reste de vérifier le contexte (auteur de la vidéo, provenance, reprise par des médias reconnus…). Extension gratuite pour Chrome et Firefox, InVID est un outil qui ne détecte pas directement l'IA mais permet de vérifier des sources. Il vous permet d'extraire les images clés d'une vidéo, d'effectuer une recherche d'image inversée, de retrouver la première publication de la vidéo et de voir si elle est sortie de son contexte. On peut aussi s’amuser à chercher les défauts visuels. Bien que cela soit de plus en plus difficile face aux progrès de l’IA, des indices peuvent mettre la puce à l'oreille : ombres incohérentes, mouvements des doigts anormaux, lèvres désynchronisées avec la voix, clignements d'yeux peu naturels, texte à l'écran déformé…
De manière plus pragmatique, votre enfant peut aussi "faire attention au nom du compte et au logo", explique l'AFP. "Certains copient des noms ou des images de média qui existent déjà en modifiant quelques détails", comme une lettre en plus ou en moins. On peut vérifier si le compte renvoie vers un site internet fiable ou "vers des adresses URL un peu douteuses", qui proposent d'acheter des produits, par exemple. Enfin, faire attention aux formulations permet de disqualifier rapidement un compte. La présence en surnombre d'émojis, de fautes d'orthographe, de noms propres mal écrits ou de formules comme "alerte" ou "dernière minute" sont souvent synonymes d'arnaques ou de fake news.
Nos trois conseils
Un rituel familial
Conseil Aidodarons 1/3
Pour que la vérification des informations devienne un jeu (d’enfant), une fois par semaine, lorsqu’une déclaration est affirmée à table, demandez à votre ado “Comment sais-tu que c’est vrai ?”.
Repérer les techniques de désinformation
Conseil Aidodarons 2/3
Créé par John Cook, expert sur la désinformation climatique, le jeu Cranky Uncle (Oncle grincheux) aide à repérer les techniques de désinformation les plus courantes (faux experts, théories du complot…).
Faire un état des lieux
Conseil Aidodarons 3/3
Dédié aux collégiens et aux lycéens, le podcast vrai ou faux junior de Franceinfo est un rendez-vous d'actualité et de fact checking. Il passe au crible les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux.