Comment aider mon enfant de 10 ans à repérer les fake news ?
Votre enfant est rentré de l'école en affirmant que dorénavant il n'aurait plus école l'après-midi ? C'est ce qu'affirmait une vidéo virale diffusée sur TikTok début mars 2026 et supprimée depuis, avec une prétendue annonce du président de la République à l'appui, comme l'a relaté 20 Minutes. Cette rumeur, digne d'un poisson d'avril en avance, a rapidement fait le tour des cours de récré, car elle ressemblait à un vrai reportage. Pas facile de ne pas tomber dans le piège quand on a 10 ans… Pourtant, même les enfants peuvent déjouer la désinformation lorsqu'ils sont bien outillés. Voici nos conseils pour enquêter ensemble et leur apprendre à repérer les fake news.
Identifier la source de l'information : qui parle ? / qui écrit ?
Lorsque votre enfant regarde des vidéos ou lit des articles en ligne, incitez-le à toujours vérifier qui en est l'auteur. Si ce dernier est inconnu et ne fait pas autorité, comme un site gouvernemental (gouv.fr en extension), une association (.org en extension), une agence de presse (AFP, par exemple), une revue scientifique ou un média réputé (Le Monde…), méfiance ! Certains sites comme Le Gorafi et Nord Presse ont même fait de la fake news leur marque de fabrique, rappelle Internet sans crainte. Sur un site internet, il peut consulter la page "À propos" ou "Qui sommes-nous" pour en apprendre davantage. Sur une vidéo, il peut regarder qui est le propriétaire du compte et vérifier si cette personne existe vraiment (un site internet ou un compte LinkedIn pour un professionnel, par exemple). Rappelez-lui que ce n'est pas parce que l'auteur a des milliers de followers et de likes qu'il est fiable (et inversement) !
Vérifier la date de publication
Internet garde tout en mémoire. Votre enfant peut donc tomber sur une vieille vidéo recyclée qui fait passer des images anciennes pour un fait d'actualité. "Avant de croire une info, regarde quand elle a été publiée. Cherchons la date ensemble". Elle doit être clairement affichée en haut de l'article ou sous la vidéo, sinon méfiance ! Si elle ne correspond pas au contenu, ce n'est pas une vraie actualité, même si l'information a été vraie au moment de sa publication.
Croiser les sources
Si une seule vidéo TikTok ou YouTube en parle, il faut également se méfier. Une vraie annonce concernant l’école, une catastrophe ou un fait de société sera rapidement reprise par plusieurs médias fiables et des sites officiels. À l’inverse, une fake news circule parfois pendant des heures uniquement sur les réseaux sociaux sans jamais être confirmée ailleurs. Proposez donc à votre enfant d'aller vérifier si l'information est présente sur d'autres sites, conseille le Centre pour l'éducation aux médias et à l'information (CLEMI). Vous pourrez alors regarder ensemble s'il s'agit d'un simple copié-collé ou si d'autres médias, eux, citent leurs sources et complètent les informations données. Mais attention, parfois, même les médias qui font autorité se font prendre au piège !
Analyser l'émotion déclenchée par l'information
Une fake news a tendance à déclencher une émotion primaire forte, explique l'émission dédiée aux enfants de France Info. Elle nous fait ressentir de la peur, de la joie, de la colère ou du dégoût. Si votre enfant trouve l'information absolument géniale ("tous les élèves seront en vacances fin mai") ou si elle l'effraie ("ce virus va tuer tout le monde"), par exemple, le but est atteint. Ce type de fake news cherche à faire réagir vite et votre enfant aura envie de regarder la vidéo ou de lire l'article, de partager et d'en parler autour de lui. Demandez-lui ce qu'il a ressenti puis expliquez-lui que c'est justement le but des fake news.
Repérer les éléments textuels typiques des fake news
Les auteurs de fake news savent que tôt ou tard, la supercherie sera révélée. Ils doivent donc faire le buzz le plus vite possible en incitant au clic et au partage. Pour les repérer et éviter de tomber dans le piège, établissez une petite checklist des éléments textuels typiques :
- - un titre écrit entièrement en majuscules pour attirer l'attention
- - une ponctuation forte qui multiplie les points d'exclamation
- - des termes alarmistes ("urgent", "attention"...), catastrophistes ou complotistes ("on vous ment"...) répétés
- - de très nombreuses fautes de français, coquilles et phrases mal construites
- - des "affirmations non sourcées ou sans faits vérifiables" (site officiel du Gouvernement).
Observer les images
Avec les outils d'intelligence artificielle, créer des photos et des vidéos ne demande plus autant de savoir-faire qu'avant. Même un enfant peut aujourd'hui générer ce type de contenu en quelques minutes. Rappelez à votre enfant qu'une image n'est jamais une preuve et proposez-lui de l'analyser. "L'amener à questionner l’origine d’un visuel, à observer son cadrage et à se demander dans quel but il a été produit l'aide à mieux en comprendre le message", rappelle la fondation des Apprentis d'Auteuil. Vous pouvez aussi utiliser ensemble un outil de recherche d'image inversée (Google Images, par exemple) pour vérifier d'où elle vient vraiment et vérifier la source.
Réfléchir avant de partager une information
Si votre enfant a déjà un compte sur les réseaux sociaux, il peut avoir envie de partager l'article ou la vidéo. C'est là qu'il est important de ne pas tomber dans le piège de la fake news et de la propagation des rumeurs. En faisant ce travail de vérification des sources, il évite de partager de fausses informations et de contribuer au buzz.