Réseaux sociaux : quelle incidence sur l'image de soi à la puberté ?

Avec tous ses changements corporels et psychologiques, la puberté est marquée par des changements intenses. Difficulté supplémentaire ajoutée par la participation à l'ère numérique : les réseaux sociaux !

Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.

Leur usage peut durablement affecter l'image de soi de l'adolescent s'il n'est pas encadré. En tant que parents, vous pouvez accompagner et aider votre enfant à préserver son estime de soi sans l'empêcher de participer à la vie numérique.

Le culte de l'apparence sur les réseaux sociaux : un danger pour les ados en construction

Vous l'avez sans doute remarqué vous-même en scrollant sur les réseaux sociaux. Le culte de l'apparence parfaite et inatteignable s'impose sur les fils de discussion et l'enchaînement de vidéos. Si vous n'y êtes pas insensible, mais avez tout de même le recul nécessaire pour regarder et apprécier sans vous comparer, votre ado, lui, ne l'a pas. Il tombe dans le piège. Pourtant, difficile d'interdire et de contrôler totalement l'accès à ces images. Les "repères identificatoires ne viennent plus du cercle intime, mais d'influenceurs, de visages lisses et de corps normés", selon Michaël Stora, psychologue et psychanalyste cité par le média Handicap.fr. Il est d'autant plus important d'accompagner l'usage, d'expliquer, de dévoiler l'envers du décor. En discutant et en analysant ensemble les images, vous aidez votre ado à développer son esprit critique et sa confiance en lui, sans tomber dans le piège. Expliquez aussi que son corps est en construction, que si la puberté est ingrate, elle ne dure pas éternellement.

Sur les réseaux sociaux privilégiés par les adolescents (podium tenu par Instagram, Snapchat et TikTok), le corps parfait s'affiche et s'affirme comme la norme. Pourtant, il y est savamment mis en valeur, voire retouché grâce à des outils numériques de plus en plus sophistiqués. Le risque : avec son besoin naturel d'identification, l'adolescent veut ressembler à un idéal corporel inaccessible et considère son corps comme imparfait. Cette comparaison inégale affecte son estime de soi. Elle peut "générer un complexe d'infériorité [et] à force d'expositions répétées, nourrit le doute, la frustration et l'insatisfaction", met en garde Claire Lewandowski, psychiatre. En cas de dysmorphophobie, il peut s'astreindre à des régimes dangereux, à des séances de sport intensives inadaptées à sa croissance. Plus loin, il peut sombrer dans la déprime ou même quémander une opération de chirurgie esthétique pour "corriger" ce corps qui lui fait défaut. N'hésitez pas à solliciter l'aide d'un professionnel de santé (psychologue, pédopsychiatre, nutritionniste…). Votre ado y trouvera une oreille neutre et attentive ainsi que des conseils.

La quête du "like" : un risque pour la confiance en soi de l'adolescent

Autre danger tout aussi important qui guette les ados connectés aux réseaux sociaux : la quête du "like". Vous avez un jour été déçu(e) de ne pas avoir de réactions de vos amis et followers en publiant une photo, une vidéo ou un simple post ? Imaginez l'impact d'un tel silence sur votre ado en quête de reconnaissance ! Résultat : une déception profonde, une dévalorisation, voire des conduites à risques pour obtenir l'attention des autres. Face à ces conséquences, le conseil de Michaël Stora est le même. Échangez avec votre ado sur ses attentes (likes, commentaires, partages…) et son ressenti. Sans provoquer ni forcer la conversation, montrez-vous disponible pour qu'il aborde ses difficultés quand il le souhaite.

Évitez de diaboliser et d'interdire ces pratiques numériques, car elles font partie intégrante de sa communication avec ses pairs. Cela risquerait seulement de creuser davantage le fossé entre vous. Vous pouvez en revanche agir en maintenant autant que possible des activités familiales (sorties, jeux de société…). Montrez-lui ainsi que tout l'univers ne tourne pas autour du virtuel et que la reconnaissance des autres se trouve aussi et surtout dans la vraie vie. Une étude américaine publiée en 2023 a démontré l'amélioration significative de l'image corporelle des ados simplement en réduisant l'usage des réseaux sociaux de 50 % ! Si vous voyez votre ado en situation de dépendance aux réseaux sociaux, pensez à mettre en place un contrôle parental. Dans tous les cas, ne minimisez pas son ressenti. Même s'il vous semble futile et déconnecté du monde réel, votre enfant ne le perçoit pas ainsi. Comme le rappelle Claire Lewandowski, "cette quête de reconnaissance numérique peut devenir une source de pression, voire une dépendance affective au regard des autres." Il peut ressentir un rejet de la part de ses pairs, voire une "insécurité constante", faute d'avoir les retours escomptés.

3 conseils complémentaires pour accompagner l'ado dans l'usage des réseaux sociaux

  1. Discuter des pratiques sociales numériques : selon Didier Dubasque, auteur de Comprendre et maîtriser les risques de la société numérique, rien ne vaut "un dialogue ouvert et honnête avec votre adolescent sur son utilisation des réseaux sociaux, tout en étant respectueux de ses choix et de ses besoins".
  2. Surveiller sans vouloir tout contrôler : sans laisser votre enfant livré à lui-même sur les réseaux sociaux et s'exposer à ses dangers (cyberharcèlement, pédocriminalité, arnaques…), ne cherchez pas à tout prix à contrôler chaque clic. Exprimez vos inquiétudes clairement et gardez un œil attentif mais bienveillant.
  3. Se faire accompagner : si votre enfant ne parvient pas à gérer ses émotions et dérive vers la dépression ou les conduites à risques ou vous demande un improbable coup de bistouri, n'hésitez pas à demander de l'aide à un professionnel de santé (médecin traitant, psychologue, pédopsychiatre…).

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Après dix ans en tant qu'assistante administrative puis professeur documentaliste de l'Éducation Nationale, et des formations aux métiers du web, je rédige des articles sur des sujets très variés. Aujourd'hui maman, je suis les tendances actuelles sur la parentalité et le développement de l'enfant pour fournir des informations fiables mais neutres à mes lecteurs.