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Sport, musique… : faut-il insister si votre enfant veut arrêter ?

Rédigé par Émilie Cartier | 24 mars 2026 08:25:36

Depuis quelques semaines, il traîne des pieds pour aller aux entraînements. Et puis, pendant le dîner, il vous a enfin annoncé ce que vous redoutiez : il souhaite arrêter les séances de natation et de guitare. Même si vous aviez bien remarqué son manque d’entrain ces derniers temps, vous pensiez que ce n’était qu’un passage. D’autant plus qu’il se débrouille plutôt bien dans ces deux disciplines.

Vous hésitez : faut-il insister pour qu'il continue ou respecter son choix ? Voici quelques pistes d'Aidodarons pour vous aider à décider. Si vous ne savez pas comment réagir, voici quelques pistes d'Aidodarons pour vous guider.

Les raisons qui le poussent à arrêter

Avant chaque entraînement, il soupire, invente des excuses pour ne pas y aller ou une fois sur place, prétexte un mal au ventre pour échapper au cours.Vous avez peut-être passé en revue les différentes raisons qui le poussent à vouloir arrêter. Sa décision peut être motivée par différents facteurs : manque de plaisir, fatigue, changement de centre d'intérêt, pression, frustration liée à ses performances…

Au lieu d'émettre des hypothèses, amorcez la discussion avec votre enfant. À l'antenne de Radio Canada, Daphné Laurin-Landry, psychologue du sport, invite les parents à poser des questions. Par exemple, demandez à votre progéniture si le problème vient de la compétition, d'un manque de temps ou s'il ne s'est rien passé avec ses camarades ou son entraîneur. Peut-être que la situation peut s'améliorer grâce à quelques ajustements.

Revoir ses exigences à la baisse

Parfois, sans le vouloir, certains parents mettent la pression sur leur enfant, espérant qu'il excelle. Claire Leconte, professeure émérite de psychologie de l'éducation, pointe du doigt ce manque de recul dans Le Point. "Il m'est arrivé de voir des familles où on poussait trop l'enfant à devenir excellent", raconte-t-elle. Mieux vaut revoir vos exigences à la baisse et éviter les coups de pression, notamment en ne comparant pas les enfants entre eux. Les efforts accomplis pourraient lui redonner goût à l'activité.

L'accumulation d'activités extrascolaires peut aussi expliquer ce désir d'arrêter. Claire Leconte "déconseille la pratique de plus de deux activités, quel que soit l'âge", en privilégiant le sport et une activité artistique (dessin, peinture, musique…). En trouvant le juste équilibre, vous lui permettez d'avoir plus de temps pour les devoirs ou d'approfondir sa pratique.

Persévérer ou cesser ?

Si l'envie d'arrêter est encore présente, dans ce cas, est-ce utile d'insister ? Les avis divergent. Interrogée par La Presse, la docteure Sophie Leroux, psychologue, invite les parents à respecter leurs valeurs. Souhaitez-vous privilégier le plaisir de pratiquer une activité ou le dépassement de soi ? Pour cette professionnelle, il est essentiel d'écouter son enfant et d'agir en conséquence. En le forçant à continuer, vous lui envoyez un mauvais signal. "(…) Le danger est que l'enfant se détache du parent, qu'il perde confiance, qu'il ait une piètre estime de lui-même ou encore qu'il ait du mal à connaître et mettre ses limites", explique-t-elle.

Dans le même média, Stéphanie Giardetti, intervenante psychosociale, se montre plus nuancée. Selon elle, les parents doivent inciter à sortir de la zone de confort et à relever des défis. En cédant, votre enfant risque de s'habituer à ce que tout soit adapté pour lui. Face à une situation inconfortable, il pourrait alors ressentir davantage d'anxiété. Un avis partagé par Claire Leconte. Selon elle, une fois inscrit, votre enfant doit s'astreindre à faire toutes les séances jusqu'à la fin de l'année. "Le fait qu'il finisse par s'améliorer à force de persévérance (…) c'est cela qui va amener chez lui la confiance en lui", estime-t-elle.

Sur Radio Canada, Sylvain Croteau, directeur général de Sport'Aide, un organisme à but non lucratif québécois, résume : "On ne peut pas forcer un cheval à boire. Mais je pense qu'il faut persévérer (…)". En tant que parent, vous avez un rôle à jouer : en étant vous-même actif pour montrer l'exemple, et en rappelant les bienfaits que lui procurent ses activités. N'évoquez pas les études scientifiques, peu parlantes pour les jeunes, mais vantez les bénéfices sur le stress ou le sommeil.


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