Mon enfant renonce à la moindre difficulté : comment le motiver ?

Encore une fois, votre enfant a tout laissé en plan. Vous étiez en train de commencer un nouveau jeu de société lorsqu'il a préféré quitter la pièce. En général, il se décourage rapidement face aux difficultés. Cette semaine, il a renoncé plusieurs fois : à finir le puzzle de 300 pièces, à vous aider à préparer le repas, et même à faire sa rédaction. Tout lui semble insurmontable, et d'ailleurs il a tendance à répéter : "c'est trop dur, je n'y arriverai jamais !".

Ces abandons répétés ne résultent pas d’un manque de volonté ou de la paresse, mais peuvent être liés à d’autres facteurs comme la peur de l’échec, une surcharge cognitive ou un trait de son caractère. En tant que parent, comment l'aider à surmonter cette épreuve et lui redonner confiance en ses capacités ? Voici nos conseils.

Reconnaître la difficulté comme bien réelle

Pour encourager votre enfant qui ne supporte pas l'échec ou la pression autour de la performance, vous pouvez être tenté de lui dire : "c'est facile, tu verras", ou "tu vas y arriver, c'est sûr".

Caroline Jambon, ex-enseignante et auteure de plusieurs ouvrages sur la parentalité, explique sur son site Apprendre à éduquer qu'en cas d'échec, les enfants auront l'impression d'être nuls. À l'inverse, s'ils réussissent, ils n'en tireront aucun mérite puisque le niveau était bas. Mieux vaut privilégier des phrases comme : "Ce n'est pas facile !". En cas de réussite, votre enfant sera fier de lui. Et s'il n'y arrive pas, il pourra relativiser : "J'ai raté mais c'était difficile". Encouragez-le : "Tu vas continuer à t'améliorer grâce à l'habitude et l'expérience".

Votre enfant préfère renoncer plutôt que de prendre le risque de ne pas y arriver. Face à ce constat, la coach parentale et familiale Eléna Goutard recommande de ne pas minimiser la difficulté mais de normaliser l'inconfort. Sur son site, elle invite les parents à prononcer des phrases comme : "Oui, je vois que c'est difficile. C'est normal de trouver ça dur au début !".

Célébrer l'effort plutôt que le résultat

Vous félicitez peut-être votre enfant lorsqu'il obtient une bonne note. Pourtant, il vaut mieux valoriser le processus que le résultat. Célébrez l'effort, l'implication, la persévérance ou les progrès. La prochaine fois que votre progéniture revient avec un 18 dans une matière où il a du mal, dites-lui : "Bravo, tu as continué même quand c'était difficile !", conseille Eléna Goutard.

Face à de mauvais résultats ou devant son cahier d'exercices, votre enfant peut se sentir découragé. Si tel est le cas, ne pointez pas du doigt sa démotivation ou ses difficultés scolaires. À la place, utilisez des mots comme "bientôt, "pas encore" ou "pour le moment". C'est ce que préconise la coach parentale et familiale. En indiquant à votre enfant qu'il n'y arrive pas encore, qu'il va bientôt y arriver ou qu'il ne comprend pas pour le moment, vous lui ouvrez "une voie vers l'avenir".

Faire preuve de bienveillance à toute épreuve

Même si votre enfant peine à apprendre sa poésie, à lacer ses chaussures ou préfère abandonner lorsqu'il doit réviser un contrôle de maths, ne vous moquez surtout pas de ses difficultés. Cela pourrait le braquer et entamer davantage sa confiance. L'autre écueil à éviter est de le comparer aux autres. Peu importe que sa grande sœur ou son cousin se montre plus persévérant que lui pour apprendre, chaque enfant réagit à sa manière.

Choisissez soigneusement vos mots lorsque votre enfant vous demande de l'aide. Quand il s'entraîne avec vous pour son exposé oral, ne lui dites pas : "on n'entend rien quand tu parles". À la place, le site Naître et grandir vous invite à faire preuve de nuance. Suggérez des améliorations concrètes : "Tu devrais parler plus fort lorsque tu fais ton exposé oral afin que les élèves t'entendent". Votre enfant n'aura plus envie d'abandonner, mais de persévérer.

Nos trois conseils

Ne pas faire à sa place

Conseil Aidodarons 1/3

Ne prenez pas l'habitude d'accomplir les tâches à sa place car il se sentira incapable de surmonter les difficultés. Sur le long terme, il risque de devenir moins persévérant.

Parler de vos propres difficultés

Conseil Aidodarons 2/3

Partagez vos propres difficultés et montrez que vous avez su transformer un essai raté grâce à votre persévérance. Eléna Goutard vous conseille de dire : "Tu sais, moi aussi au début je ne savais pas faire ça. Et j'ai dû m'y reprendre plein de fois".

Diviser la tâche

January 1st, 2025

Découpez la tâche en plusieurs étapes afin de créer des micro-victoires qui lui donneront confiance. Avant de lui confier la préparation d'un repas complet, commencez par lui demander de réaliser le dessert.

 

Émilie Cartier est rédactrice depuis plus de sept ans. Elle crée des articles pour divers médias comme TF1 ou Maison à part. Spécialiste de la décoration intérieure, elle écrit également sur la parentalité, notamment pour Aidodarons, mais aussi sur la psychologie, le bien-être et les nouvelles tendances.