Puberté précoce ou tardive : comment accompagner votre enfant ?

Chez certains enfants, les premiers signes de la puberté apparaissent bien plus tôt que prévu, tandis que chez d'autres ils tardent à se manifester. Ces décalages peuvent surprendre et déstabiliser autant les parents que les jeunes concernés.

Cet article fait partie du dossier Puberté : vingt articles pour accompagner votre enfant, des premiers signes aux conversations qu'on repousse.

Il est normal de se sentir inquiet, surpris ou un peu perdu dans ces situations. Comment soutenir au mieux son enfant dans cette période pleine de transformations ? Découvrez comment accompagner votre progéniture avec compréhension.

Puberté précoce ou tardive : faut-il consulter ?

Comme l'explique le site de l'Assurance maladie, il faut consulter en cas de puberté précoce ou tardive. La puberté précoce survient lorsque les changements hormonaux débutent avant 8 ans chez les filles et 9 ans chez les garçons. À l'inverse, on parle de puberté tardive lorsque le développement mammaire n'est pas encore visible chez la fille à 13 ans, ou qu'aucune augmentation des testicules n'est observée chez le garçon à 14 ans. L'objectif de la consultation est d'établir un bilan pour écarter toute cause pathologique, comme une anomalie des ovaires ou des testicules.

Interrogé par Télérama, le docteur Hazart, pédiatre endocrinologue, rappelle que "90% de ces pubertés (précoces, ndlr) sont dites idiopathiques, c'est-à-dire sans cause trouvée". Si la puberté précoce n'affecte ni la sexualité ni la capacité de procréation à l'âge adulte, elle peut néanmoins entraîner des retards de croissance importants. Lorsqu'un traitement est nécessaire, il consiste en l'injection d'hormones de substitution, généralement une fois par mois, pour freiner la croissance de l'enfant et lui permettre de garder une taille plus adaptée à son âge.

Lorsqu'elle ne résulte pas d'une pathologie, la puberté tardive concerne généralement les adolescents très minces ou qui font beaucoup de sport. Le plus souvent, aucun traitement n'est prescrit. Certains médecins administrent toutefois des hormones sexuelles pour accélérer le début du processus, révèle le Manuel MSD.

Comment faire face avec son enfant ?

Un enfant qui traverse une puberté précoce ou tardive peut se sentir différent de ses camarades. Par exemple, une petite fille de 8 ans pourrait ressentir de la gêne à être la seule de sa classe à porter une brassière ou un soutien-gorge, tandis qu'un adolescent de 15 ans aurait tendance à se sentir gêné d'être plus petit que ses copains de lycée.

En vivant une puberté différente, votre enfant peut être victime de moqueries. Restez à l'écoute afin de détecter une éventuelle situation de harcèlement et prendre les mesures nécessaires. Abordez le sujet avec votre enfant en lui posant des questions ciblées comme : as-tu déjà été victime de messages, de commentaires méchants ou de violences physiques ?

Si votre fille ou votre garçon semble mal vivre sa puberté, n'hésitez pas à consulter. Un suivi psychologique peut l'aider à surmonter cette étape difficile, suggère le professeur Michel Polak, endocrinologue, dans l'émission "La Maison des Maternelles".

Ne jamais oublier son âge !

En tant que parent, vous pouvez aussi vous inquiéter de certaines situations. Dans Télérama, la psychiatre Élisabeth Gautier Jalaquier souligne que certains parents ont du mal à accepter la sexualisation du corps de leur fille, surtout lorsqu'elle se fait siffler dans la rue à 11 ans, par exemple. Face à ce genre de situations, la spécialiste conseille aux parents de garder une vision équilibrée de leur enfant : "(…) la regarder comme telle (comme une adolescente, ndlr) peut créer une souffrance chez l'enfant". Même si votre fille ou votre garçon affiche des traits pubertaires, il est essentiel de le voir avant tout comme un enfant de son âge.

Par exemple, vous pouvez continuer de le prendre sur vos genoux ou de lui faire des câlins, comme vous le faisiez avant. Lisa Schwartz Topor, professeure agrégée de pédiatrie, partage cette approche. "Il est très important de traiter votre enfant par rapport à son âge, même si son corps semble plus âgé", recommande-t-elle dans National Geographic. L'experte invite les parents à garder les mêmes habitudes qu'avant, notamment en termes d'alimentation et de sommeil. Un enfant, par exemple, a besoin de plus de sommeil qu'un adolescent. Selon le Réseau Morphée, dormir entre neuf et onze heures est nécessaire entre 6 et 13 ans, tandis qu'un adolescent peut se contenter de neuf heures de sommeil.

En cas de retard pubertaire, il convient également d'adopter la même réaction, en considérant votre enfant comme un adolescent et non comme un enfant. Confiez-lui des responsabilités pour le rendre autonome, par exemple.

Nos trois conseils

Ne pas s'inquiéter

Conseil Aidodarons 1/3

Aujourd'hui, la puberté précoce est bien prise en charge par les médecins. Le professeur Michel Polak, endocrinologue, conseille aux parents de ne pas s'inquiéter.

Dédramatiser

Conseil Aidodarons 2/3

Sur RTL Info, la pédiatre Barbara Abramovicz conseille aux parents de "tourner ça à la rigolade" tout en étant rassurant. Rappelez-lui qu'il s'agit d'une phase et qu'"on ne reste pas un enfant".

Prendre soin de lui

Conseil Aidodarons 3/3

Si votre enfant a une puberté précoce, accompagnez-le dans le choix du rasoir, du premier soutien-gorge, d'un savon pour l'acné…

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Émilie Cartier est rédactrice depuis plus de sept ans. Elle crée des articles pour divers médias comme TF1 ou Maison à part. Spécialiste de la décoration intérieure, elle écrit également sur la parentalité, notamment pour Aidodarons, mais aussi sur la psychologie, le bien-être et les nouvelles tendances.