
Surveiller le mobile de l'enfant : bonne ou mauvaise idée ?
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Quel parent n'a jamais été tenté d'observer discrètement ce que fait son enfant sur son smartphone lorsqu'il est seul dans sa chambre ? Loin du simple espionnage et du voyeurisme, cette tentation révèle les craintes de l'adulte et son besoin de protéger l'enfant. Mais avant de passer à l'action et d'installer un logiciel espion, encore faut-il se poser les bonnes questions.
Pourquoi a-t-on besoin de surveiller l'enfant ?
L'enquête menée par l'Observatoire de la Parentalité et de l'Éducation Numérique (OPEN) en 2024 met en lumière les inquiétudes des parents concernant l'usage du numérique par leurs enfants. Ils sont 89 % à penser que leurs enfants risquent de rencontrer des inconnus malveillants, 88 % d'être exposés à des fake news, 88 % de se faire voler leurs données personnelles, 87 % de se faire harceler en ligne et 80 % de voir des contenus inadaptés à leur âge. Dès lors, il est facile de comprendre les parents qui veulent garder un œil sur ces usages numériques, car leur inquiétude est légitime. Elle se superpose à celle de voir leurs enfants consacrer un temps considérable chaque jour sur leur smartphone : jusqu'à 4,5 heures en fin de collège. En outre, l'étude montre que 53 % "des parents ne se sentent pas suffisamment accompagnés dans l'éducation numérique de leurs enfants".
Comment contrôler l'utilisation du smartphone de l'enfant ?
Certains parents intrusifs n'hésitent pas à installer un logiciel espion sur le smartphone de leur enfant (32 % d'après l'étude). La géolocalisation du tracker permet aux parents de connaître la localisation de leur enfant en temps réel. Il est aussi possible de voir ce qui s'affiche à l'écran de l'appareil depuis un autre smartphone, une tablette ou un ordinateur ou, plus simplement, d'avoir accès à ses SMS, ses mails, son historique de navigation, le tout à l'insu de l'enfant. D'après l'article du site Mon Enfant et les Écrans, édité par l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), ce comportement parental traduit le "besoin d’apaiser sa propre angoisse" et d'être omniprésent dans la vie de son enfant. Il y a toutefois des solutions bien moins intrusives. Les plus citées par les parents à l'OPEN sont la soumission du téléchargement de nouvelles applications à l'approbation des parents (66 %), la surveillance du temps passé sur telle ou telle application (60 %) et l'installation d'un système de contrôle parental (46 %). Vous pouvez, par exemple, valider le téléchargement d'un nouveau jeu sur son smartphone au début des vacances scolaires et autoriser son utilisation 30 minutes par jour ou celle d'une appli de streaming (Netflix, Amazon Prime Video…) pendant un temps donné (un film, un épisode de sa série favorite…).
Quels sont les risques de la surveillance du smartphone par les parents ?
Du côté des parents, le principal risque, selon l'UNAF, sera de repousser toujours plus loin la limite de l'intrusion dans la vie privée de l'enfant. Peut-être jusqu'à se faire prendre et entacher durablement la relation de confiance avec l'enfant, surtout si ce dernier n'a rien à se reprocher et respecte les règles que vous avez établies. En effet, l'âge des premiers smartphones (en moyenne à 11 ans en France) correspond au développement de l'autonomie et du détachement auxquels un comportement parental trop omniprésent peut apporter un frein considérable. Par ailleurs, l'enfant ou l'adolescent peut se sentir trahi et répondre par un comportement subversif afin d'échapper à votre vigilance. Enfin, dans un podcast de France Inter, Claire Hédon insiste sur le fait que l'enfant a aussi droit à sa vie privée. Selon la défenseure des droits de l'enfant, "que les parents posent un certain nombre de questions, qu'il y ait un contrôle parental quand les enfants vont sur des sites internet, pas de souci, mais l'enfant doit être prévenu. Il doit savoir ce qui est contrôlé."
3 conseils pour garder le contrôle sur l'usage du smartphone par l'enfant :
Établir des règles
Conseil Aidodarons 1/3
Établir des règles d'utilisation ensemble de façon à ce que l'enfant soit impliqué et comprenne leur utilité et votre motivation à le protéger.
Partager des contenus en famille
Conseil Aidodarons 2/3
Partager des contenus en famille afin de connaître les goûts de l'enfant (applications favorites, sites souvent consultés, centres d'intérêt…) et analyser ensemble les informations diffusées.
Garder l'esprit ouvert
Conseil Aidodarons 3/3
Garder l'esprit ouvert sur les contenus consultés par l'enfant pour qu'il vous perçoive comme une personne de confiance à qui il peut se confier en cas de problème.